Connexion

Syndicate content

L’Eurogroupe s’acharne sur la Grèce

jeudi, 15 décembre, 2016 - 18:19

Alors que le gouvernement d'Alexis Tsipras vient de décider de mesures sociales, destinées à améliorer le quotidien des Grecs les plus démunis, l'Eurogroupe ne l'entend pas de cette oreille. Et suspend l'allègement de la dette d'Athènes.

Une punition. Quelques jours seulement après que le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a décidé de remonter le niveau des petites retraites et de reporter la hausse de la TVA sur certaines îles de la mer Egée, une partie des dirigeants de l'Eurogroupe – la réunion des ministres des Finances de la zone euro – a répliqué. Les mesures d'allègement de la dette grecque, validées lors d'une réunion, tenue le 5 décembredernier, sont donc suspendues.

Dans le détail, le gouvernement grec a décidé de rétablir le versement d'un 13e versement annuel en faveur des petites retraites. Une dépense supplémentaire de 600 millions d'euros, qui représentera un bonus compris entre 300 et 830 euros par an, en faveur des 1,6 millions de retraités grecs qui perçoivent moins de 850 euros par mois.

L'autre mesure concerne le report de la hausse de la TVA pour les îles grecques les plus proches de la Turquie, celles où stationnent quelque 16 000 migrants, et ce « tant que dure la crise des réfugiés ».

Bras de fer

Alexis Tsipras avait pourtant la latitude financière pour accorder ces mesures. Une fois remboursée la charge de la dette, l'excédent primaire d'Athènes pour l'année 2016 est de 1,1% du PIB, bien au dessus des 0,75% fixés comme objectif par ses créanciers européens.

Une partie des ministres européens des Finances, emmenée par l'Allemagne, a pourtant considéré ces gestes de clémence comme inacceptables. Alors que la Grèce est sous la perfusion financière de la Troïka, ils reprochent au premier ministre hélène d'avoir pris ces décisions sans consulter ses créanciers. Et suspendent donc, en vertu de la règle de l'unanimité, les premières mesures d'allègement de la dette.

La France, par la voix de son ministre de l'Economie, Michel Sapin, a critiqué l'intransigeance de ses partenaires : « les dispositions d'allègement de la dette seront mises en oeuvre », a-t-il insisté.

Quand à Alexis Tsipras, il a déclaré que « nous allons respecter intégralement notre accord avec les créanciers, mais nous allons aussi défendre de toutes nos forces la cohésion sociale ». Le bras de fer ne fait donc que commencer.

 




Mots clés
,
Pays
Processing...
Thank you! Your subscription has been confirmed. You'll hear from us soon.
Inscrivez-vous pour recevoir directement nos articles par mail.
ErrorHere