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Le bio fait recette en Europe

mardi, 3 mars, 2015 - 16:01

Les produits bio s'imposent dans les assiettes. Les magasins spécialisés se multiplient et même les grandes surfaces ont leurs rayons labellisés "AB". Mais si les Allemands comme les Français mangent de plus en plus bio, ce n'est pas le cas de tous les Européens.

 

Chronique sur RFI - Le bio 

 

Ce n'est plus une simple mode. Selon le dernier baromètre sur le bio réalisé en janvier par l'institut CSA, 88% des personnes interrogées affirment consommer au moins occasionnellement des produits issus de l'agriculture biologique et 62% régulièrement. Quant aux agriculteurs, ils ont mis longtemps à comprendre que le bio n'était pas une lubie écolo. Mais aujourd'hui cultiver bio n'est plus une idée farfelue de citadins, même si la majorité des exploitants agricoles restent encore accros aux pesticides et engrais chimiques.

La France a ainsi dépassé l'Allemagne pour la surface cultivée en bio. Elle est désormais troisième, derrière l'Espagne et l'Italie. Alors, certes, avec 1,1 millions d'hectares les cultures bio c'est encore moins de 4% de la surface cultivée, mais elle a été multipliée par 10 en 20 ans et a doublé en 5 ans, de 2007 à 2012.

Mais cela ne suffit pas pour faire face à la demande grandissante, et en France, comme dans la plupart des pays européens, on importe une bonne part des produits bio. Cela conduit à des  aberrations écologiques, notamment en hiver avec l'importation de denrées exotiques ou de fruits des antipodes au mépris de l'indice carbone pour leur transport le plus souvent en avion.

L'Autriche et l'Espagne en tête

Globalement, pour l'ensemble des pays de l'Union européenne, prés de 10 millions d'hectares sont en cultures bio. Cela représente 5,5% des surfaces cultivées. Mais cette moyenne cache de fortes disparités.

Le pays champion de l'agriculture bio reste, de loin, l'Autriche avec 20% des surfaces cultivées. Il est suivi par la Suède et l'Estonie qui font jeu égal avec 16% de cultures bio.

Ce dernier pays a connu une véritable explosion du bio ces dernières années ainsi que d’autres pays d’Europe centrale et orientale comme la République tchèque, la Lettonie et la Slovaquie, qui ont tous les trois dépassés en quelques années les 10% de cultures bio.

Mais du fait de leurs superficies cultivables relativement limitées et de leurs climats, la production agricole de ces pays ne pèse pas très lourd comparée à celle des poids lourds de l'agriculture européenne que sont la France, l'Espagne, l'Allemagne ou l'Italie.

L'Espagne cultive ainsi la plus grande surface en bio d'Europe avec 1,6 million d'hectares, devant l'Italie avec 1,2 million d'hectares.

Les Irlandais ne sont pas très verts

A l'inverse un pays comme l'Irlande, qui vante pourtant sur ses brochures touristiques ses paysages verdoyants et sa nature préservée, reste accro aux produits phytosanitaires et autres engrais chimiques. Seules 1.400 exploitations agricoles irlandaises se sont converties au bio et cela représente moins de 1,5% des surfaces cultivées. Notre voisin britannique n'est pas non plus un grand adepte de l'agriculture écologique. Il n'y consacre que 3 % de ses terres cultivées. Mais les derniers de la classe sont les agriculteurs bulgares qui sont moins de 1% à produire bio.

Les trois-quarts des produits bios sont transformés principalement à partir des fruits et légumes, des céréales et du lait. C'est une industrie agro-alimentaire florissante implantée pour l'essentiel en Allemagne, en France et en Italie.

En termes de chiffre d’affaires, l’industrie allemande du bio est leader en Europe avec un marché qui a plus que triplé en 12 ans et dépasse les 7,5 milliards d'euros. Même les supermarchés discounts vendent outre-Rhin de plus en plus de produits labellisés bio, les Allemands étant, avec les Autrichiens, les plus convaincus des effets bénéfiques du bio pour la santé..

Mais, à l'inverse, le bio, n'enthousiasme pas vraiment les britanniques ! Le marché est même en repli ces dernières années. D’ailleurs, quand on les interroge sur les avantages du bio, nos voisins pensent moins à leur santé qu’à la protection de l'environnement et au bien-être animal…




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