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Investissements chinois : la ruée vers l’Europe

mercredi, 15 juin, 2016 - 14:17

Les investissements chinois en Europe ont atteint 23 milliards de dollars en 2015. Un appétit qui ne se dément pas, les entreprises européennes constituant des investiments peu risqués.

Vu de Chine, la vieille Europe serait-elle un nouvel eldorado ? C'est, en tout cas, l'impression que donne la récente vague de rachats d'entreprises européennes par les investisseurs chinois. Tous les secteurs sont convoités : robotique, automobile, et même clubs de football. Face à cet appétit, l'Europe oscille entre bienveillance et méfiance.

« Je ne suis pas disposé à sacrifier des emplois et des entreprises sur l'autel de marchés européens ouverts », s'est écrié le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, peu avant la visite d'Angela Merkel en Chine, à propos du rachat du fabricant allemand de robots Kuba par un groupe chinois. La position allemande reflète toute l'ambiguité des autorités européennes face à la voracité chinoise. Si l'intervention des investisseurs chinois a été bien accueillie pour sauver le constructeur PSA, en 2014, la France s'est, par la voix de François Hollande, récemment opposée à la montée du groupe Jin Jiang au capital d'AccorHotels : « je suis très attentif à ce que le capital de ce grand groupe à taille mondiale reste diversifié », a déclaré le président français. De même, la méfiance était de mise en Italie quand le groupe chinois Suning a racheté, la semaine dernière, le club de l'Inter de Milan, ou encore lorsque le conglomérat Cosco s'est porté acquéreur de 67% du Port du Pirée, au plus fort de la crise grecque.

Une Europe attractive

Alors que la Chine peut compter sur d'immenses réserves de change en dollars, l'Europe représente une terre d'investissement peu risquée, malgré les faibles rendements attendus. A contrario, les investisseurs chinois se détournent progressivement des pays émergents, dont la croissance déçoit aujourd'hui.

Le phénomène n'en est qu'à ses débuts, selon de nombreux analystes. La réaction des pouvoirs publics européens semble se façonner au cas par cas. Ainsi, si la France avait combattu le rachat de la branche énergie d'Alstom par l'Américain General Electric (GE), il y a deux ans, les officiels français s'étaient déplacés en personne en Chine pour convaincre Dongfeng d'investir dans PSA. Une opération qui avait le mérite, il est vrai, d'ouvrir le marché chinois, le plus dynamique du monde, au constructeur automobile.




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