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Les emplois verts en panne d’énergie

mardi, 2 juin, 2015 - 16:29

Les énergies renouvelables sont un important gisement d'emplois, en forte augmentation partout dans le monde sauf en Europe.

 

Chronique sur RFI - Les emplois verts 

 

Les énergies vertes, que ce soit l'éolien, les biocarburants, le solaire, la biomasse, l'hydroélectricité et l'hydrolien, ont besoin de ressources naturelles, mais aussi de ressources humaines dans la recherche, l'industrie et la maintenance. L'IRENA, l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, vient ainsi de calculer que 7,7 millions de personnes dans le monde travaillent dans ce secteur. C’est encore peu à cette échelle mondiale, mais ce développement est extrêmement rapide. Rien que sur les deux années 2013 et 2014, 1,65 million d'emplois ont été créés. Une augmentation de 18%.

L'énergie solaire est l'énergie verte la plus génératrice d'emplois. Elle donne du travail à 2,5 millions de personnes. Viennent ensuite les biocarburants avec 1,8 millions d'emplois et les centrales hydroélectriques avec 1,5 million, l'éolien avec 1 million. Suivent la biomasse, la géothermie, le biogaz et l'énergie hydraulique générée par la mer.

La Chine pollueur et employeur

La Chine, premier pollueur mondial est aussi le premier employeur dans le secteur des énergies renouvelables, avec 3,4 millions d'emplois. Un paradoxe qui s'explique par le fait que 70% des panneaux solaires produits dans le monde sont d'origine chinoise. Cette fabrication n’a donc en soi rien de vert, mais la Chine exporte des capteurs photovoltaïques qui permettront de réduire la pollution ailleurs.

Après la Chine, il y a le Brésil. C'est le deuxième plus gros employeur dans les énergies renouvelables avec 934.000 emplois, grâce aux biocarburants. Le géant latino américain est le premier exportateur au monde de ce pétrole qualifié de « vert » mais issu en réalité d’une monoculture intensive.

Les Etats-Unis sont sur la troisième marche du podium de l'emploi dans les énergies renouvelables, avec plus de 720.000 emplois en 2014 , en hausse de 16% par rapport à l'année précédente.

Dans cette course à l'emploi vert, l'Europe est la seule à avoir enregistré en 2014 un repli de 4% sur un total de 1,2 millions d'emplois dans les énergies renouvelables. La chute a été particulièrement importante dans le photovoltaïque. Ce repli s'explique par la levée des mesures protectionnistes en Allemagne sur les panneaux solaires chinois. Cela a engendré l’an dernier de nombreuses faillites de fabricants de panneaux solaires outre-Rhin et des suppressions de nombreux  postes de production souvent peu qualifiés.

Pénurie de compétences

Dans le même temps, des milliers d'emplois n'auraient pas été pourvus en 2014 du fait de la difficulté de trouver les compétences souvent très pointues requises pour développer les énergies renouvelables.

Malgré tout, près de 380 000 personnes exercent leur métier dans le domaine des énergies renouvelables, soit plus du double qu’en France. Viennent ensuite le Royaume-Uni, l'Italie, puis l'Espagne. Au total ces quatre pays mobilisent 70% de ces emplois verts en Europe.

Avec 176.000 personnes, la France fait partie du "top ten mondial ", mais l'emploi dans ce secteur stagne depuis 2013. Et l'IRENA ne prévoit aucune amélioration pour l'année à venir du fait d'investissements insuffisant et des multiples blocages administratifs, pour l'éolien notamment.

L'effondrement des prix des quotas carbone ont été un autre frein majeur. Ce système d’échange de droits à polluer entre les entreprises les plus polluantes créé il y a dix ans (protocole de Kyoto) pour atteindre les objectifs internationaux de réduction des gaz à effet de serre. Mais le système s'est enrayé du fait des excès d’allocations de ces droits. Cela a tellement fait chuter les prix que les usines et entreprises préfèrent souvent payer ces droits plutôt que de réduire leurs émissions. Bruxelles a, certes, décidé de réduire progressivement les quotas de droits, mais plusieurs pays comme la France et l'Allemagne souhaitent aller plus vite, étant convaincus que cela freine les énergies renouvelables et l'emploi. A l'inverse, d'autres pays comme la Pologne jouent la montre.

Courant marin électrique

Mais l'emploi dépendra demain également de nouvelles sources d'énergies renouvelables aujourd'hui encore en devenir.
La France mise ainsi notamment sur l'hydrolien qui utilise l'énergie renouvelable et prédicable des courants marins liés aux marées. Depuis la construction dans les années 60 de l'usine marémotrice de la Rance, près de Dinard, cette technologie a fait d'énormes progrès. Et la France occupe une position unique puisqu’elle dispose de deux gisements énergétique hydroliens parmi les plus importants d'Europe situés à l'ouest de la pointe du Cotentin et près de l’île d’Ouessant. Avec potentiellement de nombreux emplois à la clé…




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