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Déclin des abeilles : le Nord de l’Europe particulièrement touché

mercredi, 31 août, 2016 - 06:19

Une étude européenne compare les taux de mortalité des abeilles dans 17 Etats-membres. Le rapport fait étrangement l'impasse sur la question des pesticides, alors que ceux-ci causent la mort de centaines de milliers de colonies chaque année.  

Les abeilles sont des insectes pollinisateurs, indispensables à la vie de 84% des espèces végétales cultivées en Europe. L'étude « Epilobee », présentée en avril à Bruxelles, analyse les taux de mortalités des abeilles, observés au sein de 17 Etats-membres de l'Union européenne (UE). Le premier constat est que le déclin des abeilles est beaucoup plus fort dans le nord que dans le sud de l'Europe. Ainsi, c'est en Belgique que les abeilles sont les plus touchées, avec un taux de mortalité qui s'élève à 42,5%. Le Royaume-Uni (38,5%), la Suède (31,1%), la Finlande (29,8%) et la France (27,7%) sont les autres pays européens où la mortalité des abeilles est la plus forte.

Les pays du pourtour méditerranéen semblent davantage épargnés par le phénomène. La mortalité de ces insectes n'est que de 7,6% en Italie, de 9,1% en Grèce et de 16,3% en Espagne. En France, la production de miel s'est effondrée depuis plusieurs années, passant de 30 000 tonnes il y a 20 ans à 15 000 tonnes en 2015. Une conséquence logique du fait que notre pays est celui qui détient le triste record de mortalité en cours de saison apicole : 13,6%, alors qu'il s'établit à moins de 10% dans tous les autres pays observés.

Un rapport silencieux sur les pesticides

Financé par l'UE et piloté par l'Agence de sécurité sanitaire française (Anses), ce rapport aura coûté la bagatelle de 3 millions d'euros. Mais chose étrange, jamais le mot « pesticide » n'est employé au cours des quelque 30 pages du rapport, qui se concentrent sur les agents pathogènes et les parasites qui attaquent les abeilles.

Un parti-pris qui interroge la communauté scientifique et révulse les associations de défense de l'environnement. Une pétition, lancée par l'Union des apiculteurs français (Unaf), la Fondation Hulot ou encore Greenpeace, et qui demande l'interdiction des « néonicotinoïdes », ces insecticides très nocifs pour les abeilles, a été remise à la ministre Ségolène Royal. Ces pesticides neurotoxiques seraient responsables de la mort de 300 000 colonies d'abeilles chaque année en France.  


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