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A voir en Europe: japonisme, Rembrandt et Beatles

lundi, 20 janvier, 2014 - 13:48

Que faire cette semaine à Londres, Berlin, Bruxelles, Budapest, Lisbonne ou Paris? Expos, concerts, ciné, spectacles et inclassables: les coups de cœur de nos correspondants en Europe.

Graphisme sur les rives de la rivière Spree, expérimentations gastronomiques madrilènes, danse indienne traditionnelle, comédie musicale rétro et culture magyar: une semaine européenne tous azymuts.

A Berlin, succès de scène et échecs sur grand-écran

> Le théâtre de Kurfürstendamn débute l’année au rythme de la Motown. Une comédie musicale, Made in Germany, retrace le parcours de chanteurs et compositeurs tels que Diana Ross et Marvin Gaye, qui ont marqué l'histoire de la maison de disques américaine. Leurs meilleurs tubes sont interprétés sur scène par cinq artistes. (photo ci-dessous, crédits photo: Dietrich Dettmann)

Moins grand public, le cinéma art et essai Babylon organise la 9ème édition de l'étonnant Festival des gescheiterten, dédié aux films qui ont échoué! Tous ont été recalés par la presse, par les producteurs ou encore par les vidéoclubs. Un prix du public sera décerné au film le moins décrié…

Les amateurs de graphisme se retrouvent cette semaine au bord de la rivière Spree pour les journées berlinoises du graphisme. Au total une soixantaine d’artistes de rue, de graphistes, de sérigraphes et DJ allemands et étrangers présentent leur travail de 13h à 23h, sur le site de l’Urban Spree dans le quartier de Friedrichshain. Performances live garanties.

Motown, die Legende, au Theater am Kurfürstendamm, jusqu'au 9 février, à Berlin
Festival des gescheiterten Films, du 20 au 25 janvier, à Berlin
Journées berlinoises du graphisme, du 20 au 26 janvier, à Berlin


Rendez-vous madrilène des gourmets et japanophiles 

> Gastrofestival, évènement gastronomique et urbain, fête sa 5ème édition. Le rendez-vous est vite devenu un incontournable pour les fins gourmets, mais c'est aussi une manière originale de découvrir la ville, et sa culture. Organisé en marge de Madrid Fusión, un congrès international qui réunit chaque année des milliers de professionnels, le Gastrofestival réunit plus de 400 établissements madrilènes, qui offrent 300 activités.

Des dégustations dans des restaurants, mais pas seulement: le Prado propose un itinéraire "Douceurs et vins", qui permet de découvrir des œuvres d'art illustrant cette thématique. La Filmoteca adapte elle aussi sa programmation, avec des films comme Le festin de Babette, etc. Quant à la chocolateria San Ginés, où l'on sert un des meilleurs chocolats de la ville, elle accueille des "goûters littéraires" avec des écrivains espagnols.

Jusqu'au 14 février, le CaixaForum, un des centres culturels les plus dynamiques de Madrid, accueille une exposition sur le Japonisme (voir la visite virtuelle) qui revient sur l'influence que l'art japonais du XIXe siècle, par ses estampes notamment, eut sur les créateurs européens et espagnols, comme Picasso ou Miro, entre autres. 

Gastrofestival, à Madrid, du 24 janvier au 9 février.  
Japonisme, la fascination pour l'art japonais, à Madrid du lundi au dimanche, de 10h a 20 h. 4 euros l'entrée. Visite virtuelle de l'exposition

 

A Bruxelles, culture indienne, jazz et beau mélo

> Le festival international des arts Europalia touche à sa fin. Tous les deux ans depuis 1969, il met à l’honneur la culture d’un pays en proposant des dizaines d’événements -expositions, concerts, projections, rencontres littéraires…- à Bruxelles et dans d’autres villes limitrophes. Pour cette 24ème édition, l’Inde est célébrée. Il reste encore une semaine pour visiter quelques belles expositions (notamment Indomania. De Rembrandt aux Beatles au Palais des Beaux-Arts) et profiter des derniers spectacles de danse, traditionnelle dans Danse bharata natyam ou multidisciplinaire dans LDR – Long Distance Relationship (les 24 et 25 janvier). Certaines expositions se poursuivent après janvier.


