Connexion

Syndicate content

Libertés individuelles : Amnesty dénonce la dérive sécuritaire de l’Europe

mercredi, 18 janvier, 2017 - 16:57

Dans un rapport au vitriol, l'ONG s'en prend à « l'avalanche de lois » votées par quatorze pays européens en réaction à la vague terroriste des dernières années. Des dérives qui menacent les libertés publiques et le socle de valeur européen.

P { margin-bottom: 0.21cm; }

Depuis les attentats du 13 novembre 2015, les Français sont habitués à l'état d'urgence, prolongé pour la cinquième fois jusqu'aux prochaines élections présidentielle et législatives. Mais ils ne sont pas les seuls en Europe. Selon un rapport publié, mardi 17 janvier, par Amnesty International, les mesures adoptées par quatorze pays européens ont restreint les droits des populations.

Assignations à résidence, interdictions de manifestations, surveillance de masse généralisée… « On est en train de démanteler pierre par pierre tout l'édifice de protection des droits de l'homme qui a été bâti depuis la seconde guerre mondiale », estime l'ONG. Le rapport dénonce une « avalanche de lois (…) adoptées à un rythme effréné », avec pour conséquence de « saper les libertés fondamentales ».

Le sujet de la surveillance électronique est particulièrement épinglé par Amnesty. Au Royaume-Uni, par exemple, le Parlement a adopté en novembre 2016 une loi qui « instaure des pouvoirs de surveillance parmi les plus radicaux de l'Union européenne, et même du monde », autorisant les services de sécurité et de renseignement britanniques à procéder à des interceptions de communication en masse ou à collecter des données personnelles. Le tout, sans mécanisme de contrôle indépendant – mécanisme dont la France s'est, au moins, dotée lors du vote de la loi sur le renseignement, en juillet 2015.

La France pointée du doigt

Mais la France n'est pas épargnée, notamment via les mesures jugées « intrusives » permises par l'état d'urgence. Amnesty International dénonce ainsi les perquisitions à domicile, une mesure jugée « disproportionnée », car peu efficace pour débusquer d'éventuels terroristes.

« L'idée selon laquelle le rôle du gouvernement est d'assurer la sécurité afin que la population puisse jouir de ses droits a laissé la place à l'idée que les gouvernements doivent restreindre les droits pour assurer la sécurité », déplore l'ONG, qui met également en garde contre les discriminations dont sont victimes les minorités. Et de s'inquiéter de certains discours tenus par les responsables politiques hongrois ou autrichiens, qui font le lien entre immigration et menace terroriste.




Pays