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« Pas de triomphe du FN »: les élections vues par nos voisins

lundi, 31 mars, 2014 - 13:56

Elections municipales: qu'en pensent nos voisins? Inquiétudes, mises en garde, fierté ou distanciation traversent les colonnes de la presse européenne, de l'Espagne à la Suisse. 

"La punition", "la vague bleue déferle sur Hollande", "condamné à changer": ce matin, les quotidiens français de gauche comme de droite déclinent en bleu la palette chromatique. 

           

Nos voisins européens accordent également une bonne place aux résultats français. Trois clés d'analyse reviennent le plus souvent: les scores jugés élevés du Front national, la déroute du PS et enfin l'élection d'une femme socialiste à la mairie de Paris. 

L'Espagne salue Anne Hidalgo

Les Espagnols font un large écho à l'arrivée d'Anne Hidalgo, née en Andalousie et fille de réfugiés républicains:

La candidate socialiste, d'origine espagnole, gagne avec l'appui des Verts, après la frayeur du premier tour. Anne Hidalgo, qui a la double nationalité, française et espagnole, est devenue la première femme maire de Paris de l'histoire, en remportant 53,34% des suffrages face à une autre femme, la conservatrice Nathalie Kosciusko-Morizet", 

relate El Pais, non sans fierté. Le quotidien de centre-gauche dresse le portrait de la nouvelle maire de la capitale, élue dans un contexte local et national jugé difficile. "Les mauvais chiffres de l'emploi publiés durant la semaine, le nouveau pic de pollution et la faible qualité du débat entre les deux tours entre les deux candidates n'étaient pas un bon présage", analyse la journaliste Ana Teruel.

Le journal ne fait toutefois pas l'impasse sur le score lepéniste, allant même jusqu'à évoquer, sous la plume de Cecilia Ballesteros, "un authentique tsunami bleu marine (…) qui a submergé le socialiste François Hollande, qui depuis qu'il est arrivé à la présidence en 2012, a déçu presque tout le monde". 

La journaliste voit dans le cas français un avertissement pour toute l'Europe: "C'est dangeureux car la recette économique de Marine Le Pen pour sauver la France est de freiner l'immigration, de miser sur le protectionnisme, d'abandonner l'euro et l'Union européenne. Finalement, la France a toujours été un laboratoire de l'avenir. Pour le meilleur et pour le pire".

Infolibre, pour sa part, fait un focus sur la victoire de Robert Ménard. Le pureplayer est interpellé par la personnalité paradoxale du fondateur de Reporters sans frontières, élu à la mairie de Béziers… sous la bannière front national. 

"Ce n'est pas un triomphe pour Le Pen"

The Guardian semble lui aussi se féliciter de l'élection d'Anne Hidalgo. Mais ce sont moins ses origines andalouses que son statut de femme qui est mis en avant: "Paris élit la première femme maire (…) le triomphe d'Hidalgo était un rare moment de réjouissance dans ce qui était une soirée désastreuse pour Hollande…"

Sans épargner le Président, le quotidien relativise la "percée FN":

Ce résultat français n'est pas un triomphe pour Le Pen – mais c'est une raclée pour Hollande"

analyse Philippe Marlière. "Au final, ce n'est pas le triomphe que certains avaient annoncé la semaine dernière. Dimanche, le Front National a réalisé des avancées significatives au second tour des municipales, avec l'élection de 1400 conseillers locaux (ils étaient 60 auparavant) et en gagnant 13 municipalités (contre 0 précédement). Mais ces bons résultats ne représentent pas un tremblement de terre politique". Le journaliste relativise ces chiffres: ils les juge du même ordre de grandeur que ceux des élections de 1995.

La "raclée" (dixit The Guardian) donnée au Président semble beaucoup amuser The Independent:

Pauvre François Hollande, il n'arrive à rien de bon. Même la cuisine de l'Elysée, qui est supposée être une vitrine du "savoir faire" et de la "joie de vivre" à la française, a été décrite comme "dégueulasse" par l'une de ses ministres".

Le "tsunami" UMP, la "vague" FN

Les Italiens n'épargnent pas non plus la majorité. "France, 2e tour: l'effondrement de la gauche, les victoires du centre-droit. Le Pen gagne 14 municipalités", résume La Republicca dans un titre au style télégraphique. 

Comme d'autres rédactions européennes, et sans doute plus facilement que la presse nationale, La Stampa relativise la "percée" du Front National:

La vague du Front national, mais surtout le tsunami de la droite UMP s'abattent sur la majorité de François Hollande (…) le vrai vainqueur de ces municipales n’en reste pas moins l’UMP".

Même son de cloche du côté des Suisses: le Neue Zürcher Zeitung, libéral conservateur, met en garde: il ne faut pas surestimer la réussite du FN

Il faut voir dans le résultat du parti xénophobe et eurosceptique de Marine Le Pen (…) un symptôme de la crise française et une réussite spectaculaire. Mais au vu du pourcentage national de six pour cent des voix, voire de 15 pour cent si l'on ne compte que les villes où le FN était en lice, on devrait se garder de surestimer son pouvoir. Bien que Marine Le Pen aime à donner l'impression d'être à deux doigts de la prise du pouvoir, son parti reste et demeure un parti protestataire à l'aura limitée. Le FN n'échappera pas à la règle : les mairies remportées sont synonymes de responsabilité politique. Par le passé, dans les villes tenues par les frontistes, ceux-ci se sont généralement rapidement discrédités."

L'inquiétude des Belges

Municipales en France: le Front national s’enracine", 

s'alarme le quotidien Le Soir. Quant à la Libre belgique, elle se fait l'écho de l'annonce de la commune de Farciennes qui prévoit de suspendre ses relations avec Beaucaire, petite ville du sud de la France avec laquelle elle est jumelée depuis plus de 40 ans, et qui s'est dotée dimanche d'un maire Front national.

Politiquement, nous ne pouvons pas continuer à travailler avec des gens qui développent de telles thèses, de telles idéologies. Lors du conseil communal de mardi, nous proposerons de suspendre nos relations avec Beaucaire",

a déclaré La Première le bourgmestre de Farciennes, le socialiste Hugues Bayet.




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