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En Espagne, les anti-corridas marquent des points

mercredi, 14 septembre, 2016 - 15:22

Alors que le spectacle de tauromachie le plus controversé du pays a été, de fait, interdit, des milliers d'Espagnols sont descendus dans les rues de Madrid pour demander l'interdiction des corridas.

Ils étaient plusieurs milliers à battre le pavé madrilène, samedi 10 septembre, pour crier leur opposition aux corridas et diverses fêtes taurines dont l'Espagne s'est fait une spécialité. Brandissant des pancartes « Si toréer est un art, le cannibalisme est de la gastronomie », « Corrida, honte nationale » ou encore « Toréer, école de cruauté », les manifestants ont répondu à l'appel du Parti contre la maltraitance animale (Pacma), dont les membres appelaient à « en finir avec tous les spectacles taurins et festivités sanglantes ».

Créé en 2003, Pacma fait de plus en plus d'émules à travers l'Espagne. Lors des élections législatives de juin 2016, la formation a réussi l'exploit de rassembler plus de 280 000 voix, en faisant de la lutte contre la corrida, mais aussi contre tous les spectacles cruels envers les animaux, son principal slogan. De nombreuses fêtes traditionnelles espagnoles continuent encore, en effet, de proposer des spectacles dégradants, comme celui qui consiste à enfoncer des boules enflammées sur les cornes des taureaux. Le mouvement Pacma surfe aussi sur la désafection croissante des Espagnols pour ces spectacles : ils ne seraient plus que 19% à appuyer ces pratiques, contre 30% il y a trois ans. Les jeunes de 16 à 24 ans sont les plus opposés à ces traditions : plus de huit sur dix (84%) considèrent en effet qu'ils sont « peu » ou « pas du tout » fiers d'appartenir à un pays qui élève les corridas au rang de tradition culturelle.

Une victoire symbolique lors du « Toro de la Vega »

Les manifestants de samedi avaient le sourire. Sous la pression populaire, l'une des fêtes les plus controversées du pays, la journée « Toro de la Vega », qui se déroulait lundi au sein du village castillan de Tordesillas, a été profondément remaniée. Au lieu de finir sa vie sous les coups des lances jetées par des cavaliers, le taureau poursuivi a pu quitter la fête sain et sauf. La région de Castille-et-Léon a même annoncé, au printemps, « l'interdiction de la mise à mort de taureaux en public lors de fêtes taurines populaires et traditionnelles », emboitant le pas à la Catalogne, qui avait déjà interdit la corrida en 2012.

Malgré ces avancées, le quotidien El Pais dénombrait toujours, en 2015, quelque 1 736 corridas et fêtes taurines dans le pays. 132 avaient alors disparu depuis l'année précédente.




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