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Le roi Juan Carlos fait de l’ombre aux monarchies européennes

lundi, 6 janvier, 2014 - 17:02

L'infante royale d'Espagne est inculpée. Le scandale ébranle un peu plus la monarchie espagnole, déjà durement sanctionnée: deux Espagnols sur trois souhaitent que le roi Juan Carlos abdique. Mais ce n'est pas la seule tête couronnée victime du (dés)amour de "son bon peuple".

Près de deux Espagnols sur trois souhaitent une abdication de Juan Carlos. Il y a deux ans, début 2012, ils étaient 76% à soutenir leur monarque. Les Espagnols n'ont pas pardonné l'escapade du roi au Botswana parti chasser l'éléphant. Et ce n'est pas la récente mise en cause de la fille du roi d'Espagne dans un scandale de corruption visant son époux Inaki Urdangarin, qui va arranger les choses pour la monarchie espagnole.

L'infante Cristina est convoquée en avril prochain devant un juge d'instruction des Baléares. Elle sera interrogée sur "un délit de trafic d'influence". Mais le sauveur de la monarchie sera peut-être le prince Felipe: contrairement à son père, il recueille 66% d'opinion favorable.

Grande-Bretagne et Monaco au top

La situation est bien différente en Grande-Bretagne, où Elisabeth II règne depuis plus de 60 ans. Le récent mariage de William et Kate Middleton et la naissance de leur enfant, le prince George, en juillet dernier, a donné un coup de jeune à la monarchie qui ne s'est jamais aussi bien portée. Le bébé royal, dès le lendemain de sa naissance, a fait les gros titres des journaux du monde entier. Le quotidien britannique The Sun a même renommé son édition du 23 juillet The Son – "le fils".

La monarchie britannique reste populaire. Pour preuve, un sondage récent indique que 77% des Britanniques y sont favorables alors qu’ils ne sont que 17% à souhaiter la transformation du Royaume-Uni en République.

A Monaco aussi, la famille princière à la côte. En épousant en 1956 la star hollywoodienne Grace Kelly, le prince Rainier a réalisé un coup de communication génial. Tout en sauvant sa couronne, il a attiré l'attention du monde entier sur ce petit rocher alors inconnu du grand public.

Les différentes péripéties des trois enfants royaux, Albert, Caroline et Stéphanie, n'ont pas manqué de faire couler beaucoup d'encre au cours des décennies suivantes. En 2011, le mariage d'Albert et Charlène a fortement intéressé les foules. Reste maintenant pour le couple à concevoir un enfant afin de consolider encore un peu plus cette popularité historique…

La royauté semble aussi très solide aux Pays-Bas. Le nouveau roi William Alexander a succédé à la reine Beatrix et règne depuis avril 2013. Là-bas, la monarchie est le pilier de l’identité nationale, et elle a l’adhésion des 3/4 de la population, selon un sondage Ipsos. Mais l'influence politique du roi est quasi-nulle aujourd'hui.

Si aucun projet de loi n'entre en vigueur avant que le texte ne soit contresigné par le monarque, ce paraphe reste symbolique. En pratique, le monarque donnera toujours son accord puisque les projets de loi sont faits par le gouvernement "par le Roi ou en son nom". Par ailleurs, le roi ne nomme plus le médiateur chargé de superviser la formation d'un éventuel gouvernement de coalition.

Reines et princesses

A la différence de la Grande-Bretagne, où la reine n'a pas réellement de pouvoir, en Belgique et en Espagne, la monarchie a conservé un rôle important -souvent grâce aux femmes. Ainsi, depuis l'abdication d'Albert II l'été dernier, la popularité de la monarchie en Belgique, considérée comme un ciment de la nation, repose sur l'aura de Mathilde, l'épouse du nouveau roi Philippe de Belgique. Souriante, distinguée et proche du peuple, elle a réussi à insuffler une touche de modernité dans la monarchie belge. 

En Espagne aussi, la monarchie conserve un semblant de popularité grâce au couple glamour formé par Letizia et Felipe, le prince à la réputation sans tache. La situation n'est pas sans rappeler celle de la Suède. Ses habitants sont pressés de voir Victoria, la princesse héritière, succéder à Carl XVI Gustav. Ce roi en désamour avec son peuple est affaibli, lui aussi, par une série d'insinuations et de scandales touchant à sa vie privée.

Pour vivre en monarque heureux, vivons cachés

D'autres monarchies européennes restent peu connues du grand public bien que très populaires en leur pays : c'est le cas du Danemark, où la famille royale jouit d’une popularité assez importante, oscillant entre les 80 et 90% d’opinions favorables.

En Norvège c'est Harald V qui règne sur le pays. Sa fonction est également principalement honorifique. Il est, comme la plupart des monarques, le symbôle de l'unité nationale. Au lendemain des deux attentats simultanés du 21 juillet, à Oslo et sur l’île d’Utøya, qui avaient fait 76 victimes, il était au chevet de "son peuple". En rencontrant les familles des victimes et en réaffirmant ses valeurs dans des discours à la nation, il a aidé le pays à se relever de ses blessures.




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