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La Suède expérimente la semaine de 30 heures

mardi, 9 août, 2016 - 06:37

Si la semaine de 30 heures n'est encore généralisable en Suède, certaines expérimentations locales démontrent les bénéfices sur la qualité du travail et la productivité des salariés.

Si la France s'interroge sur la sortie éventuelle des 35 heures, et qu'elle vient, avec la loi el-Khomri, de libéraliser encore davantage le marché du travail, tous les pays d'Europe ne suivent pas cette voie. C'est le cas, notamment, de la Suède, où la semaine de 30 heures est expérimentée localement. Dans ce pays, les expériences de réduction du temps de travail (RTT) sont légion depuis deux décennies. Elles concernent les salariés du public comme du privé.

Ainsi, la maison de retraite de Svartedalen, à Göteborg, les personnels et aides soignantes déclarent un sentiment de bien-être supérieur de 20% à ceux de leurs collègues travaillant 40 heures au sein d'autres établissement. Non seulement la santé des salarié s'améliore-t-elle, mais la commune, qui gère l'établissement, y trouve aussi son compte, puisque l’absentéisme s'est effondré. Autre exemple similaire à Stockholm, au sein des urgences de l'hôpital Karolinska-Huddingue, où infirmiers et aides soignantes peuvent désormais travailler 32 heures au lieu de 38, et ce sans perdre de salaire. Baisser la charge de travail des personnels soignants a permis de recruter vingt infirmières supplémentaires et de faire baisser le rythme de travail.

Le privé est lui aussi concerné

Ces expérimentation de RTT ne concernent pas que le secteur public. Ainsi d'un garage Toyota, près de Göteborg qui, dès 2002, a raccourci la journée de travail afin de mettre sur pied deux équipes, permettant de servir plus de clients tout en augmentant son chiffre d'affaires.

La Suède n'est pourtant pas l'eldorado pour ceux qui souhaitent travailler moins. Ces aménagements ont un coût, en grande partie supporté par les employeurs qui les adoptent. Une généralisation des 30 heures par semaine n'est donc pas à l'ordre du jour. « Il n'y a pas assez d'argent pour financer une telle réforme, selon l'économiste Klas Eklund. L'exemple des 35 heures en France montre qu'il est difficile de travailler moins en restant compétitif dans la mondialisation ». Après les Français et les Finlandais, les Suédois sont, en effet, les Européens qui travaillent déjà le moins.




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