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L’Europe en BD, épisode #8: Maggy l’anti-héroïne so British

mercredi, 30 avril, 2014 - 12:57

Huitième épisode de notre tour d'Europe de la BD à Londres, avec les aventures de Maggy Garrisson: misanthrope paumée, revêche, dans la dèche, et très portée sur la bière... Une anti-héroïne qui illumine un scénario de polar by Lewis Trondheim.

C'est quoi ?

Fais un sourire, Maggy introduit les aventures de Maggy Garrisson, une British mal lunée et téméraire, embarquée par hasard dans une drôle d'histoire de fausse monnaie et de crime organisé. Parue en mars dernier aux éditions Dupuis (collection "Grand Public"), cette BD de 46 pages, en couleur, est le tome 1 d'une série qui devrait voir l'Anglaise bourrue se plaire dans un rôle de détective non-conformiste.

C'est qui ?

Stéphane Oiry, un dessinateur français de 44 balais, qui s'est illustré dans le dessin animé (La Famille Bordemer), l'édition jeunesse mais aussi la presse (Le Monde). Oiry a par ailleurs co-fondé le magazine de bande dessinée jeunesse Capsule cosmique. Son tumblr.

Lewis Trondheim, qui s'est chargé du scénario. Taulier de la BD, 50 printemps cette année, il est l'un des auteurs français contemporains les plus reconnus par la profession et par le public. De la prolifique œuvre de ce lauréat du grand prix d'Angoulême en 2006, émergent plusieurs grands succès marquants, comme sa série-épopée Donjon, contes comico-fantastico-chevaleresques, réalisée avec Joann Sfar. Ou Les petits riens de Lewis Trondheim, série plus personnelle en forme de chronique d'une épopée cette fois très quotidienne. Son site.

Où ça en Europe ?

Premier jour de boulot et il pleut comme un éléphant qui a la chiasse."

La première case donne le ton… Bienvenue à Londres, en compagnie de Maggy, Anglaise grognon au langage fleuri.

Premier jour de boulot, donc, et arrivée sous la pluie à la porte de Mister Wight, un détective privé un peu raté. Maggy Garrisson, sacrément dans la dèche et sans job depuis 2 ans, a accepté d'être sa secrétaire. La mission s'emmanche mal: à son arrivée le type roupille, une réussite inachevée à l'écran de son ordinateur. Oisif, le détective Wight n'a rien à se mettre sous la dent.

Mais Maggy Garrisson a plus d'un tour dans son sac et la voilà rapidement, par le truchement d'un scénario virant polar, embarquée dans une sombre histoire de trafic de monnaie entre bandes criminelles. La revêche, qui s'est fait des potes dans les pubs de Londres qu'elle écume, se retrouve bientôt en route pour Brighton, où pourrait se conclure cette scabreuse aventure…

Ce qu'on a aimé

Mission réussie pour ce premier tome: on a aimé Maggy. Celle-ci déploie avec grâce ses atouts d'anti-héroïne: un goût prononcé pour l'oseille facilement gagnée, quitte à gentiment magouiller, une détermination remarquable lorsqu'il s'agit taper dans la gourde, quitte à tanguer au dessus des pintes de blondes qu'elle enquille, un vocabulaire de souillon, une pointe de misanthropie, une insolente témérité face au danger, et, last but not least, une sensibilité qu'elle dévoile quand elle se sent trop seule. Un attirail qui la rend terriblement sympathique.

Maggy Garrisson est aussi une très bonne guide pour se frotter à Londres, ses rues poisseuses et humides la nuit, blanches et non moins humides le jour, criblées de parapluies sombres et de louches personnages. Dépaysante aussi, l'escapade à Brighton, sa jetée lumineuses surplombant une plage déserte, ses jeux d'argent et ce vent qui vous graisse les cheveux en moins de deux. See you soon Maggy.


Maggy Garrisson, Tome 1: Fais un sourire, Maggy, éditions Dupuis (2014), 46 pages, 14,50€




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