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Changer de sexe en Italie, un enfer pour les transsexuels

lundi, 14 avril, 2014 - 16:09

Une opération de changement de sexe en Italie est une descente aux enfers. Les interventions chirurgicales sont souvent des échecs et condamnent les victimes à n'être ni hommes ni femmes. Les transsexuels ont décidé de porter plainte contre les médecins. 

Pour avoir voulu devenir des femmes à part entière, quatre Italiens ont été condamnés à un interminable calvaire. Tout a commencé en 2011 lorsqu’ils se sont adressés aux services du Policlino Umberto, le seul grand hôpital romain spécialisé dans les opérations de changement de sexe. C’était du moins la réputation de cet établissement avant que le voile ne soit levé.

Les médecins ont testé sur nos corps de nouvelles techniques chirurgicales",

expliquent aujourd’hui les victimes. Tous ont porté plainte pour lésions volontaires et mauvais traitements médicaux. Ils affirment que les médecins ne leur ont jamais parlé des risques postopératoires. Et encore moins du fait qu’il s’agissait de méthodes pratiquées au stade expérimental.

Ce nouveau protocole médical prévoit le prélèvement de tissus dans la bouche du patient. Les cellules staminales (ou cellules souches) sont ensuite cultivées in vitro pour créer un vagin.

Ils ont démoli mes organes génitaux masculins pour créer une cavité vaginale. Quelques jours après l’intervention, une infection s’est déclenchée et la cavité s’est refermée. Je vais devoir porter un dilatateur vaginal toute ma vie",

confie l’un des patients. Aujourd'hui, il a le sentiment d’être un eunuque et ajoute qu’un médecin l’aurait même insulté durant l’hospitalisation.

Il m’a dit : vous avez toujours l’autre trou pour votre vie sexuelle ! Un autre m’a conseillé de devenir bonne sœur",

rapporte t-il. Les médecins lui ont proposé de repasser au bloc. Cette fois-ci, du tissu aurait été prélevé sur son abdomen pour construire un vagin.

Je n’ai pas eu le courage de repasser sur la table. J'ai 28 ans et ma vie est foutue",

constate-t-il.

Médecins italiens ou apprentis sorciers ?

Depuis l’intervention, les quatre malheureux n’ont plus de véritable organe masculin et encore moins féminin.

D’un point de vue sexuel, nous ne sommes plus rien",

accusent ces transsexuels. Le  parquet de Rome a ouvert une enquête contre les médecins ayant pratiqué les interventions. Mais cette affaire a levé le voile sur le drame des Italiens qui tentent de changer de sexe.

De nombreux médecins n’ont aucune expérience. Depuis l’opération, notre vie est devenue un enfer",

dénonce un groupe de treize italiennes qui voulaient devenir des hommes. Elles aussi, ont porté plainte contre le système sanitaire italien qui n’a pas su les prendre en charge sur le plan médical.

Chaque année, quelques 120 candidats au changement d’identité sexuelle se retournent vers les structures italiennes disséminées aux quatre coins de la péninsule. C’est du moins le chiffre officiel publié par l’Onig, l’observatoire sur les identités de genre. Les opérations durent plusieurs heures et les conséquences sont parfois extrêmement douloureuses. Tant sur le plan physique que psychologique. Un homme qui a changé de sexe raconte :

J’avais toujours des infections et je passais ma vie à l’hôpital. L’an dernier, les médecins n’ont dit qu’ils devaient refermer la cavité vaginale et prélever d’autres tissus sur les bras, le ventre, le dos. J’ai des cicatrices partout. Ils m’ont dit que je ne pourrais plus jamais avoir de vie sexuelle mais qu’au moins, je suis vivante",

témoigne-elle.

Selon les candidats au changement de sexe, l’Italie n’est pas vraiment le pays idéal pour se faire opérer. Mais se rendre dans les meilleurs hôpitaux, situés pour la plupart en Californie ou en Thaïlande, coûte trop cher. Peu d'entre eux ont le budget nécessaire.

Nous avons des ressources humaines qui sont mal exploitées car elles n’ont pas la possibilité de se spécialiser. Il faudrait créer un centre sur le modèle Charing Cross Hospital à Londres",

explique l’avocat Alessandra Gracis qui défend les droits du groupe de 13 transsexuels ayant porté plainte. Mais en période de vaches maigres et notamment de coupes dans le secteur de la santé, le gouvernement risque de faire la sourde oreille.




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