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Après le referendum turc, le torchon brûle entre Ankara et Bruxelles

lundi, 17 avril, 2017 - 15:46

La victoire sur le fil du « oui » au referendum qui accorde plus de pouvoir au président turc, Recep Tayyip Erdogan, a provoqué des réactions de méfiance en Europe.

Si près de 85% des électeurs turcs se sont exprimés dimanche pour ou contre le projet de révision de la constitution, les résultats sont extrêmement serrés : le « oui » n’a obtenu que 51,37% des suffrages et l’opposition au président, Recep Tayyip Erdogan, dénonce de nombreuses fraudes. Sa victoire lors du referendum va permettre au président de s’arroger un grand nombre de nouvelles prorogatives, ce qui inquiète tant l’opposition turque que les chancelleries européennes, qui craignent une dérive autoritaire.

« Au vu du résultat serré du referendum et des implications profondes des amendements constitutionnels, nous appelons les autorités turques à rechercher le consensus national le plus large possible dans leur mise en oeuvre », ont écrit dans un communiqué commun le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Le rétablissement de la peine de mort serait une « rupture » avec les valeurs européennes

Le président turc ayant annoncé dans la foulée de sa victoire un futur referendum sur la peine de mort, l’Elysée l’a mis immédiatement en garde, parlant d’une « rupture avec les valeurs » européennes : « Les valeurs et les engagements pris dans le cadre du Conseil de l’Europe devraient conduire les autorités turques à conduire un dialogue libre et sincère avec toutes les composantes de la vie politique et sociale », a écrit François Hollande dans un communiqué.

Même son de cloche du côté de l’Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a dit attendre « que le gouvernement turc, après une campagne électorale dure, cherche maintenant un dialogue respectueux avec toutes les forces politiques et dans la société ».

L’Union européenne (UE) était au cœur de la campagne référendaire. Recep Tayyip Erdogan avait notamment critiqué l’absence de progrès dans les discussions en vue de l’adhésion de son pays à l’UE. Il avait également traité l’Allemagne de « nazi » après que le pays ait interdit à plusieurs ministres turcs de tenir des meeting sur son territoire.


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