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Cigarette électronique: médoc autrichien, poison polonais

mercredi, 18 décembre, 2013 - 13:21

Après deux jours de discussions, les Etats membres de l'UE ont trouvé un compromis sur l'encadrement de la vente des cigarettes électroniques. Cet accord à minima reflète les différences de législation sur l'e-cigarette en Europe. 

La cigarette électronique sème la discorde. Il aura fallu deux jours de discussion pour que les Etats membres de l'Union européenne arrivent enfin à un accord minimaliste sur son encadrement. On ménage la chèvre et le choux. Ainsi, les pays qui assimilent déjà la cigarette électronique à un médicament pourront continuer dans cette voie et vendront le produit en pharmacie. Les autres ne pourront pas vendre l'e-cigarette comme substitut nicotinique.

Le plafond de concentration pour les recharges de nicotine sera, lui, ramené à 2mg/ml contre 20 mg/ml. Un seuil très faible. Certains spécialistes déclarent qu'un tel taux ne peut pas suffire à combler le manque chez ceux qui tentent d'arrêter de fumer.

Le texte de cet accord sera ensuite débattu puis voté par la commission de la santé publique au début de l'année 2014. La Commission européenne promet également de présenter prochainement un rapport sur les risques pour la santé de la cigarette électronique. 

Les adeptes de la cigarette électronique sont près de 7 millions en Europe. Le marché en Europe pour ce type de produit représente entre 400 et 500 millions d'euros, d'après une étude de la direction générale de la santé et des consommateurs de la Commission européenne.

Remède ou poison?

Pourtant, les enquêtes nationales sur la dangerosité de ce produit se sont multipliées au cours des dernières années pour mettre en avant sa potentielle dangerosité. 

En 2011, l'Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (ANSM) recommandait de ne pas l'utiliser faute d'information sur le propylène glycol. Une substance dont les effets, en cas d’absorption par inhalation, restent inconnus. Sans oublier la nicotine, une molécule toujours classée comme dangereuse par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

En France, la cigarette électronique peut être considérée comme un médicament si elle répond à l'un de ces trois critères selon l'ANSM:

  • Revendiquer l'aide au sevrage tabagique
  • Contenir une quantité de nicotine supérieure ou égale à 10mg par cartouche
  • Avoir une concentration de nicotine supérieure ou égal à 20mg/ ml pour les "e-liquides"

Mais à ce jour, aucune cigarette electronique n'a obtenu d'autorisation de mise en vente sur le marché (AMM). Le seul produit à ce jour, vendu en pharmacie, est le Tag Replay. Mais cette fausse cigarette est considérée comme un dispositif médical assisté et non pas comme un médicament. 

À chacun son e-cigarette

Certains, comme l'Espagne ou l'Angleterre, ne proposent aucun cadre règlementaire quant à la vente ou l'utilisation de l'e-cigarette. Désormais, ils seront donc soumis au cadre européen et ne pourront vendre l'e-cigarette comme substitut nicotinique.

D'autres pays considèrent que le produit peut être appréhendé comme un médicament, même s'il contient de la nicotine. Un raisonnement inverse à celui de la France! C'est le cas de l'Autriche. Les cigarettes électroniques y sont reconnues comme "dispositif médical". Les cartouches de nicotines appartiennent à la catégorie des médicaments. 

En Allemagne, la division en Landers du pays complique le processus. Chaque région est en charge de la politique qu'elle souhaite appliquer pour la santé. Si le gouvernent allemand s'est dit favorable, par le passé, à l'autorisation de la vente de cigarettes électroniques en pharmacie, certains Landers, comme la Rhénanie du Nord-Westphalie, s'y refusent. Même chose pour l'utilisation des e-cigarettes dans les lieux publics. Là où Hanovre l'interdit, d'autres régions se montrent plus conciliantes.

La Pologne et la Finlande sont contre

Mais pour des pays comme la Pologne ou la Finlande, la nicotine ne peut pas faire partie des molécules qui composent un médicament. La vente de cartouches avec nicotine est donc interdite.

En Suisse, des études sur la toxicité du produit sont en cours afin de déterminer les risques pour le consommateur. En attendant les résultats, la vente de cigarette éléctroniques contenant de la nicotine est interdite en magasin mais autorisée sur le net. 

La Russie est l'un des seuls pays à complètement interdire l'e-cigarette. Vladimir Poutine a entamé une lutte contre le tabagisme passif dans son pays depuis le début de l'année 2013. La cigarette électronique est considérée, par le gouvernement russe, comme un préjudice indirect à la santé des personnes car elle inciterait les autres à fumer. Ainsi, à partir du mois de juin, il sera interdit de fumer dans les lieux publics. Tous les produits qui pourraient, d'une manière ou d'une autre, inciter à la consommation de cigarette seront bannis.

D'après la revue médicale The Lancet, les Russes comptent toujours parmi les plus gros fumeurs du monde avec en moyenne 18,5 cigarettes par jour et par homme (les femmes sont moins consommatrices). 


Mise à jour le 18 décembre de l'article publié le 27 mai 2013 (Écran de fumée sur l'e-cigarette en Europe)




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