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Après le Brexit, l’anglais menacé ?

dimanche, 26 juin, 2016 - 12:47

A la faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), l'anglais pourrait perdre son statut de langue officielle des institutions de Bruxelles. Mais la langue anglaise dispose de solides atouts pour continuer à régir les travaux des eurocrates.

Si les Britanniques vont bien quitter l'UE, qu'en sera-t-il de l'anglais ? Actuellement, les institutions européennes disposent de 24 langues officielles, dans lesquelles sont systématiquement traduits l'ensemble des textes juridiques de l'UE. Le Parlement européen, par exemple, pratique le « multilinguisme intégral ». Pour devenir une langue officielle européenne, une langue doit d'abord être officielle au sein d'un Etat membre. Ce dernier doit ensuite demander que sa langue soit inscrite au registre européen. Or le Royaume-Uni est le seul pays européen à avoir inscrit l'anglais, même si celui-ci est parlé dans d'autres pays, comme l'Irlande ou Malte. Mais ces derniers ont choisi d'inscrire d'autres langues officielles que l'anglais, en l’occurrence le gaélique et le maltais.

Plusieurs responsables politiques français ont ainsi, depuis l'annonce de la victoire du Brexit, demandé à ce que l'anglais disparaisse du registre des langues officielles de l'UE. Le maire de Béziers, Robert Ménard, a ainsi déclaré que « l'anglais n'avait plus aucune légitimité à Bruxelles ». A l'autre bout du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon a déclaré, pour sa part, que « l'anglais ne peut plus être la troisième langue du Parlement européen ». Si l'eurodéputé se trompe d'institution – il ne s'agit pas du Parlement européen, ou le multilinguisme intégral est de règle, mais de la Commission européenne –, il met le doigt sur une réalité : avec le français et l'allemand, l'anglais est bien l'une des trois langues de travail originelle des commissaires.

L'anglais menacé par le français ?

Si la règle est claire, la disparition de l'anglais comme langue de travail à Bruxelles ne semble pas pour demain. De fait, la langue anglaise dispose d'une quasi-hégémonie parmi les décideurs européens. Présente sur tous les sites internet officiels européens, elle est aussi utilisée comme langue de travail pour la discussion et le vote de la plupart des textes. De plus, la Commission européenne a publié, en 2012, un rapport selon lequel près de quatre Européens sur dix, originaires de pays non-anglophones, parlaient l'anglais, en faisant de fait la langue la plus parlée au sein de l'UE. Même s'ils seront désormais les seules langues officielles de la Commission, le français et l'allemand ont donc peu de chances de supplanter, à court terme, l'usage d'un « euroglobish » qui s'est peu à peu imposé dans toutes les arcanes du pouvoir bruxellois.

 

 

 




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