Connexion

Syndicate content

A voir en Europe: acrobates, DJ sets et hip-hop

lundi, 6 janvier, 2014 - 18:04

Que faire cette semaine à Budapest, Londres, Athènes, Berlin, Istanbul ou Paris? Expos, concerts, spectacles et inclassables: les coups de cœur de nos correspondants.

Admirer les prouesses d'acrobates ukrainiens, se trémousser sur les beats de Jay Lumen ou découvrir l'avant-garde de la peinture autrichienne: nos idées sorties pour débuter 2014.
 

Dialogue in the dark, Istanbul à l'aveuglette

Une expérience exceptionnelle vous attend au métro de Gayrettepe, situé au centre d’Istanbul: marcher dans la ville en aveugle. Par groupe de sept, canne en main et guidés par un aveugle, Dialogue in the dark vous plonge dans le noir pendant une heure trente. Vous arpentez des rues d’Istanbul, reconstituées pour l’occasion, entendez le bruit des voitures, montez en bateau ou encore prenez un thé (dans le noir) en compagnie de votre guide. Une manière d'appréhender le quotidien d'un non-voyant. Depuis son ouverture en 1988, Dialogue in the dark a été présenté dans plus de 30 pays et 130 villes à travers le monde.

> Başka Bir Sinema, (pour un autre cinéma), plateforme créée fin 2013, propose des films nationaux indépendants ou internationaux, habituellement exclus des écrans turcs. Plusieurs salles sont partenaires à Istanbul, Ankara, Bursa et Eskişehir. Bonne nouvelle pour les amoureux du cinéma non turcophones: les films nationaux sont sous-titrés en anglais. Quant aux cinéphiles turcs, ils peuvent ainsi découvrir deux films français dont on a beaucoup parlé en 2013: Jeune et Jolie et La vie d’Adèle.

Dialogue in the dark, depuis décembre 2013, Istanbul.
Başka Bir Sinema, (pour un autre cinéma): trois films par jours sont à découvrir dans les cinémas participatifs (
Istanbul, Ankara, Bursa et Eskişehir) jusqu’au 31 janvier 2014.


A Budapest, cirque ou tech-funk

>Le 10ème festival international du cirque de Budapest aura lieu du 9 au 13 janvier 2014, au cœur de la capitale. C’est un des rendez-vous de la discipline les plus prestigieux du monde. On y croisera des acrobates ukrainiens, des trapézistes canadiens, ou encore des clowns autrichiens… Les pirouettes équestres de József Richter envahiront le chapiteau en dur d’une institution centenaire, redessiné selon le style réaliste socialiste dans les années 50. A ne pas manquer: la prochaine édition n’aura lieu qu’en 2016.

>Les fans de musique électronique ont rendez-vous vendredi 10 janvier pour plonger dans l’univers tech-funk des soirées Be Massive et se trémousser sur les beats de Jay Lumen à Corvintető. Le DJ hongrois qui mixe aussi bien aux Etats-Unis qu'à Paris sera accompagné –entre autres- de Luca Albano, artiste italien en résidence à Berlin.

Festival international du cirque de Budapest du 9 au 13 janvier 2014
Soirée Be Massive: le 10 janvier


A Londres, la peinture et la photographie célèbrent le portrait

>A travers Egon Schiele, Gustav Klimt et Oskar Kokoschka, entre autres, la National Gallery rappelle le rôle majeur du portrait dans l'art. L'exposition est axée sur la fabuleuse vague avant-gardiste de la peinture autrichienne, avant la première guerre mondiale. De quoi ravir les passionnés de cette époque. L’empire austro-hongrois rayonnait alors sur l’Europe: quelques années plus tard, la première guerre mondiale en provoquait la chute, dont le centenaire sera célébré cette année.

>Le prix Taylor Wessing est l’une des distinctions de photographies les plus courues du Royaume-Uni. En 2013, 2435 photographes ont proposé 5410 portraits. Soixante d'entre eux ont été sélectionnés par le jury. Une excellente occasion d’aller voir des images de toute beauté, originales, fortes. C'est le cas, entre autres, du portrait de la jockey Katie Walsh, par le photographe Spencer Murphy. Son travail a reçu le premier prix. La sportive a été immortalisée après une course. Le bas de son visage, rougi par la course et le soleil, sali par des éclaboussures de boue, contraste avec la finesse de ses traits et surtout la profondeur, la mélancolie et la fatigue de son regard.

Le visage de la modernité: le portrait à Vienne en 1900, National Gallery, Trafalgar Square, jusqu’au 12 janvier.
The Taylor Wessing Photographic Portrait Prize 2013. National Portrait Gallery. Jusqu’au 9 février.


