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Conjurer l’Europe de la canicule

lundi, 22 décembre, 2014 - 17:27

Réunis à Lima, 195 pays sont parvenus le 14 décembre à un accord de principe sur les changements climatiques. Ils devront préciser leurs contributions à la réduction des émissions de gaz à effet de serre début 2015 afin de préparer le sommet de Paris de décembre. 

 

Chronique sur RFI - Le réchauffement climatique 

 

Rien n’est gagné. Mais, du moins, le succès du sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015 n’est pas compromis après l’accord de principe sur lequel a débouché, le 14 décembre dernier, la conférence sur les changements climatiques de Lima.

Les 195 pays présents dans la capitale péruvienne se sont effectivement engagés à contribuer tous à la réduction des émissions de gaz responsables du réchauffement et au dérèglement du climat. Et ceci, en assumant l'objectif global d’une baisse des émissions des gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70% d'ici à 2050 afin de limiter à 2°C la hausse de la température moyenne sur la planète.

Le réchauffement touche déjà l'Europe

Les enjeux ne sont pas minces car le réchauffement est déjà à l’œuvre, comme en témoigne l’année qui s'achève. De fait, rien que pour le continent européen, 2014 sera l'année la plus chaude jamais enregistrée. Et, d’ores et déjà, si l’on en croit une récente étude du Mett Office, le service britannique de météorologie, le risque d’étés extrêmement chauds sur le vieux continent a été multiplié par 10 par rapport au début des années 2000.

Il faut donc s'habituer à des étés qualifiés par ces météorologues d' "extrêmement chauds" et à des précipitations "extrêmement abondantes". Et selon cette étude, la canicule de 2003 en France, en Italie, en Espagne et en Allemagne deviendra d'ici à 2040 « très banale ».

France, Allemagne, Italie aux premières loges

Les pays d'Europe centrale et méridionale – notamment la France, l'Allemagne et l'Italie – sont particulièrement concernés. Déjà, si on compare la moyenne des températures lors de la dernière décennie du XXème siècle et la première du XXIème siècle, la température moyenne a augmenté de 0,81°Celsius dans cette partie de l'Europe.

Un réchauffement bien plus important qu’il ne paraît. La Nasa a en effet mesuré l'écart des températures entre 1884 – année extrêmement froide – et 2011 – année particulièrement chaude. Au niveau mondial, cet écart ne dépasse pas 0,51°C !

Un catastrophisme excessif ?

Face à cette réalité inquiétante, certains parlent de catastrophisme. Il n’en demeure pas moins que le Centre national de recherche météorologiques regroupant notamment les meilleurs experts du CNRS et de Météo-France, estime que les travaux de leurs collègues britanniques sont "tout à fait cohérents" avec leurs propres évaluations. On note par ailleurs que les évaluations du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, prévoient également des vagues de chaleur en Europe "fréquentes et plus longues"

Mais pour tous les chercheurs, le problème n'est plus seulement de prévoir l'avenir.  Les scientifiques cherchent aussi à évaluer quelle est exactement, dans l'activité humaine, la part imputable au dioxyde de carbone, aux particules faisant écran au rejet de la chaleur, ou encore au méthane rejeté par les usines ou même par les vaches…

Le pire n’est pas (encore) certain

S'il est certain que les étés seront de plus chauds, la fournaise annoncée en cas d’inaction n'est pas inexorable. C'est la conclusion d'un récent rapport coordonné par le Français Jean Jouzel, membre du GIEC. Il faut pour cela stabiliser puis diminuer sérieusement les émissions de gaz à effet de serre. La hausse des températures estivales pourrait alors rester sous la barre de 2° Celsius en France et en Europe occidentale.         




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