Les arts de la scène sont aussi présents à Europalia. Crédits: Lelaa Samson

 Bruxelles est une ville généreuse avec les amoureux du jazz. Parmi les nombreux festivals qu’elle accueille, le Winter Jazz Festival propose un programme éclectique dans deux espaces culturels, le Théâtre Marni et le Flagey. Cette deuxième et dernière semaine du festival s’ouvre avec une soirée consacrée à la Grèce (Yiorgos Magoulas "Live Project" + Diminuita, le 21 janvier) et se clôt avec un concert inspiré de l’univers noir de James Ellroy ("Big Nowhere", création pour big band et voix du clarinettiste strasbourgeois Jean-Louis Marchand, le 25 janvier).

 Si vous êtes à Bruxelles ce mardi et que vous n’avez pas encore vu Alabama Monroe, profitez de la dernière séance en ville! Ce magnifique film du réalisateur belge Felix van Groeningen -dont le titre original est The Broken Circle Breakdown– vient d’être nommé pour l’Oscar du meilleur film étranger.


 

Europalia, Jusqu’au 26 janvier.
Winter Jazz Festival, jusqu'au 25 janvier, à Bruxelles.
Alabama Monroe, mardi 21 janvier à 21.20 au cinéma Styx (un des plus petits d’Europe!), rue de l’Arbre Bénit 72, 1050 Bruxelles.

 

La délicieuse histoire du chocolat en Turquie

C’est une exposition originale et inédite en Turquie que propose aux visiteurs le lycée Saint-Joseph d'Istanbul. Elle retrace l’histoire d'un aliment "miraculeux": le chocolat. D’Istanbul à l’Anatolie et de l’Empire ottoman à la République, différentes photographies et autres matériaux tirés des archives ottomanes et de Nestlé en Suisse (partenaire de l'évènement) font découvrir le formidable voyage du chocolat en Turquie.

Exposition jusqu’au 24 janvier 2014 au lycée St-Joseph, à Istanbul.


Lisbonne accueille le Prado

Une exposition de peintres classiques à Lisbonne n’est pas chose si courante. Un partenariat entre le Musée du Prado à Madrid et le Musée d’Art Ancien de Lisbonne donne l’occasion d'admirer 57 tableaux de paysage de Rubens, Breughel, Lorrain, grands maîtres du XVIIe siècle. C’est la première exposition dans la capitale Portugaise dans le cadre du protocole signé entre les deux institutions.

Depuis début décembre, elle se taille un franc succès auprès du public lisboète et étranger qui n’a que rarement l’occasion de voir les œuvres des peintres français, hollandais et flamands du grand siècle des paysages. Ces dernières sont regroupées selon neuf thèmes: montagne, neige et glace, bosquet biblique, paysage exotiques ou marine, etc.

Rubens, Breughel, Lorrain. Paysages du Nord de la collection du Musée du Prado, au MNAA de Lisbonne jusqu’au 30 mars 2014.

 

Thessalonique fête la jeunesse

Après Maribor en Slovénie et Clup-Napojna en Roumanie, Thessalonique (ou Salonique), deuxième ville de Grèce, premier centre universitaire du pays (plus de 100.000 étudiants) est cette année la capitale européenne de la jeunesse (1). Ce choix ne surprend pas: la cité grecque est réputée pour sa joie de vivre, ses cafés en bordure de mer, son ambiance nocturne, mais aussi pour la beauté de ses monuments, la vitalité de ses musées et l’excellence de ses institutions éducatives. Lancé par une grande fiesta en plein air sur le port de la ville, Thessaloniki 2014 ambitionne d’accueillir au cœur de la ville et de ses monuments plus de 130 manifestations locales et internationales à l’attention des jeunes de toute l’Europe. Expositions, colloques, ateliers, concours de gastronomie, concerts, compétitions sportives, défilés de mode, concours de hip-hop ou encore festival de graffitis sont au programme.

Parmi les points forts, on compte des manifestations ludiques et des rencontres plus sérieuses:

  • un atelier Art dans le noir, où les participants peindront et sculpteront dans la plus profonde obscurité sous la direction de personnes aveugles
  • une exposition sur Les oiseaux dans la ville
  • une campagne pour la participation des jeunes aux élections européennes
  • un marathon de course à pied Alexandre le Grand
  • une rencontre euro-arabe de jeunes des deux côtés de la Méditerranée
  • un concours de vidéo-gaming
  • un festival des jeunes orchestres, un salon de la bande dessinée…

Thessaloniki 2014 s’achèvera le 31 décembre par une grande fête, le long des remparts qui dominent la ville.

