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La Norvège met tous ses livres dans le « cloud »

vendredi, 6 décembre, 2013 - 11:54

100% numérique: en Norvège, la Bibliothèque Nationale veut mettre à portée de clic l'intégralité des écrits publiés dans le pays. Ils seront bientôt librement accessibles.

Pas un livre n’y échappera. C’est du moins l'ambition de la Bibliothèque Nationale de Norvège. Elle se donne jusqu'aux années 2030 pour mettre l’ensemble de son fonds online. Tous les contenus publiés dans le pays scandinave (et qui font l'objet d'un dépot légal) seront désormais numérisés. De la littérature ancienne jusqu’au dernier numéro de Det Nye… 

Livres pour tous

"La Norvège numérise TOUS ses bouquins pour ses citoyens. Oui, tous!!". Sur Twitter, le projet dantesque est accueilli à grand renfort de majuscules et de Wow! (ou son équivalent norvégien). L’initiative a un objectif d'archivage historique, mais aussi de démocratisation culturelle en mettant ainsi à disposition du plus grand nombre le patrimoine national écrit. 

Les utilisateurs devraient pouvoir profiter d'un accès à une large diversité de contenus numériques d'où qu'ils soient, et quand ils veulent",

explique la BNN sur son site internet. "Cela veut dire que le fonds numérique doit être accessible à la fois dans la bibliothèque et via d'autres services en ligne": un immense cloud, accessible depuis toute interface, ordinateur, tablette, ou smartphone.

Préférence nationale et copyright

Deux bémols cependant:

  • Le libre accès est permis depuis le sol norvégien seulement. Pour accéder au patrimoine écrit de ce pays, il vous faudra aller faire un tour en Norvége pour valider votre adresse IP norvégienne…
  • Par ailleurs, l’ambition de la bibliothèque se heurte aux droits d’auteur. La consultation de tous les écrits, même sous copyright, n'est garantie qu'au sein des locaux de la Bibliothèque Nationale. Ce n'est déjà pas si mal. Mais hors les murs, seuls les contenus libres de droit sont accessibles. L'organisme public précise cependant qu'il souhaite "passer des accords avec les titulaires de droits d'auteurs" pour permettre une mise en ligne plus large. Le plus dur -la négociation au cas par cas- reste donc à faire.

Ce vaste projet de numérisation n'est pas unique en Europe. Mais son ambition exhaustive, pour le plus grand nombre, est particulière poussée.

La BNF numérise un million de pages par mois

En France, depuis la mise en ligne en 1997 de quelques milliers de documents, la Bibliothèque Nationale de France a aujourd'hui atteint le rythme de croisière d'un million de pages numérisées par mois. Le chiffre est impressionnant. Mais ce sont surtout des prestataires privés tels que Proquest qui mènent (à hauteur de 80%) la minitieuse et coûteuse transcription numérique. Ces derniers imposent en contrepartie leurs conditions, et notamment des périodes d'exclusivité.

Comme le détaille Numerama, concernant les livres anciens, seuls 5% des ouvrages seront accessibles sur Gallica. Les autres devront faire l'objet d'un achat auprès de Proquest, du moins durant les dix premières années de leur mise en ligne.

Faut-il limiter les investissements privés pour garantir des ressources libres, pour tous? Encore faut-il trouver, dans le domaine public, les financements nécessaires. La directive européenne sur la gestion collective des droits (dont l'adoption au parlement est prévue pour 2014) apportera peut-être une solution. Elle prévoit notamment, dans sa version initiale, d'utiliser une partie des sommes collectées par les sociétés de gestion collective (SACEM, SACD, SCAM, Amadi, SPEDIDAM etc) pour financer la numérisation en bibliothèque.




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