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L’Ecosse se rêve plus riche sans la Grande-Bretagne

mardi, 26 novembre, 2013 - 17:02

Les conséquences économiques d’une indépendance de l’Ecosse inquiètent les Ecossais. Le Premier Ministre indépendantiste tente de les rassurer chiffres à l'appui. Pour Alex Salmond, l'avenir de sa nation hors du Royaume Uni s'annonce radieux.

Le soleil levant sur une île rase, des millions de personnes actives, une activité industrielle intense: le court métrage diffusé ce mardi matin par le Premier Ministre écossais Alex Salmond avant de dévoiler son rapport sur l’indépendance de l’Ecosse se veut clairement optimiste. Il promet un avenir radieux à ses concitoyens.

Ce rapport assure qu’une Écosse indépendante débutera en position de force. Elle pourrait avoir la huitième production industrielle et le dixième produit intérieur brut par habitant du monde développé",

a affirmé le chef du gouvernement indépendantiste .

Si les rapports officiels ne passionnent généralement pas les foules, surtout lorsqu’ils s’étalent comme celui-ci sur 670 pages, la donne est aujourd’hui très différente. Alors qu’ils seront appelés aux urnes le 18 septembre 2014 pour déterminer l’avenir de leur pays, les Écossais semblent noyés dans la guerre de chiffres qui oppose pro et anti indépendance.

Un schisme, à quel prix?

Le dernier sondage en date, publié dimanche par le Sunday Times, indique en effet que 44% d’entre eux estiment que l’indépendance pénaliserait financièrement leur nation contre 32% qui pensent le contraire. Ils sont également 44% contre l'indépendance et seulement 38% pour le schisme avec le Royaume-Uni.

Avec cette publication, le Parti national écossais entend donc étouffer les critiques, qui promettent la faillite à une Ecosse indépendante. Nicola Sturgeon, l’adjointe d’Alex Salmond, a ainsi rappelé que

Cette publication est avant tout destinée au public. Notre message au peuple d’Écosse est: lisez-le, comparez-le avec l’alarmisme de plus en plus bizarre du 'Projet Peur' (le surnom donné aux opposants, ndlr) et faîtes votre choix !"

Pour les convaincre, son équipe a mis l’accent sur la politique familiale, l’emploi et tout ce qui touche directement les citoyens. "Nous voulons mettre fin aux nombreuses politiques de Westminster qui ont appauvri le pays", s’est emporté Alex Salmond:

L’indépendance n’est pas un objectif, mais un moyen de construire un pays plus riche et de créer une économie plus dynamique et une société plus juste".

Un programme très éloigné de la cure d’austérité néo-libérale imposée par Londres et le Premier ministre David Cameron.

Un Royaume plus vraiment uni

Enfin, outre la diminution de 3% du taux d’imposition des entreprises, destinée à attirer les investisseurs, il a promis que le pays garderait la livre sterling et "opérerait une transition sans vague pour passer de membre de l’UE en tant que membre du Royaume-Uni à devenir un membre entièrement indépendant, avec un siège à la table des discussions et la possibilité de protéger nos intérêts nationaux". L’Écosse resterait hors de l’espace Schengen, tout comme le reste du Royaume, plus vraiment uni.

Ce discours pourrait faire mouche, surtout au regard de la faiblesse des premières critiques. Les principaux porte-parole de la campagne Mieux ensemble ont utilisé les mêmes arguments: le rapport est creux et ne précise pas les questions de la dette britannique qui serait reversée à l’Écosse et des modalités du maintien de la livre sterling.

Or, ces deux points restent flous car ils feront l’objet de négociations avec Westminster en cas d’indépendance et les rédacteurs ne peuvent donc déterminer à l’avance à quoi celles-ci aboutiront. L’Écosse se prépare quoi qu’il en soit à dix prochains mois agités.




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