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A Amsterdam, un musée dévoile la vie des prostituées

vendredi, 7 février, 2014 - 12:12

Un nouveau musée vient d'ouvrir ses portes à Amsterdam: le Red Light Secrets, consacré à la prostitution. Destiné à montrer la réalité quotidienne du monde dans lequel vivent les prostituées, il se veut pédagogique. Visite.

C'est dans un ancien bordel, au cœur de la ville d'Amsterdam et entre deux maisons closes, que vient d'ouvrir le premier musée d'Europe consacré à la prostitution. Ouvert de midi à minuit, il vous permettra de vous plonger au cœur de l'histoire de la prostitution et de passer de l'autre côté de la vitrine, celui des prostituées.

Dans la peau des prostituées

Dans une vidéo à l'entrée du musée, une femme en petite tenue et effectuant une danse lascive accueille le visiteur et l'invite à aller plus loin. Plusieurs petites pièces s'offrent alors à lui, dont une suite de bordel de luxe, et une chambre 'BDSM' (Bondage, Discipline, Sadisme et Masochisme). Dans cette dernière, on peut trouver des menottes, des fouets ou des muselières en métal. Des petits films illustrent également le travail des personnes qui côtoient tous les jours les prostituées: femmes de ménages, cuisinières qui préparent les repas pendant qu'elles prennent leur quart.

Dans le couloir qui suit, le visiteur découvre un calendrier indiquant qui travaille quel jour et dans quelle chambre, ainsi que le temps à passer avec chaque client. Il peut aussi s'assoir sur une de ces fameuses chaises face à une fenêtre et se mettre dans la peau d'une courtisane. Plus loin, la visite continue et le touriste accède à une chambre plus petite, au cœur du bordel: la peeskamer en néerlandais, la chambre où tout se passe.

Ilonka Stakelborough, escort-girl à la tête de l'Institut de geisha, un syndicat de travailleuses du sexe, explique à l'agence AP que les chambres du musée, qui font trois mètres sur deux environ, sont représentatives du monde dans lequel évoluent les prostituées, avec leur lumière noire, utilisées depuis les années 1970.

On voulait montrer tous les aspects de la prostitution. Oui, il y a des femmes qui sont victimes du trafic d'êtres humains, mais la prostitution est surtout un métier choisi de manière volontaire par beaucoup de femmes",

plaide-t-elle.

Près des lits, dans des armoires se trouvent préservatifs, lubrifiants et sex-toys.

Il ne faut pas qu'il y ait de parfum. Parce que sinon, l'odeur déteint sur les vêtements de l'homme et il a des problèmes avec sa femme quand il rentre à la maison",

commente Stakelborough.

A la sortie du musée se trouve le "mur des lamentations" des prostituées. Sur ce mur, elles ont confié leurs peines: "Je me sens seule, ma mère ne sait pas ce que je fais", écrit Carmen de Roumanie. "Je ne me souviens pas de la personne qui m'a pris ma virginité", écrit une autre. Mise en valeur, la parole des prostituées, souvent ignorée, peut ainsi être entendue.

Certains espèrent que ce musée réussira à faire changer les mentalités et à faire évoluer les regards sur le métier de la prostitution.

Les autres musées d'Amsterdam se concentrent sur le sexe et la performance sexuelle. Ce nouveau musée vous donne un aperçu du monde dans lequel évoluent les travailleuses du sexe. Peut-être que les touristes auront une chance de changer leur comportement et vont montrer un peu plus de respect ",

explique Yolanda van Doeveren, employée à la municipalité d'Amsterdam sur le thème de la prostitution, citée par l'AFP.

Amsterdam, capitale du sexe tarifé

A partir de 1911, les bordels ont été interdits aux Pays-Bas en afin de protéger les prostitué(e)s d’une quelconque exploitation. Mais l’interdiction n’a pas été appliquée ces 50 dernières années.

Pour mettre fin aux abus dans l’industrie du sexe, les Pays-Bas ont donc décidé en 2000 de changer la loi. Il est désormais légal d’employer des prostitué(e)s qui sont majeurs et qui travaillent de leur propre gré. Des mesures plus strictes ont néanmoins été prises dans le cadre pénal pour éviter l’exploitation. La législation sur les bordels permet au gouvernement d’exercer plus de contrôle et de sanctionner les abus.

La prostitution y étant désormais reconnue comme une occupation légitime, les prostituées ont les mêmes droits et obligations que toute autre profession. Celles qui travaillent dans des établissements sont des salariées, avec un contrat de travail, une couverture sociale, des allocations chômage et une retraite de l’État, généralement très faible. Elles doivent aussi payer des impôts.

Le musée se concentre principalement sur la période qui a suivi la légalisation de la prostitution aux Pays-Bas. A partir de cette date, la ville s'est efforcée d'éliminer les proxénètes et de combattre le trafic d'être humain.
Mais ces mesures n'ont pas eu les résultats escomptés. Le gouvernement reconnait que la traite des personnes, en particulier des femmes venues de l'Est, est entre les mains de réseaux très violents et qu'elle est difficile à contenir.

A Amsterdam, environ 7.000 personnes travaillent dans la prostitution. 75% d'entre elles proviennent de pays dont les revenus sont particulièrement bas, principalement d'Europe de l'Est, selon la municipalité de la ville.




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