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Les Londoniens sortent danser…avant d’aller bosser

vendredi, 13 décembre, 2013 - 15:38

‎Ça s'appelle Morning Glory, et c'est un nouveau club londonien. Un de plus... mais ici, on se déchaîne (sans alcool) dès 6h30 du matin. Pyjamas acceptés.
Repéré sur le site d'El País

Ni un before ni un after, le morning glory est un objet festif non identifié: on n'y boit pas d'alcool (mais du café ou des jus de fruit) et on s'y rend en semaine (mais pas le week-end) pour un tarif modéré (de 12 à 14 euros). Mais surtout, on y arrive très très tôt, de 6h30 à 10h30, avec la perspective d'enchaîner sur une journée de travail.

Malgré son appellation coquine, le Morning Glory, du nom modestement donné outre-Manche à l'érection matinale, semble tout droit sorti d'un cauchemar d'oiseau nocturne. Dans le meilleurs de cas, il a l'air bien trop raisonnable pour être honnête.

Une position de lotus et en piste

Pourtant, depuis la création du club cet été, le succès est au rendez-vous: ce mercredi 11 décembre, la Morning Glory’s Christmas Rave a rassemblé quelque mille londoniens, essentiellement des jeunes. Une rave où les seuls excitants autorisés sont la vitamine C et la caféine. Pour repartir en piste après un coup de fatigue, ou encore relâcher la pression, les danseurs se dirigent vers les stands de massages gratuits ou adoptent la position du lotus.

A l'entrée, un videur nous arrête. Très sérieusement, il ouvre la porte et nous donne un baiser au passage. Un faune s'approche, le visage enduit de paillettes, qui nous en donne un autre. A l'intérieur, des licornes, un papa noël qui distribue des pièces de chocolat et des gens qui se contorsionnent dans de complexes postures de yoga. Comme si nous étions encore en train de rêver",

raconte, visiblement charmée, Brenda Otero, correspondante londonienne d'El Pais.

Difficile de croire que les 600 personnes qui dansent face au DJ ne carburent qu'au jus d'orange"

s'amuse-t-elle

Faire la fête autrement

Le projet est le bébé d'un danseur contemporain et masseur, Nico Thoemmes et d'une responsable d'évènements, Samantha Moyo. Tous deux partagent le même âge (27 ans), et l'envie de faire la fête autrement.

Nous voulons bouscouler le mode conventionnel de sortir ou de faire des rencontres. Changer la culture britannique qui consiste à ne danser que quand vous êtes complétement bourrés. Laisser de côté l'idée que le matin est dédié à l'introspection et l'égoïsme. Qu'on en finisse avec les idées préconçues!"

"Ce n'est ni de la zumba ni de l'aérobic, c'est du clubbing 'éthique' (conscious clubbing)", revendiquent les concepteurs. Pour Samantha, l'expérience est spirituelle: la jeune femme aspire à se "connecter avec son moi intérieur".

Sa vision quasi-mystique ne fait pas l'unanimité. Pour les uns, il s'agit plus simplement de troquer séances de fitness ou footing matinal pour une activité qui allie sport, plaisir et rencontres, dans un cadre plus déjanté qu'un club de gym. Pour d'autres, c'est un palliatif bienvenu aux soirées nocturnes devenues inaccessibles les premiers enfants ou emploi venus. "Danser me rend heureuse", résume une adepte à El País

Tendance passagère ou évolution durable du paysage festif britannique? Les organisateurs projettent d'enraciner durablement le concept, unique au monde selon eux, et pourquoi pas, de l'exporter à l'étranger. Pour l'heure, le Morning Glory semble avoir réconcilié quelques londoniens avec leurs matins difficiles. 




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