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Pollution automobile: Ségolène Royal prend exemple sur Berlin

mardi, 3 février, 2015 - 18:14

Le gouvernement va instaurer avant l'été un système de vignettes automobile. Par ailleurs, après Berlin, Stockholm et d'autres métropoles européennes, les cars et poids-lourds les plus polluants seront interdits à Paris et, par la suite, ce seront les voitures diesel. 

 

Chronique sur RFI - La pollution des villes 

 

Ségolène Royal vient d'annoncer le retour de la vignette sur les pare-brises de voitures. Elle ne sera plus uniquement verte, mais de différentes couleurs en fonction du niveau d'émissions polluantes des véhicules.

  • Une vignette rouge pour les vieux diesels, 
  • Orange pour les véhicules essence,
  • Verte pour les véhicules propres. 

Elles seront obligatoires d'ici l'été prochain. La ministre de l'écologie ne cache pas que les véhicules avec une vignettes rouge sont condamnés à plus ou moins brêve échéance. "Notre objectif est de faire disparaître tous les diesels datant d'avant 2005 non équipés de filtres à particules, a expliqué Ségoloène Royal. C'est une question de santé publique."

Cette décision conforte la détermination d'Anne Hidalgo de réduire la pollution automobile à Paris. Ses prédécesseurs à la mairie de Paris se sont contentés pendant des années de demi-mesures ponctuelles, comme le stationnement gratuit et la limitation de la vitesse, quand le seuil d'alerte à la pollution de l'air était atteint.

Preuve de l'inefficacité de cette politique, ces alertes à la pollution se multiplient dés qu'il fait trop chaud ou trop froid sans un souffle de vent et les pneumologues ne peuvent que constater l'évidence : de plus en plus de Parisiens, notamment les enfants, souffrent de difficultés respiratoires.

Il n'y a donc plus de temps à perdre estime Anne Hidalgo. Dès juillet prochain, les poids lourds de plus de 14 ans ne pourront plus circuler dans Paris de 8h à 20h. Et dans un an, en juillet 2016, ce sont tous les véhicules les plus polluants, essence ou diesel, voitures, camions ou motos, qui seront interdit de circulation dans Paris intramuros.
Le modèle suédois

Cela va-t-il permettre une amélioration de la qualité de l'air? C'est probable. L'exemple de Berlin est édifiant. La capitale allemande a instauré depuis cinq ans une "zone à basse émission" dans son centre-ville. A l'intérieur de ce périmètre, seuls peuvent circuler les véhicules ayant une vignette verte prouvant qu'ils émettent un minimum de gaz polluants.

Cela a été efficace. Les gaz nocifs ont été réduites de moitié et Berlin est aujourd'hui la capitale européenne la moins polluée. Il est vrai que les fraudeurs sont rares. Tous les véhicules non habilités à circuler pris sur le fait écopent d'une amende de 40 euros et le conducteur perd un point sur son permis.

Berlin comme d'autres villes allemandes et Paris aujourd'hui, n'ont fait que reprendre un système d'interdiction des véhicules les plus polluants mis en place à Stockholm et dans les principales villes de Suède. Avec toujours un résultat probant sur la qualité de l'air. C'est donc, sans nul doute, la solution la plus efficace et la plus immédiate pour limiter la pollution.

Pas de tri sélectif avec le péage

D'autres capitales ont, elles, tenté  de réduire, et donc de fluidifier le trafic, en limitant le nombre de véhicules pouvant circuler. Ceci sans prendre en compte leur âge et donc le niveau de gaz nocifs qu'ils émettent.

Mais pour réduire le nombre de véhicules, il n'y que deux solutions crédibles: le péage à l'entrée de la ville ou la circulation alternée.

Londres a été la première capitale à instaurer un péage. Depuis 2003, pour pouvoir circuler de 7 heures et 18 heures du lundi au vendredi dans le centre de la capitale britannique, il faut s'acquitter d'un péage de 8 euros par jour. C'est gratuit uniquement pour les résidents dans  le centre et les utilisateurs de voitures électriques ou à très faible émission. Cela a effectivement décongestionné le centre de la ville.

Avec 70.000 voitures dans la zone payante chaque jour en moins, la circulation y est plus fluide.

Mais pour la qualité de l'air, c'est très décevant car cette zone payante ne concerne que 3,5% de la circulation du Grand Londres. De plus les voitures essence individuelles dans le centre-ville ont cédé la place à des taxis et des bus diesel plus nombreux qui crachent leurs particules cancérigènes.

En Italie, un péage urbain a été mis en place en janvier 2012 dans la capitale économique du pays. Tous les jours sauf le week-end, de 7 h 30 à 19 h 30, les automobilistes doivent payer 5 euros pour entrer dans la ville. Seuls les deux-roues et les voitures électriques en sont exemptés.

La circulation alternée fausse bonne solution

Par ailleurs, la circulation alternée des véhicules ayant une immatriculation paire puis impaire s'est généralisée depuis longtemps dans la plupart des grandes villes italiennes lors des pics de pollution. C'est le cas à Rome, mais c'est totalement inefficace. La capitale italienne enregistre régulièrement des taux record de pollution en Europe. Et depuis l'année dernière, la mairie de la cité éternelle a été contrainte d'instaurer des dimanches «écologiques » où le trafic est pratiquement interdit dans le centre historique.

Cela reste assez symbolique, mais c'est toujours mieux que de ne rien faire comme à Bruxelles, où l'on se contente quand la ville est au bord de l'asphyxie généralisée, la gratuité des transports en commun et à réduire la vitesse à 50km/h, au lieu de 70.

La crise sauve Athènes de l'asphyxie

Quant à Athènes qui était hier la championne toutes catégories de la pollution avec son tristement célèbre "néfos", un nuage de couleur jaunâtre plombant la ville, mélange nocif d'oxydes d'azote, de CO2 et de micro particules. La conduite alternée mise en place dés 1982 avait amélioré un peu la situation surtout depuis que les infractions sont passibles d'une amende de plus de 300 € avec la suspension du permis de conduire ! Mais le meilleur remède à la pollution a été la récession économique. La réduction de l'activité et de la circulation et du chauffage dans les appartements ont eu raison du "néfos". Un souci de moins pour Alexis Tsipras, qui doit secrètement rêver d'un retour de ce nuage toxique. Ce serait la preuve d'une croissance économique retrouvée…


Article publié le 2 février actualisé le 3 février avec les nouvelles mesures gouvernementales.




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