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Londres est un cimetière pour les cyclistes

jeudi, 21 novembre, 2013 - 16:58

Six cyclistes sont morts à Londres en moins de deux semaines. Ecrasés par des voitures et des camions. La mairie et la police lance une opération sécurité sans s’attaquer au fond du problème.

Six cyclistes tués en moins de deux semaines dans les rues de Londres: la capitale anglaise est en train de battre un nouveau record d'insécurité routière. Face à ce "carnage", comme le qualifie le quotidien The Evening Standard, la mairie vient de décider de déployer pendant plusieurs semaines 2500 officiers de police aux heures de pointe dans les rues où le plus grand nombre de collisions ont été enregistrées.

Il y aura une tolérance zéro avec des policiers dans toutes les principales rues de Londres, ce qui est un niveau au-dessus de ce que nous faisons déjà"

affirme le "responsable vélo" à la mairie, Andrew Gilligan.

Ils arrêteront les automobilistes et les chauffeurs de poids lourds, mais aussi les cyclistes dangereux. C’est une mesure à court terme, mais la mairie et la police pensent qu’il faut agir rapidement."

Interdiction des camions

Ces décès obligent les autorités à trouver des solutions à plus long terme. La première, lancée par le champion olympique de poursuite en 1992, Chris Boardman, vise à interdire l’accès aux poids lourds dans le centre de Londres à certains moments de la journée. Cela permettrait d'instaurer des "heures de cyclisme sans danger". Plus de la moitié des accidents mortels ont en effet eu lieu lorsque des cyclistes tentaient de dépasser un poids lourd sur un rond point.

Vous m’aviez fait la promesse verbale de regarder l’expérience réussie de Paris et d’autres villes pour limiter la circulation des poids lourds lors des heures de pointe", rappelle le sportif au maire de Londres. Boris Johnson a immédiatement assuré étudier le projet mais y voit comme conséquences néfastes "une ruée de poids lourds dès la fin des heures pointe".

La principale critique concerne cependant le manque de de pistes cyclables protégées du reste de la circulation. Ou plutôt leur quasi inexistence.

Des voies bleues couloirs de la mort

Seules des voies réservées aux vélos destinées à éviter des intersections dangereuses ont vu le jour en 2010. Elles sont peintes en bleu vif pour se démarquer des voies pour les quatre roues.

J’utilise peu ces pistes cyclables, elle sont trop dangereuses"

explique Andréas, auteur de London Cyclist, un blog très suivi des cyclistes de la capitale anglaise.

Outre les nombreuses voitures garées sur ces voies cyclables qui obligent les cyclistes à slalomer entre les voitures, camionnettes et camions, les automobilistes n’hésitent pas à les emprunter en cas d’embouteillage. Pour moi, il n’y a qu’une seule question valable en la matière : serais-je d’accord pour laisser mon enfant ou ma grand-mère les emprunter ? La réponse est évidemment non!"

Les statistiques de la mairie sont d’ailleurs formelles : 79% des londoniens qui se déplacent en vélo sont des hommes.

Andréas estime que la mairie a d’autres priorité : "ne pas ralentir la circulation automobile, comme le clame le maire. Surtout, je me demande bien ce qu’ils ont fait des importantes sommes dépensées sur ce projet. Ce n’est, après tout, qu’une couche de peinture bleue sur la chaussée…"

Transport For London indique dans son rapport annuel que la création des deux premières voies cyclables a coûté la bagatelle de 20 millions d’euros en études, sondages, maintenance, construction de 4000 places de parking pour vélos et cours de vélos pour les Londoniens.

Chaque voie supplémentaire coûtera entre 8 et 12 millions d’euros. Et n’empêchera pas les cyclistes de mourir et au fabricant de la peinture bleue de faire fortune.




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