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La flambée de l’immobilier à Londres inquiète le FMI

lundi, 9 juin, 2014 - 07:18

Attention, danger d'explosion ! Selon le FMI, les prix de l'immobilier à Londres ont atteint un tel niveau que cette bulle spéculative peut exploser. Le gouvernement ne semble pas s'en inquiéter. Les premières victimes sont les classes moyennes. 

Carton jaune pour les Britanniques. La hausse croissante des prix de l'immobilier au Royaume-Uni cacherait les prémisses d'une bulle spéculative. Dans son rapport annuel sur la bonne santé économique des pays, le FMI rappelle à l'ordre le gouvernement britannique :

La hausse constante de la taille des nouveaux crédits immobiliers par rapport aux revenus des emprunteurs suggère que les ménages deviennent progressivement plus vulnérables à des chocs sur les revenus et les taux d'intérêt."

Ce n'est pas la première fois que Londres est rappelé à l'ordre par des grands organismes internationaux. En 2013 l'OCDE avait déjà fait part de ses inquiétudes (voir rapport ci-dessous) il y a quelques mois sur la situation limite de l'immobilier au pays de sa Majesté. Les deux organismes recommandent un durcissement du programme gouvernemental d'aide à l'achat "Help to Buy". Mis en place en avril 2013, il permet aux acheteurs de ne dépenser que 5% de la valeur d'achat d'un bien dont le prix ne dépasse pas les 600.000 livres (739.464 euros).

Reste qu'un an avant les élections générales (mai 2015), David Cameron est peu enclin à modifier sa politique économique. Le Premier ministre tente de rassurer la population en notant que les prix du logement sont toujours plus faibles qu'en 2007 (dernier pic immobilier). Pourtant, l'inflation quasi endémique menace et pourrait définitivement tuer… la classe moyenne britannique.

Une catégorie sociale en voie d'extinction

La classe moyenne britannique serait-elle en voie d’extinction ? Oui, à en croire la dernière note publiée par David Boyle, membre du think tank New Economics Foundation. L'économiste met en garde le gouvernement face à la paupérisation croissante des sujets de sa Majesté. Selon lui, dans 30 ans, le Royaume-Uni se composera d'une petite élite de très très riches, opposée à une masse importante de très très pauvres.

Quid de la classe moyenne ? Elle aura disparue ! Pour David Boyle, la flambée de l'immobilier est telle outre-Manche qu'elle conduira naturellement à l'extinction de cette catégorie sociale. L'accès à la propriété relèvera du fantasme. Pour boucler les fins de mois, les Britanniques multiplieront les emplois mal payés au détriment, notamment, des activités culturelles. Cet "appauvrissement" financier et intellectuel engendrera une société de plus en plus intolérante et injuste.

L'économiste va jusqu'à voir dans le succès du parti anti-européen Ukip aux élections européennes, les prémisses de ce monde à venir, comme il le confie à la presse anglaise :

Lorsque vous brisez les rêves des classes moyennes, elles se réfugient dans le populisme. Vous obtenez ainsi l'émergence de partis politiques dangereux."

L'immobilier fou

Les prévisions de ce think tank ont, en effet, de quoi choquer. Prix moyen d'une maison selon ces experts : 1,2 millions de livres (1,4 millions d'euros). Un coût délirant, condamnant les jeunes à la location. Le cabinet Deloitte, spécialisé dans l'audit et les services aux entreprises rappelait l'an dernier qu'en moyenne pour l'immobilier résidentiel neuf à Londres, le m² avoisinait les 10.000 euros.

De son côté, l'agence immobilière londonienne, Marsh & Parsons publie d'autres chiffres détonnants. le prix moyen d'une maison avec trois chambres dans le centre de Londres aurait augmenté de 729 livres par jour en 2013 (896 euros).

Mais à qui la faute ? Miss Thatcher selon David Boyle. L'économiste accuse la politique menée par la "Dame de fer". La Première ministre avait en effet supprimé l'encadrement du crédit bancaire en 1980, permettant ainsi aux banques de multiplier les prêts hypothécaires.

David Boyle s'en prend également à ces mêmes banques qu'il accuse de gonfler les prix de l'immobilier en manipulant les sociétés d'évaluation de logements pour accroître leur activité de crédit immobilier. Sa grande crainte ? Que les logements achetés aujourd'hui par des parents, ne puissent être complètement remboursés que deux générations plus tard.

Vers un parti politique des middle class ?

Alertés, les associations de droit au logement, comme le collectif, Génération à louer alertent le gouvernement conservateur de David Cameron:

Les statistiques d'aujourd'hui confirment que notre marché immobilier et son coût exorbitant crée de profondes divisions dans la société. Les propriétaires richissimes se permettent de laisser leurs logements vides tandis que les plus pauvres sont obligés de vivre entassés les uns sur les autres."

Si les associations militent pour un coup pouce de la part du gouvernement, David Boyle propose, lui, une solution plus radicale. Créer un parti politique composé exclusivement de membres de la classe moyenne. Pour l'économiste, eux seuls, sont aujourd'hui capables de défendre leurs intérêts et de se faire entendre, au moins lors des élections. 


Article daté du 30/05/2014 et mis à jour le 09/06/2014




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