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A voir cette semaine en Europe: fashion week et swing gitan

lundi, 13 janvier, 2014 - 16:37

Que faire cette semaine à Londres, Berlin, Bruxelles ou Paris? Expos, concerts, ciné, spectacles et inclassables: les coups de cœur de nos correspondants en Europe.

Mode durable, film noir, objets sans qualité ou drame shakespearien transposé au plat pays: nos idées sorties de la semaine.

 

Fashion éthique à Berlin

C’est la semaine de la mode à Berlin! Du 14 au 19 janvier, de nombreux designers, en grande majorité allemands, comme les renommés Kaviar Gauche ou Lala Berlin, donnent à voir leurs collections de prêt-à-porter. Les plus prestigieuses présentations ont lieu porte de Brandebourg, face à des spectateurs triés sur le volet. Le grand public peut quant à lui assister à des défilés à thèmes comme celui dedié aux marques écolos (du 14 au 16 janvier) ou à la mode dite durable. Parmi les expos et animations prévues, comptez avec le show de la designer Esther Perbandt (le 15 janvier). Sur la scène de la Volksbühne, elle marque le 10ème anniversaire de sa marque par un spectacle de mode en noir et blanc, pour lequel des acteurs remplacent les traditionnels mannequins.

L’atypique musée des choses (Museum der Dinge) de Berlin expose jusqu’au 3 mars "641 objets sans qualité" récupérés à travers la ville. Deux artistes collecteurs mettent en scène des morceaux de verre, plastique et mosaïques dénichés pour la plupart dans des parcs de la ville. Après la seconde guerre mondiale, c'est là que furent rassemblés les gravas datant des bombardements alliés. Ces "éclats" donnent le nom à cette exposition et rappellent l’époque d’une capitale en ruines. 

Semaine de la mode, à Berlin, du 15 au 19 janvier
Musée des choses (Museum der Dinge), à Berlin, jusqu’au 3 mars

 

A Bruxelles, swing gitan et drame shakespearien

Dites "Marolles" et on vous répondra: "marché aux puces", équation touristique à laquelle échappent l’âme et l’histoire de ce quartier populaire bruxellois. Dans les années cinquante, le réalisateur Jean Harlez y tourna le très beau Le chantier des gosses, jamais sorti car jugé d’un réalisme trop cru. Grâce au Cinéma Nova, ce trésor du cinéma belge d’après-guerre arrive finalement sur le grand écran.

Comme chaque année depuis 1994, le festival Djangofolllies (avec trois L, énergie oblige) rend hommage au père du swing gitan Django Reinhardt qui, rappelons-le, était belge de naissance. Dix jours de concerts aux quatre coins de la capitale.

Ô Roméo, Roméo! Pourquoi es-tu… wallon? Shakespeare aurait apprécié cette version belgo-belge, mise en scène par Yves Beaunesne, de sa tragédie amoureuse. Les deux amants sont séparés par les tensions communautaires du plat pays. Une production du Centre dramatique national du Poitou-Charentes. 

Le chantier des gosses, Bruxelles, jusqu'au 23 février
Festival Djangofolllies, Bruxelles, du 14 au 24 février
Roméo et Juliette,
théâtre Le Public, Bruxelles, jusqu'au 15 février

 


Le capital humain au box-office italien

A ne pas manquer pour les touristes italophones de passage dans la péninsule, le film Il capitale Umano (Le capital humain) de Paolo Virzi, fait exploser le box-office, trois jours après sa sortie sur les écrans. Dans ce nouveau long-métrage, le réalisateur qui avait enthousiasmé la critique et le public en 1995 avec Ferie d’agosto, (Vacances en août), se lance dans un exercice pour lui inhabituel, celui du film noir.  

Tiré du roman de l’écrivain américain Stephen Amidon, Le capital humain met en scène les splendeurs et les misères de deux familles de la société "nordique" italienne. L’une riche comme Crésus, l’autre normale -c'est-à-dire étranglée par la crise économique. L’histoire ressemble à l'intrigue d’un autre roman noir Le bûcher des vanités.

Divisé en trois chapitres, le scénario se déroule autour d’un accident de la route, un pauvre serveur renversé le soir de Noël par une voiture de luxe. Dans le rôle de la femme ennuyée, traitée comme une belle plante par son mari investisseur en fonds privés, Valérie Bruni-Tedeschi est extraordinaire. Les autres sont des stars italiennes comme Fabrizio Gifuni qui avait interprété l’un des deux principaux personnages de Nos meilleures années de Marco Tullio Giordano récompensé à Cannes en 2003.

 

A Londres: Turner, le romantisme et la mer

Etre à Londres sans voir un tableau de Joseph Mallord William Turner? Une hérésie! Le thème choisi par le musée de la marine permet d’embrasser les deux tiers des peintures du plus célèbre romantique anglais, assez fou pour, selon la rumeur, s’être fait accrocher à un mât pour pouvoir saisir les tourments de la mer en pleine tempête.

Outre une salle spéciale réservée à la bataille de Trafalgar, qui en 1805 s’avéra décisive dans la suprématie britannique sur les mers pendant les décennies suivantes, la commissaire de l’exposition semble lier les peintures des grands baleiniers et le livre Moby Dick: Herman Melville les aurait vues et s’en serait inspiré pour son célèbre roman. De quoi raviver encore un peu plus le mythe d’une nation alors plus que jamais isolée sur son île.

Turner and the sea, National Maritime Museum, jusqu’au 21 avril

 

A Paris, théâtre documentaire et premiers films

> Depuis 1989, le festival Premiers plans s'est fixé une mission: révéler les nouveaux réalisateurs européens à travers une sélection d’une centaine de premières œuvres, présentées dans six sections compétitives. Les longs métrages, courts, ou films d'écoles projettés représentent de nombreuses nationalités, parfois peu représentées au cinéma: le Kazakhstan, la Slovénie, la Hongrie, la Roumanie ou encore la République Tchèque. Des rétrospectives (Robert Bresson, Lars von Trier…), des hommages (Patrice Chéreau) ainsi que des débats et rencontres professionnelles rythment la semaine. 

> A Paris, au 104, à partir de samedi, le collectif Berlin fête ses 10 ans. L'occasion de (re)découvrir le cycle Holocène, une série d'objets théâtraux hybrides, mêlant documentaire et installation vidéo, dont Moscou est le 4ème volet. Sous un grand chapiteau rouge, des témoignages diffusés sur six écrans dressent un portrait sans concession de la capitale russe, corrompue, au bord de l'implosion, et ambiancée à la vodka. Le duo d'artistes Bart Baele et Yves Degryse (ils habitent Anvers et sont belges, contrairement à ce que pourrait laisser croire leur pseudo!) présente également au 104, Perhaps all dragons… (1ère en France), Bonanza, et Jérusalem.

> Faits d'hiver: depuis années, ce festival de découvertes rassemble plusieurs structures partenaires parisiennes pour favoriser et donner à voir la création chorégraphique. Des lieux reconnus, bien implantés (Théâtre de la Cité Internationale), et des espaces plus fragiles (comme le Shakirail, lieu artistique temporaire dans un ancien local de la SNCF, dans le 18ème) proposent cette année une programmation dense, qui débute avec Souls (du 16 au 18 janvier). Le chorégraphe Olivier Dubois y rassemble six danseurs issus chacun d’un pays du continent africain.

Premiers plans, festival de cinéma européen, à Angers, du 17 au 26 janvier
Collectif Berlin au 104, à Paris, du 18 janvier au 2 février

Faits d'hiver, à Paris, du 16 janvier au 15 février




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