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L’UE apporte un soutien financier à la Force mixte multinationale d’Idriss Déby

jeudi, 11 août, 2016 - 17:42

Préoccupée par la multiplication des attaques terroristes, l’Union européenne a promis de verser 50 millions d’euros pour aider la nouvelle Force mixte multinationale qui combat Boko Haram dans le Sahel. Une bonne nouvelle pour ldriss Déby, président du Tchad et de l’Union africaine, qui œuvre depuis plusieurs années pour lutter contre le groupe islamiste dans le bassin du lac Tchad.

Officiellement lancée le 23 mai à N’Djamena, la nouvelle Force mixte multinationale (FMM) a reçu un soutien financier de poids avec l’annonce, le 1er août, du versement de près de 50 millions d’euros pour intensifier la lutte contre Boko Haram. Constituée de 8 000 à 9 000 soldats du Tchad, du Nigéria, du Niger, du Cameroun et du Bénin, cette coalition armée est née de la volonté de l’Union africaine de mettre fin aux ravages causés par le groupe islamiste dans la zone du bassin du lac Tchad.

L’aide européenne permettra de « renforcer la coordination régionale de la riposte » contre l’ennemi terroriste, notamment en fournissant « des moyens de transport et de communication au siège de la force » situé dans la capitale tchadienne, selon le communiqué conjoint de l’Union européenne et de l’Union africaine diffusé suite à la signature de l’accord à Addis-Abeba (Ethiopie). Bruxelles entend ainsi contribuer « au rétablissement d’un environnement sûr et sécurisé pour les populations civiles des zones touchées par l’insurrection de Boko Haram », avec en tête les répercussions que peuvent avoir ces attaques sur la stabilité du reste du monde.

L’action répressive et préventive d’Idriss Déby contre Boko Haram

Le 3 juin, les hommes de Boko Haram ont assiégé la ville de Bosso, au Niger, où près de 50 000 personnes ont dû prendre la fuite pour éviter les combats. Le 29 juin, le nord du Cameroun a à son tour été touché par un attentat-suicide, qui a fait au moins 11 victimes à Djakana, près de la frontière nigériane. Depuis 2009, le Nigéria dénombre plus de 17 000 morts et 2,5 millions de personnes déplacées suite aux nombreuses exactions du groupe terroriste. Cette escalade de violences dans la région lac Tchad a poussé Idriss Déby, réélu à la présidence du Tchad le 22 avril, à réagir dès janvier 2013 en envoyant ses troupes hors des frontières nationales pour venir en aide aux armées du Mali, puis de Centrafrique en 2014 et du Nigéria, du Cameroun et du Niger en 2015. C’est ainsi que N’Djamena est devenu le quartier général de la lutte contre Boko Haram au Sahel, l’état-major français de l’opération Barkhane y ayant également posé ses valises.

Pour le président tchadien, nommé pour un an à la tête de l’Union africaine fin janvier, la lutte contre le groupe islamiste est une priorité depuis plus de trois ans, qui lui vaut le surnom de « gendarme du Sahel ». Grâce aux efforts de l’armée tchadienne et de la coalition régionale armée créée à son initiative, devenue aujourd’hui la FMM, les combattants de Boko Haram avaient cessé leur progression et été contraints de se retrancher dans quelques zones isolées du lac Tchad. Pour compléter le travail de répression, Idriss Déby avait également œuvré auprès de la population tchadienne afin de prévenir l’influence terroriste sur les personnes vulnérables. « Boko Haram va disparaître », avait-il déclaré en août 2015, devenant dès lors la nouvelle cible des menaces dans les messages diffusés par l’organisation islamiste. Devant la résistance de l’ennemi, l’aide financière de l’Union européenne vient à point et devrait donner plus d’impact aux actions de la FMM.




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