Connexion

Syndicate content

L’absence de compromis de l’OMS dessert-elle la lutte anti-tabac ?

lundi, 19 septembre, 2016 - 16:41

L’OMS préconise des mesures plus répressives à l’encontre des produits alternatifs à la cigarette traditionnelle. Une politique qui pose question.

Dans le domaine médical comme dans beaucoup d’autres secteurs, la question du bénéfice d’un produit par rapport aux risques qu’il présente se pose tous les jours. Quand ses avantages dépassent de loin ses éventuels dommages collatéraux, le bon sens voudrait qu’on valide le choix, surtout quand il apporte une amélioration au quotidien. À l’image de nombreux médicaments comme le Statin, qui limite considérablement les cas d’AVC chez les personnes présentant des prédispositions aux problèmes cardiovasculaires, les produits alternatifs à la cigarette traditionnelle comme les appareils de vapotage et autres produits du tabac sans combustion constituent autant de moyens efficaces pour limiter les risques liés au tabagisme. Mais en dépit des preuves scientifiques qui s’accumulent, l’OMS continue de les combattre, convaincue qu’aucun compromis ne peut être trouvé en matière de santé publique.
 

Le combat idéologique de l’OMS contre le concept de réduction des risques

 
Le dernier rapport de l’OMS sur les substituts nicotiniques ne plaide en effet aucunement en faveur de l’autorisation des produits qui constituent une alternative à la cigarette conventionnelle dans les pays où ceux-ci sont interdits. Au contraire, l’OMS demande d’introduire les mêmes régulations pour les e-cigarettes et inhalateurs de tabac que celles qui s’appliquent aux cigarettes traditionnelles. L’agence genevoise base ses préconisations sur une étude concluant que le vapotage est aussi mauvais pour le cœur que la cigarette. Or, l’expérience de référence n’aurait pas été réalisée dans des conditions scientifiquement valides, puisqu’elle prend en compte 5 minutes pour la cigarette et 30 minutes pour le vapotage, dénonce un article publié dans The Times le 12 septembre 2016.
 
Plus surprenant encore, la directrice générale de l’OMS, Margareth Chan, préconise l’interdiction pure et simple des substituts nicotiniques et l’OMS affirme vouloir bannir la publicité pour les appareils de vapotage ainsi que leur possession par les mineurs. Pourtant, dans les pays où le vapotage est autorisé, le taux d’initiation à la cigarette a chuté plus vite qu’ailleurs, rappelle un communiqué de Reason Foundation, un think tank américain qui s’est penché sur les contradictions entre l’opposition de l’OMS aux politiques de réduction des risques et son but premier consistant à promouvoir la réduction du tabagisme dans le monde. 
 

Un manque de transparence qui pose question

 
Dans un rapport publié récemment, le thinktank craint qu’en régulant les produits de vapotage, plus de personnes se tournent finalement vers le tabagisme et s’interroge sur les motivations de l’OMS. A l’approche de la prochaine Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (COP7) du 7 au 12 novembre à New Delhi, l’OMS a émis des recommandations montrant qu’elle « a opéré en secret pour limiter l’accès à de nouvelles technologies qui ont permis à des millions de personnes d’arrêter de fumer », indique le rapport du think thank. Malgré la forte demande des fumeurs pour des alternatives favorisant la réduction des risques, le secrétariat de la FCTC aurait ainsi exclu la communauté du vapotage (consommateurs, vendeurs et fabricants) des réunions de l’ONU. 
 
« L’opposition de l’OMS à la réduction des méfaits du tabac est malhonnête et menace la santé publique », estime Julian Morris, qui dénonce le manque de transparence de la FCTC. Ses dirigeants auraient mis dehors tous les journalistes lors des deux précédentes conventions, qui n’ont accueilli que 20 ONG pour observer les débats. En comparaison, la dernière conférence sur le climat (COP21) en dénombrait plus de 2 000… « Même Interpol s’est vu refuser le statut d’observateur malgré son expertise dans la lutte contre le commerce illicite de tabac », souligne l’expert. Ces pratiques font tristement écho au fonctionnement opaque de l’OMS, mis en lumière dans un audit réalisé en 2015 par l'ONU. Ses résultats avaient révélé une hausse de 66 % de demandes d'investigation pour des méfaits par rapport à 2014, ainsi qu’une augmentation des cas de fraudes de 166 % en 2015.
 



Pays
Processing...
Thank you! Your subscription has been confirmed. You'll hear from us soon.
Inscrivez-vous pour recevoir directement nos articles par mail.
ErrorHere