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L’Europe en BD, épisode #2 en Islande

vendredi, 7 mars, 2014 - 14:47

Deuxième épisode de notre tour d'Europe de la BD: l'Islande vue par la suédoise Anneli Furmark. Un oppressant road trip familial dans une nature belle et brutale.

C'est quoi ?

Le centre de la terre est une bande dessinée sur un drame familial en Islande. Elle raconte le périple mouvementé d'une famille recomposée suédoise sur cette île, entre ville et paysages sauvages. Paru en août 2013 dans sa version française, ce copieux ouvrage (160 pages) en couleur est édité par Çà et là, une jeune (2005) maison d'édition spécialisée dans la bande dessinée étrangère.

C'est qui ?

Anneli Furmark, une auteure suédoise. Née en 1962, elle a grandi à Lulea, une ville moyenne dans une région frisquette du nord de la Suède. D'abord peintre, elle a publié sa première bande-dessinée à tout juste 40 ans. Elle a depuis publié sept romans graphiques. Son travail est apparu en France pour la première fois en 2010, avec l'album en français "Peindre sur le rivage" (éditions de l'An 2/Actes Sud). Anneli Furmark a deux sujets préférés: la nature humaine et la nature tout court.


     © Éditions Çà et là

Où ça en Europe ?

En Islande, aujourd'hui. L'histoire s'ouvre dans une chambre d'hôtel, avec Axel, un ado suédois de 16 ans, qui regarde par la fenêtre et se demande ce qu'il fait "dans cette ville louche". Il s'est laissé embarquer par sa mère en vacances en Islande. Celle-ci est accompagnée de son nouveau boyfriend au nom bizarre : Toralf. Axel ne l'aime pas trop. Il aurait préféré partir avec son père et sa nouvelle copine en Grèce.

Notre trio s'en va sillonner l'île et ses paysages légendaires. Jour 1, Geysir et ses geysers qui "puent le pet". L'ado bougonne. Le casque de son mp3 vissé sur les oreilles. Jour 2, Thingvellir (Þingvellir), dans le sud-ouest de l'île. Le beau-père au prénom bizarre est enthousiaste devant les montagnes, volcans et lacs. L'ado trouve que ça ressemble "au Seigneur des anneaux en plus froid". Jour 3, Landmannalaugar, "les bains chauds des gens du pays", entre plaines verdoyantes et montagnes enneigées.


     © Éditions Çà et là

Il a aussi la halte à Reykjavik, la capitale, ses rues qui s'animent le soir et la première gueule de bois d'Axel. Puis la nature de nouveau. Il y a le volcan Hekla, "la nature impassible", et, loin de la ville, "cet air si bon qu'on aimerait le manger à la petite cuillère". Il y a enfin cet épais brouillard, si dense et si profond qu'on ne peut plus avancer… Et cette disparition mystérieuse. Trio au départ, l'équipée suédoise se conclut en duo.

Ce qu'on a aimé

Le centre de la terre est une prenante fiction dramatique. Elle est d'abord un joli voyage en Islande. L'auteure aime la nature et cela se voit. Les ciels sont grands et clairs, peintes à l'aquarelle ; les routes noires et sinueuses, croquées au stylo ; et l'horizon, bleu marine, dessiné au crayon de bois. La nature islandaise version Anneli Furmark est belle et un peu inquiétante, envoutante de couleurs.

Le centre de la terre est aussi un oppressant road-trip familial. L'auteure y explore les relations compliquées entre un fils et sa mère, entre un ado et son beau-père, et entre deux adultes dans un couple qui se découvre. Axel est un ado mal dans sa peau, la mère une angoissée chronique et, coincé entre eux deux, le beau-père un type un peu maladroit avec les autres. Un huis clos triangulaire très crédible où se côtoient névroses personnelles, volonté de bien faire, affection planquée et communication impossible. Ne vous reste plus qu'à prendre la route et les rejoindre dans le brouillard.


Le centre de la terre, de Anneli Furmark, éditions Ça et là, 160 pages couleur, 18€.

 



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