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L’identité nationale de la République à la Nation

lundi, 12 janvier, 2015 - 14:17

Elle avait échappé aux débats stériles de naguère. Mais hier, avec le peuple en marche, l’identité française est réapparue. Evidente, quand elle n'est pas instrumentalisée, comme en 2010, à des fins politiciennes.

Qui se souvient du débat lancé en novembre 2009 par Eric Besson, ministre de l’immigration de Nicolas Sarkozy ? Un débat sur l’identité nationale finalement suspendu trois mois après, faute d’avoir produit la moindre avancée conceptuelle tangible.

11 janvier 2015 : Un million cinq cent mille citoyens arpentent le pavé de Paris pour dire non à la violence, au fanatisme, à l’intolérance, à l’antisémitisme. Ils sont dignes, calmes, souriants même. Ils ont les tempes grisonnantes des sexagénères, la barbe de trois jours des quarantenaires, les boucles d’oreille des jeunes adultes.

Foulard Hermès et gauloise

Des ados braillent, grimpés sur le toit des abribus, ici un jeune père porte son nouveau né en kangourou, là une femme à chignon et foulard Hermès rassemble ses trois bambins 2, 3 , 5 ans, derrière un type mâchonne sa gauloise, devant une mamie multiplie ses petits pas…

Boulevard des Filles du Calvaire, au balcon du troisième étage d’un bel immeuble en pierre blonde, une grande noire à boubou tient son boutchou qui crie d’une voie stridente "je suis Charlie, allez la France !". La foule applaudit, acclame. A 300 mètres de la Bastille, dix fourgons de CRS fendent la foule, les gens s’écartent, se retournent et c’est l’ovation.

Bon dieu, mais c’est bien sûr ! Elle est là, l’identité française, elle est dans ce peuple bigarré, tendre, râleur, rigolard, courageux, solidaire, moqueur, toujours prêt à invectiver le voisin et à lui donner une grande tape sur le dos quand ça va pas, maniant avec dextérité le second degré accoudé au comptoir, se fâchant pour de rire. Mais se révoltant quand il faut. Et ce peuple si particulier, ce n’est pas seulement Gérard, René ou Simone, c’est aussi Ahmed, Salomon, Toumane ou Zhijiang. Ceux-là, ils étaient là aussi hier, nombreux, heureux.

Sans les juifs de France…

La belle parole politique du week-end, c’est Manuel Valls : "sans les juifs de France, la France n’est plus la France". Et il aurait pu dire la même chose des musulmans, des arabes, des africains … Liberté, Egalité, Fraternité, c’est curieux comme des mots qui semblaient devenus dérisoires peuvent reprendre soudain toute leur magnifique et profonde dimension.

Qui a retenu qu’au même moment, dans la petite ville de Beaucaire, moins de mille personnes s’étaient réunies sous la bannière du Front National en l’honneur des « victimes du terrorisme islamiste ». « On est chez nous !» scandaient les militants alors que des manifestants d’origine maghrébine restaient à l’écart, dépités. Hier, jamais l’identité nationale n’a été moins portée par les soi-disant « identitaires », jamais la nation n’a été moins défendue par ces tristes nationalistes, jamais le peuple ne s’est moins reconnu dans ces sinistres populistes.


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