Le coluche grec joue à guichet fermés

>Lakis Lazopoulos, le Coluche grec, joue à Athènes à guichets fermés la pièce de théâtre Sorry, i'm greek, après le succès d’une tournée européenne qui l’a amené de Düsseldorf à Londres, en passant par Paris. Le Guardian vient de lui consacrer une page entière, le surnommant "l’Aristophane de la Grèce moderne en crise"

Cinq soirs par semaine, la salle de théâtre du centre-ville d’Athènes, à deux pas de la place de la Constitution, est pleine à craquer. Le rire provoqué par l’humoriste joue le rôle d’antidote à la crise, avec un spectacle qui tient tout à la fois du théâtre de boulevard, du show des guignols et de la tribune politique. Durant trois heures sans interruption, changeant sans cesse de costume et de perruque, le comédien le plus célèbre de Grèce tourne en dérision toute la vie politique grecque. Il met à jour tous les  scandales qui émaillent au quotidien le pays. 


A Berlin, programme anti-grisaille

>Finie la grisaille berlinoise. Le festival de danse Tanztage promet de la couleur en ce début d’année. Du 4 au 14 janvier, place à l’innovation grâce à de jeunes chorégraphes et danseurs allemands et étrangers sélectionnés pour leur capacité à faire évoluer la danse contemporaine et expérimentale. Ouverture d’esprit exigée pour le public, qui soutient ces journées de la danse depuis leur première édition en 1996. 

A Berlin, le peintre allemand Paul Klee est au centre d’une exposition temporaire au nom évocateur "Les klee du paradis". Une centaine de dessins et tableaux du maître expressionnistes sont exposés.

>Hambourg met les minorités à l’honneur dans deux expositions parallèles. La première arrive dans la cité portuaire après avoir sillonné 7 autres villes et présente des portraits de jeunes musulmans allemands à qui elle pose cette question: "à quoi penses-tu?". La seconde exposition présente quant à elle des portraits de travailleurs immigrés, pas seulement en Allemagne mais à travers le monde entier, et rappelle les difficultés que rencontrent ces travailleurs éloignés de leurs familles et amis. 

Le festival de danse Tanztage, du 4 au 14 janvier
Les klee du paradis, jusqu’au 31 août au musée Scharf-Gestenberg.
A quoi penses-tu? Jusqu’au 22 janvier au musée des immigrés de BallinStadt. 
Jusqu’au 2 mars au musée du travail. 


En France, mythes américains et contes de fée sous influence hip-hop

En ce début d'année, c'est le chassé croisé des expos; en attendant les prochains vernissages, il faudra se presser pour (re)découvrir quelques curiosités:

>L’artiste californien Jim Shaw présente avec The Hidden World son éclectique collection d'art. Cette expo est la deuxième de la toute jeune Chalet Society. Au cœur d'une ancienne école désaffectée parisienne, le lieu atypique créé par l'ex-directeur du Palais de Tokyo a fait sensation l'an dernier. Pour son inauguration, il a ouvert ses murs à un projet itinérant, explorant l'art outsider: The Museum of Evreything. Aujourd'hui, The Hidden World recycle et explore les mythes de l’Amérique, des mouvements évangéliques et fondamentalistes, aux courants spirituels new age.

>Un art, la cuisine? Le Palais des Beaux-Arts explore la relation inattendue entre deux univers rarement associés au quotidien… Les œuvres présentées pour l'exposition Cookbook témoignent de la fascination des artistes pour l'univers culinaire: la série photographique de Sophie Calle propose des Repas chromatiques: orange le lundi (carottes, melons, crevettes..), rouge le mardi (tomates, grenades…) etc…Parfois, ce sont les maîtres de la gastronomie mondiale qui s'immiscent dans l'art, comme le Chef Chilien Rodolfo Guzman, qui rend hommage à la "meringue du désert" avec des clichés en très gros plan qui filent la métaphore paysagère.

>A partir de vendredi, c'est du côté des Hauts-de-Seine que ça se passe: depuis plus de 20 ans, le festival Suresnes Cités Danse relie hip-hop et danse contemporaine. Cette 22ème édition réunit plus de 50 interprètes. Parmi les temps forts, The Roots, de Kader Attou (ci contre, crédits Joao Garcia), ou encore la création de Laura Scozzi. L'Italienne chorégraphie la rencontre improbable d'une Blanche Neige avec une barbe bleue, ou d'un chaperon rouge avec les sept petits cochons.

The Hidden World, jusqu’au 26 janvier 2014 à la Chalet Society, à Paris.
Cookbook, jusqu'au 9 janvier 2014 au Palais des Beaux‐Arts, à Paris
Suresnes Cités Danse, du 10 janvier au 2 février au théâtre de Suresnes Jean Vilar.


 




Pays