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Bientôt des « ambassades de données » estoniennes ?

dimanche, 7 août, 2016 - 11:56

Très en avance sur la numérisation et le Cloud, l'Estonie veut protéger ses trésors de données d'attaques extérieures. Quitte à enfermer ses data dans des coffres à l'étranger.

Les autorités estoniennes réfléchissent à la création « d'ambassades de données » pour contrer les cyberattaques venues d'un autre Etat. Une ambassade de donnée ? Il s'agit de trouver des datacenters sécurisés, disposant d'espace et de matériel aptes à stocker et sauvegarder les données nationales. En appliquant les mêmes règles qui prévalent dans les ambassades diplomatiques, dont l'extraterritorialité, les données estoniennes devraient pouvoir être stockées en toute sécurité.

Après avoir approché le Royaume-Uni, le pays balte a dû renoncer : le Brexit est passé par là, et il n'est plus certain que les Britanniques respectent les règles européennes en matière de protection des données. Les pourparlers seraient donc, désormais, en cours avec le Luxembourg. Il ne s'agirait que d'une première étape, le gouvernement estonien prévoyant d'ouvrir plusieurs de ces ambassades de données, afin que la défaillance ou l'attaque de l'une d'entre elles soit rattrapée par les autres. L'Allemagne, les Pays-Bas, le Canada ou encore l'Australie auraient été approchés.

L'Estonie, une des sociétés les plus numérisées au monde

L'Estonie est très en avance sur les nouvelles technologies, et particulièrement en matière de dématérialisation des démarches administratives. Vote aux élections, paiement en ligne des impôts, système d'identification des citoyens, registre du commerce, identifiants mobile… Tout passe sur Internet, même la possibilité d'être « e-citoyen ».

Une avance numérique qui peut se révéler une faiblesse. Ainsi, en 2007, une série de cyberattaques a touché le pays. Selon le New York Times, l'attaque, attribuée à la Russie voisine, « a failli mettre à bas l'infrastructure du pays ». Alors que le Kremlin montre sa force en annexant la Crimée, l'Estonie veut mettre toutes les précautions de son côté. Dans le cas d'une hypothétique « invasion » russe, les données stratégiques du pays seraient ainsi sauvegardée en dehors du pays, permettant à un gouvernement en exil de garder la main sur ce trésor numérique.




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