Thessalonique 2014, capitale européenne de la jeunesse, évènements toute l'année.

 

Culture magyar à Budapest

A Budapest, et à travers tout le pays, ce mercredi 22 janvier est dédié –comme chaque année– à la culture hongroise (Magyar Kultúra Napja). Instauré en 1989, l’événement célèbre l’hymne national hongrois (dit Himnusz), dont le texte a été achevé le même jour en 1823. La culture hongroise sera à l’honneur dant tout le pays, dans divers centres culturels. A Eotvös 10, centre culturel du le 6ème arrondissement, un vernissage sera accompagné d’un concert, en collaboration avec l’académie Liszt Ferenc à 19h. Seront également remis dans la journée des prix culturels tels que le Sándor Márai et Vitéz Csokonai. Des festivités sont prévues en dehors des frontières du pays, notamment via les instituts culturels hongrois de l’étranger.

Pour compléter ce tour d’horizon très magyar, ce samedi, le célèbre Dresch Quartet, présidé par Mihály Dresch, saxophone hongrois mondialement (re)connu, présentera son nouvel album jazz à Fonó. 

Magyar Kultúra Napja, jour de la culture hongroise, le 22 janvier.
Dresh Quartet à 
Fonó, le 25 janvier à 20h.


Only in England, clichés de l'Angleterre des années 60 et 70

Etonnement organisée par le musée des sciences, cette jouissive exposition se concentre sur la vie quotidienne des Britanniques des années 60 et 70, capturée par deux des photographes britanniques les plus réputés. Le premier, décédé en 1972, a cherché à immortaliser le mode de vie des Britanniques avant "qu’il ne devienne trop américanisé", avec une prédilection pour les bords de mer. Martin Parr montre de son côté des images prises dans sa jeunesse (il est né en 1952).

Le résultat est une exposition à l’humour très anglais, mixant nostalgie et sarcasme, et montrant les Britanniques sous leur meilleur jour. On aperçoit des vieilles femmes endormies sur leur banc de messe, des hommes se faisant bronzer sur la plage en costume-cravate, un vieil homme élégant buvant son café au milieu de pimpantes donzelles en maillot de bain, et on surprend un couple ayant déployé sa table de camping au milieu d’un champs de vaches…

Only in England, photographies de Tony Ray-Jones et Martin Parr, Musée des sciences, Londres, jusqu’au 17 mars.

​A Paris, Hors pistes et Air d'Islande

> Hors-pistes: le nom de ce festival dédié à l'image contemporaine porte bien son nom. L'évènement propose une découverte, hors des sentiers balisés, "des déclinaisons de l’image en mouvement". Au programme, des installations (le duo d’artistes franco-allemand composé de Simon Fravega et Meggie Schneider proposent "La Fabrique biopic" au Centre Pompidou), des performances, et surtout de nombreuses projections de films et vidéos. Pour cette 9ème édition, le fil rouge thématique est le biopic, comme une invitation à réinventer un genre dont le cinéma Hollywoodien s'est fait le pourvoyeur. Autre nouveauté de cette mouture 2014: l'évènement se rapproche cette année un peu plus de la création, en participant à la production des œuvres présentées, souvent signées d'artistes peu connus du grand public. 

> Comme un frisson venu du nord… Pour sa 6ème édition, Air d'Islande offre un aperçu du foisonnement de la création islandaise actuelle, qu'elle soit théâtrale (avec Abysse du dramaturge Jón Atli Jónasson), vidéo (avec la performance d'Ásdís Sif Gunnarsdóttir) ou musciale. La jeune scène se produira au Point éphémère: on pourra y découvrir le phénomène Hermigervill ou encore le rock de Mono Town.

Festival Hors-pistes, jusqu'au 26 janvier 2014, à Paris.
Festival Air d'Islande, du 23 janvier au 8 février, à Paris.


(1) Le titre de Capitale européenne de la jeunesse est transmis chaque année à une ville européenne différente, pour une période d'un an. C'est une opportunité pour la ville choisie de montrer la vie et le développement social, économique et culturel liés à la jeunesse. Ce titre est une initiative du Forum européen de la jeunesse.
 




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