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Les européennes à la télé, c’est la France d’abord  

lundi, 26 mai, 2014 - 14:19

Dimanche soir à la télé française, les élections européennes ne concernaient que l’Hexagone. Ce n’est pas le moyen de faire sentir aux Français qu’ils sont membres d’une vaste communauté…

On le sait depuis bien longtemps, les grands médias français ne s’intéressent guère à l’Europe. Mais dimanche soir, en regardant sur la télévision de service public (France 2) la soirée spéciale consacrée aux élections européennes, on n’en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles : après plus d’une heure d’émission, pas une seule allusion n’avait été faite au scrutin dans les autres pays d’Europe, que ce soit par les journalistes ou les invités présents sur le plateau.

Certes, le score tonitruant du Front National en France méritait que l’on s’interroge en priorité sur les conséquences de ce tremblement de terre électoral ; certes, les résultats européens se sont égrenés tout au long de la soirée… Mais, à 20h00, on disposait déjà d’un panorama assez large et assez précis dont de nombreux médias européens commençaient à rendre compte.

Est-il possible, est-il concevable que le franco-centrisme soit à ce point exacerbé dans l’Hexagone, que des professionnels de l’information puissent passer 60, voire 90 minutes à disserter sur un scrutin multinational sans se préoccuper le moins du monde de ce même scrutin chez nos voisins ?

Comment un responsable politique peut-il déclarer que la France est une exception en Europe en plaçant en tête un parti populiste alors que c’est également le cas au Royaume-Uni, en Belgique, au Danemark et que Beppe Grillo en Italie dépasse les 20% ? Réalise-t-on que les 23 eurodéputés du Front National viendront rejoindre au Parlement européen une bonne centaine d’autres eurosceptiques de droite et d'extrême-droite (sans compter la cinquantaine d’eurocritiques venant de la gauche de la gauche) ?

La colère du commissaire

Le Commissaire européen au marché intérieur Michel Barnier exprimait hier soir, sur la chaine précitée, sa "colère" de voir comment l’on parle peu et mal de l’Europe. Mais c’est pire : avec "l’aide" des grands médias, la majorité des Français se désintéresse totalement de la vie politique européenne.

On peut les comprendre s’il s’agit de se passionner pour les subtilités institutionnelles de l’Union européenne. On ne les comprend plus quand ils n’ont aucune appétence pour les bouleversements qui secouent des pays comme le Royaume-Uni (où les partisans d’une sortie de l’Union sont devenus majoritaire), la Belgique (où les indépendantistes flamands sont en tête), l’Allemagne (où les adversaires de l’euro envoient pour la première fois sept eurodéputés à Bruxelles), l’Autriche (où les islamophobes réalisent près de 20%), la Hongrie (où les populistes "soft" et "hard" totalisent 60% des suffrages), la Grèce (où les néonazis frôlent les 10%)…

L’an dernier, dans une précédente chronique, nous affirmions : "l’Europe, c’est s’occuper des autres et accepter qu’ils s’occupent de nous". Au lendemain de ce scrutin si inquiétant pour l’avenir de l’Union européenne, force est de constater que nous n’avons pas été entendu par ceux là même qui font profession d’informer et se disent en privé europhiles.

Myeurop n’a pourtant pas vocation à rester éternellement ce « petit village européen » qui lutte au milieu d’un océan d’indifférence !




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