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Les Anglaises payées pour allaiter!

mercredi, 13 novembre, 2013 - 15:47

Payons les mamans pour qu’elles allaitent! C’est la nouvelle idée folle de chercheurs britanniques. Car si le lait maternel est plébiscité en Allemagne ou en Norvège, les Françaises et les Anglaises sont plus réticentes à nourrir au sein leurs nourissons.

Comment stimuler l’allaitement? Avec de l'argent… si l’on en croit l'étude en cours réalisée auprès des mamans britanniques par l’Université de Sheffield. Des bons d’achat pouvant aller jusqu’à 200 livres sont offerts aux 130 mères de la région du Derbyshire et South Yorkshire si elles acceptent d’allaiter leurs enfants. 120 livres seront remis aux mères qui nourriront leurs enfants pendant six semaines et 80 livres supplémentaires, si elles continuent à donner le sein pendant six mois. En cas de succès, le programme pourrait être mis en place au niveau national dans deux prochaines années.

Au Royaume-Uni, le taux d’allaitement avoisine les 65% quel que soit sa durée. Cela peut sembler élevé, mais c'est pourtant l’un des taux le plus faible d’Europe. Seules 34% des mamans britanniques donnent le sein à leurs petits pendant les six premiers mois, la durée préconisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans certaines régions, moins de 20% des femmes nourrissent leurs enfants au lait maternel les huit premières semaines. Et ce n’est pas faute d’en rappeler les bienfaits pour l’enfant. Comme le martèle l'OMS, l’allaitement réduit pour le nourrisson les probabilités d’attraper des allergies ou des infections gastro-intestinales, respiratoires et oto-rhino-laryngologique.

Les vertus du lait maternel profitent également aux mères en limitant les risques d’infections et d’hémorragies du post-partum. Certains médecins avancent même l’hypothèse d’un rôle protecteur de l’allaitement contre le cancer du sein. D’après les spécialistes, le problème de l’allaitement en Grande-Bretagne serait d’origine culturelle comme l’explique Janet Fyle conseiller politique au Médical Research Council (Conseil de recherche médical)  dans The Independent:

Il existe des générations de femmes qui peuvent ne jamais avoir vu quelqu’un allaiter. Pour certaine communauté ce n’est pas une norme culturelle."

Les mères doivent signer un document certifiant qu’elles allaitent leurs enfants pour recevoir les bons. Mais comme l’avoue les chercheurs, il est impossible pour eux de s’assurer à 100% que la mère respecte les termes de l’accord. De plus, si les tickets remis permettent d’acheter des aliments en grande surface, ils peuvent également servir à payer l'alcool ou les cigarettes.

Les Françaises peu renseignées

Parmi les mauvais élèves de l’allaitement, la France joue des coudes avec le Royaume-Uni. Si l’on se fie au dernier bulletin épidémologique de l’Institut national de veille sanitaire publié en septembre 2012, 69% des Françaises donnent le sein à la maternité. Mais un mois plus tard, ce chiffre dégringole (54%) et s’effondre trois mois après (32%).

D’après l’étude une grossesse précoce ou un faible niveau d’éducation explique le refus pour certaines mères d’allaiter. 62% des femmes ayant un niveau égal ou inférieur au bac donnent le sein à leurs enfants contre 74% pour celles titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur.

Cependant, d’autres facteurs sont à prendre en compte. Le lait maternisé est encore vu en France comme synonyme de modernité. Une idée forte dans les milieux féministes puisqu'ainsi, la femme n’est plus cantonnée à son rôle de mère. Notons aussi la durée du congé post-natal (10 semaines en France) qui n’incite pas les mères à allaiter vu sa brièveté. Dans un rapport datant du 24 février 2009, l’Académie de médecine rappelle que pour promouvoir l’allaitement chez les Françaises, le congé post-natal devrait s’étendre à quatre mois au lieu des deux mois et demi prévus.

Une idée reprise dans le plan d'action commandé par le Ministère de la santé en 2010. Il semble que ce tas de feuilles se soit égaré depuis…

Sans compter qu’il suffit de quelques clics pour lire la détresse de certaines mères qui ne savent tout simplement pas comment s’y prendre. Lors de la préparation à l’accouchement, les femmes enceintes ne bénéficient que d’une heure consacrée à l’allaitement.

Les mamans allemandes dorlotées

Outre-Rhin, les mères allemandes n’échappent pas à l’allaitement avec un taux avoisinant les 90%. Depuis les années 1990, l’Allemagne multiplie les mesures incitatives permettant aux mères de donner le sein en toute sérénité. Une commission nationale est créée. Elle informe depuis plus de 20 ans tout le personnel hospitalier, du médecin à l’infirmière, sur les méthodes et vertus de l’allaitement. La future maman peut ainsi toujours avoir une réponse à ses questions.

Une fois le bébé arrivé, les femmes allemandes peuvent compter sur le soutien des sages-femmes qui viennent les visiter les trois premières semaines après l’accouchement. Les médecins délivrent aisément des congés maternité allant de quatre à six mois pour permettre aux mères de donner le sein le plus longtemps possible. La fascination pour le vrai lait maternel va si loin que certains sites allemands n’hésitent pas à en vendre sur le net. Une commercialisation pourtant interdite car dangereuse, ce lait ne se conservant pas.

Si les Allemandes préfèrent allaiter, elles n’égalent pas encore les Norvégiens. Le pays affiche un taux d’allaitement de… 99%. Depuis les années 70, le gouvernement, sous la pression des associations, ne cesse de prendre des mesures favorisant l’allaitement pour les mères norvégiennes.

Le congé post-natal est de 49 semaines rémunérées à taux plein. Un service d’aide téléphonique et d’ailleurs mis à la disposition  des mères si elles ont des questions. Les mamans au boulot ne sont pas en reste. Une pause quotidienne de deux heures leur ait accordée si elles veulent aller nourrir leurs enfants, qu’il soit au bureau ou à la maison.




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