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Qui est vraiment le patron de l’Italie, Matteo Renzi ?

vendredi, 28 février, 2014 - 15:02

Qui est Matteo Renzi, le nouveau chef du gouvernement italien? Pour le savoir, Myeurop a dressé son portrait chinois. Résultat: c'est un savant mélange de Tony Blair, Nicolas Sarkozy, Barack Obama et François Hollande.

"Le Tony Blair italien" ont titré bon nombre de médias européens après son "coup d'État démocratique". Outre le fait que ce "coup d'Etat" pour accéder à la présidence du Conseil était beaucoup plus bureaucratique que démocratique, de Tony Blair, il a certains traits, mais le personnage est plus complexe. Il tient aussi de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama. Portrait chinois.

Matteo Renzi, c'est:

  • 40% de Tony Blair, à qui il a emprunté la vision d’une économie ouverte et libérale.
  • 30% de Nicolas Sarkozy, qui voulait comme lui renverser la table et tirait plus vite que son ombre.
  • 20% de Barack Obama, le président américain ayant, comme lui, gravi les marches du pouvoir hors de l’establishment avec une foi inébranlable en son destin.
  • 10% de François Hollande, qui a voulu être président sans aucune expérience de gouvernement. Un point en commun avec l’ancien maire de Florence.

40% de Tony Blair

Le modèle de l’ancien maire de Florence, c’est donc, avant tout, Tony Blair. Mais celui de la fin des années quatre vingt dix avec le coup de fouet donné au parti travailliste pour le transformer en un "New Labour" plus réformiste. La répulsion naturelle de Matteo Renzi pour la gauche traditionnelle l’a poussé depuis sa première campagne électorale lors des primaires du parti démocrate en 2012 à prôner cette mutation.

Mais contrairement à son idole, il a les idées floues. Peut-être parce qu’il part dans tous les sens comme tous les hommes pressés. Tony Blair avait des relations étroites avec Georges Bush, qui n’était pas exactement un homme de gauche. Matteo Renzi ne dédaigne pas Silvio Berlusconi, avec lequel il a notamment passé un accord en janvier dernier pour modifier la loi électorale.

En revanche, le jeune loup transalpin n’a pas l’entregent du britannique dont le carnet d’adresse était plus épais que le bottin du Who’s Who. Ainsi, le nouveau président du Conseil italien a eu bien du mal à former son gouvernement, les têtes d’affiche de la politique et de l'économie, qu’il avait contactées, ont décliné ses offres de fauteuils ministériels.

30% de Nicolas Sarkozy

Si Nicolas Sarkozy pensait à la présidence de la République tous les matins en se rasant, Matteo Renzi y réfléchissait du matin au soir depuis sa première campagne en 2012. Tous deux ont un assassinat à leur actif : Nicolas celui de Jacques Chirac, Matteo, celui de son prédécesseur Enrico Letta. Leur objectif final est identique : devenir El Commandante.

Ils détestent les contradictions, redoutent les pièges lorsqu’on leur propose une promotion. Contacté par Dominique de Villepin lors du remaniement gouvernemental en 2005 pour le ministère de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy sentant l’échec, hésite. Pressenti par une partie des démocrates qui lui demandent de mettre les mains dans le goudron en entrant dans le gouvernement Letta au lieu de toujours critiquer l’exécutif et son patron, Matteo Renzi renâcle. Leur drogue s’appelle la com’ tout azimut. Ils monopolisent les plateaux de télévision, multiplient les déclarations, fréquentent les journalistes qu’ils assaillent de sourires et de fausses tendresses.

Autres points communs : les gaffes et le téléphone dont ils ne se séparent jamais quelque soit les circonstances, Nicolas durant sa visite officielle au Vatican, Matteo pour twitter pendant les consultations avec le chef de l’Etat.

20% de Barack Obama

Avec Barack Obama, le nouveau capitaine du paquebot Italie a en commun l’habitude de retrousser les manches de ses chemises et de desserrer sa cravate. Cela accentue l’effet jeunesse et fait trendy. Comme l’ami américain, il a commencé sa carrière au niveau régional, Barack en Arizona, Matteo en Toscane. Et comme lui, il a le mot "changement" est tête de son lexique politique. Ce n’est pas seulement un slogan, c’est un art de vivre. Une rupture avec le passé. L’ancien édile de Florence est tellement apprécié par les Américains que l’on murmure parmi les journalistes que des conseils lui auraient été donnés pour distribuer certains postes clefs…

10% de François Hollande

Si l’ancien maire de Florence se déplace en vespa comme François Hollande, ce n’est pas pour rendre visite à sa maitresse du moment. L’homme est trop habile. Mais comme le patron de la France, il a misé sur la carte de la parité en composant son gouvernement. Aussi pressé que François Hollande, il a sauté tous les échelons pour arriver directement sur le devant de la scène. Si le système italien le lui permettait, il serait devenu directement chef d’Etat. A défaut, il a prit la présidence du Conseil.




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