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L’Ecosse ne va pas sauver l’Europe

lundi, 15 septembre, 2014 - 17:20

Les Écossais ont dit non à l'idépendance. Un coup dur pour les autres régions en Europe, notamment la Catalogne. Les Etats-nations sortent finalement reforcés de ce référendum et vont pouvoir continuer à diriger l'Europe à leur guise.

 

 

Chronique sur RFI - Les indépendantistes 

 

Dans plusieurs pays européens, les mouvements et partis indépendantistes croisaient les doigts pour que les Écossais disent "yes" à l'indépendance jeudi. Espoir déçu.

Dans l'immédiat les Catalans auraient été les premiers à mettre à profit cette victoire. La mobilisation impressionnante de plus d'un million de Catalans la semaine dernière dans les rues de Barcelone pour réclamer un vote sur l'indépendance prouve leur détermination à l'autodétermination. Il se prononceront néanmoions à leur tour par référendum le 9 novembre, soit 3 semaines, jour pour jour, après les Ecossais a prévenu le gouvernement catalan.

Mais la grosse différence entre les deux scrutins, c'est que le vote écossais se tenait avec l'aval de Londres alors que Madrid refuse le principe même d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne en invoquant la constitution espagnole. Mais cette interdiction aura évidemment beaucoup moins de poids après la victoire à 55,3% du "Yes" Ecossais. Les Catalans auront beau jeu de s'engoufrer dans la brèche.

Dislocation du royaume

L'autre région en Europe qui comptait faire ses choux gras d'une victoire du "yes" à l'indépendance en Ecosse était la Flandre. Les partis flamands sont dominés depuis des années par les partisans de l'indépendance de leur région, le NVA de Bart De Wever en tête, sous prétexte qu'ils ne veulent plus payer pour les Wallons francophones. Mais c'est l'avenir même du pays qui est en jeu. Sans la Flandre, on voit mal en effet quel serait l'avenir d'une Belgique amputée de 57% de son PIB et de près de la moitié de son territoire.

En comparaison, le Royaume-Uni perdait lui, certes, un tiers de son territoire avec le départ de l'Ecosse, mais son PIB, comme sa population, auraient été réduits de seulement 8%. La Grande-Bretagne aurait donc été seulement un peu moins grande mais serait restée une puissance mondiale.

Ailleurs en Europe, les poussées indépendantistes évoluent selon les époques et les situations politiques nationales, même si dans bon nombre de régions d'Europe, le désir d'indépendance vis à vis de l'Etat central est souvent réel et profond et ne date pas d'hier.

Une affaire d'États

Ainsi en Italie, la Ligue du Nord qui s'est fait connaître en promettant la création d'un Etat indépendant, la Padanie, située au nord de la plaine du Pô. Mais les ligueurs ont payé cher la participation aux gouvernements Berlusconi. Cette alliance avec l'exécutif romain – autrement dit avec le diable – a déboussolé les électeurs du Piémont, de Vénétie, d'Emilie Romagne, de Ligurie et du Haut Adige qui, eux aussi, comme les Flamands en Belgique, ne veulent plus payer pour les autres, "per queste sud pigro", pour ces flemmards du sud, comme ils disent. Il est vrai que cette Padanie, réaliserait à elle seule 55% du PIB italien et serait un pays de cocagne avec le revenu par habitant le plus élevé d'Europe !

Reste les indépendantistes basques, corses, sardes, bavarois, occitans, galiciens ou même bretons. Certains sont anecdotiques, d'autres sont plus sérieux et représentent des forces politiques animées par des réseaux locaux puissants allant éventuellement, dans des contextes spécifiques, jusqu'à la lutte armée, comme en Corse ou au Pays Basque espagnol.

Mais ces fièvres indépendantistes sont bien plus un défi pour les États-nations que pour l'Unioin européenne. En fait, si l'Europe politique est aujourd'hui au point mort depuis le début des années 2000, c'est bien parce que les États freinent des quatre fers dès qu'il s'agit d'abandonner une parcelle de souveraineté à l'Europe ou aux régions. La poussée sécessionniste actuelle est aussi la conséquence de ces blocages.

Et si le "yes" l'avait emporté, les dirigeants européens auraient senti le vent du boulet et peut-être accepté que l'Europe ne soit plus exclusivement une affaire d'Etats-nations.


Article actulalisé le vendredi 19 septembre  à 14h22 avec les résultats du référendum irlandais.


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