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Chiffre du jour : net repli du chômage en Espagne

mardi, 10 juin, 2014 - 14:49

Le chômage en Espagne chute de 2,3% en mai avec 111.916 demandeurs d'emploi en moins. Un résultat dû à la période estivale mais également aux mesures pour favoriser l'emploi. 

L'Espagne connaîtrait-elle enfin une embellie économique? Le ministère espagnol du Travail vient de rendre public les derniers chiffres du chômage. A la surprise générale, le nombre de demandeurs d'emploi a diminué de 2,3% au mois de mai, soit 111.916 personnes sans emploi en moins. C'est la plus forte baisse sur un mois depuis 1996. Mais cette hirondelle de mai ne fait pas le printemps. L'Espagne, compte encore 5,9 millions de demandeurs d'emploi et le gouvernement espère, au mieux passer sous la barre des 25% de chômeurs d'ici la fin de l'année.

Cette petite bouffée d'air frais a plusieurs explications :

  • Tout d'abord, le nombre de demandeurs d'emploi a toujours tendance à diminuer entre mai et juillet, saison touristique oblige.
  • L'arrivée des beaux jours renforce l'embauche dans des secteurs comme l'agriculture, la construction et autres petits jobs saisonniers. 92% des contrats signés au mois de mai sont des contrats à durée déterminée.

Ainsi, les régions où le nombre de chômeurs a le plus baissé sont celles qui connaîtront un afflux massif de touristes cet été :

  • La Catalogne avec 19 518 chômeurs de moins.
  • Madrid avec 15 051 chômeurs de moins.
  • L 'Andalousie avec 14 082 chômeurs de moins.

Mais fait notable, le nombre de contrats a durée indéterminée est en hausse de 20% par rapport à l'année dernière à la même époque. Au mois d'avril, ce chiffre atteignait déjà les 25%. Il faut dire que la récente réforme sur les charges sociales du gouvernement Rajoy à de quoi aider les patrons à se décider. Depuis mars dernier, si un chef d'entreprise s'engage à embaucher un nouveau salarié il ne paiera, les deux premières années, que 100 euros de cotisations sociales. En trois mois, 68.621 contrats de ce type ont été signés en Espagne.

Ne pas crier victoire trop vite

Face à ce résultat, le ministre du Travail, Engracia Hidalgo, a souligné dans tous les journaux du pays que ces chiffres confirmaient :

l’impact du début de la reprise économique dans les secteurs clés de l'emploi en Espagne. La baisse du chômage et l'amélioration des recrutements ne sont pas des phénomènes transitoires ou purement saisonniers. Ils s'inscrivent dans une tendance durable qui se renforcent de mois en mois."

Mariano Rajoy avait lui-même déclaré en mars dernier :

L'Espagne est en train de surmonter la récession la plus longue de son histoire récente. Maintenant nous sommes dans une phase de reprise…"

Mais n'en déplaise à M. Hidalgo ou M. Rajoy, si la progression de l'embauche se lit dans tous les secteurs, certains demeurent empêtrés dans la crise. C'est notamment le cas de la finance et des assurances. Ces deux secteurs d'activité sont parmi ceux qui détruisent toujours le plus d'emplois.

Rappelons également que les chiffres du chômage, en Espagne comme partout ailleurs, sont à prendre avec des pincettes. Seuls les Espagnols inscrits en tant que demandeurs d'emploi sont pris en compte dans ces statistiques.

Les bons conseils du FMI

Comme le rappelait la directrice du FMI Christine Lagarde en mars dernier à propos de l'Espagne, "la croissance reste trop basse et le chômage trop haut pour chanter victoire face à la crise".

Dans une note datée du 27 mai, le FMI persiste : "Les Espagnols continuent de souffrir de l'héritage de la crise économique avec près de 5,9 millions de chômeurs et un revenu moyen des ménages toujours en deçà de son niveau d'avant 2008". Pour en finir avec la crise, l'organisme cible quatre domaines prioritaires d'action. Parmi eux :

  • Le renforcement des partenariats avec les voisins européens.
  • L'aide au développement des entreprises.
  • La réduction des obstacles réglementaires permettant de stimuler la croissance et l'emploi.
  • La poursuite de l’assainissement budgétaire.

De "bons conseils" difficiles à mettre en oeuvre, en Espagne comme ailleurs. La mission "sortie de crise" du gouvernement Rajoy n'est pas impossible, mais sera sans nul doute encore longue avant d'être remplie.




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