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La Grande-Bretagne chérit les énergies vertes

mardi, 9 mai, 2017 - 14:08

Alors que la Grande-Bretagne de l’énergie est associée au projet nucléaire d’Hinkley Point, notre voisin d’outre-Manche voit surtout grandir la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique depuis plusieurs années. Aujourd’hui, ces énergies représentent 21 % de l’électricité consommée et l’abandon rapide du charbon constitue une opportunité de développement unique pour les entreprises vertes.

 La Grande-Bretagne sort progressivement de sa dépendance au charbon

La Grande-Bretagne de la Révolution industrielle est en passe de tourner une page symbolique de son histoire. Alors que l’industrie a déserté le pays au profit du tertiaire, le charbon, fer de lance de cette Révolution perd du terrain rapidement au profit des énergies renouvelables. Le 21 avril 2017, pour la première fois dans l’histoire britannique depuis 132 ans, le pays n’a pas eu recours au charbon pendant 24 heures consécutives pour produire de l’énergie. Un succès (éphémère) qui s’explique par la fermeture d’une centrale à charbon la veille et par la demande d’électricité plutôt basse lors de cette journée historique. Il reste que la Grande-Bretagne suit une trajectoire positive où les énergies vertes occupent une place importante et grandissante.

L’île repose sur un triptyque énergétique constitué du nucléaire, gaz naturel et désormais des énergies renouvelables. Le premier est dominant puisqu’il représente près de 50 % de l’énergie produite. Le second 30 % tandis que l’éolien, la biomasse et le solaire comptent pour environ 20 % de l’électricité produite. Le charbon a connu une chute libre entre 2015 et 2017 qui était difficilement imaginable (de 40 % de la production d’électricité à 9 % actuellement). La Grande-Bretagne sort de la dépendance au charbon à un rythme incroyable et a recours à l’artillerie lourde pour faire du renouvelable la solution de demain.

Le Gouvernement entend se passer complètement du charbon à l’horizon 2025. C’est une décennie avant l’Allemagne dont le rythme de « désintoxication » au charbon est déjà très soutenu. L’évolution au cours des deux dernières années laisse présager d’une réussite de ce projet d’autant plus que les pouvoirs publics ont annoncé fin 2016 leur volonté de soutenir le développement des énergies renouvelables à hauteur de 845 millions d’euros par an. Greg Clark, le secrétaire d’Etat à l’énergie explique vouloir envoyer  le « signal clair que la Grande Bretagne est un des meilleurs endroits au monde pour investir dans une énergie flexible et propre tandis que nous continuons à moderniser nos infrastructures énergétiques ».

Un terrain de jeu prometteur pour les énergies renouvelables

La Grande-Bretagne s’est donc muée en quelques années en un terrain de jeu très attractif pour les énergéticiens qui développent les énergies propres. Outre le projet de centrale nucléaire à Hinkley Point, EDF est déjà bien implantée dans le pays grâce notamment à sa filiale EDF ER qui dispose de plus de 30 parcs éoliens répartis sur tout le territoire. Avec le seul éolien, EDF ER fournit près de 700 MW d’électricité, soit la consommation annuelle de 423 000 foyers. Trois nouveaux parcs éoliens ont été mis en service fin avril par EDF ER.

Par ailleurs, le secteur photovoltaïque britannique a enregistré un pic au premier trimestre 2017. Les entreprises ont bouclé avant le 1er avril les chantiers déjà débutés afin de bénéficier du programme d’aides Renewable Obligations Certificate. Le Chinois Renesola, l’Allemand Wirsol et le Britannique G2 Energy sont parvenus à mettre en service plusieurs centrales photovoltaïques qui pourraient permettre de disposer au total de 12 GW de puissance. La fin du programme d’aides dans le secteur va entraîner mécaniquement un ralentissement des projets dans les mois à venir, mais les experts sont confiants quant à la viabilité du marché.

Les centaines de millions promis par le Gouvernement vont continuer à irriguer les énergies renouvelables dont le photovoltaïque. Les aides profiteront également au développement de la biomasse qui est la seconde source d’électricité verte après l’éolien. La biomasse bénéficie d’un cadre législatif attrayant en comparaison de la plupart des pays (la France se distingue également de manière positive) et les grands groupes entrent en compétition pour se placer sur ce secteur d’avenir. Le Français Veolia a ainsi obtenu en 2016 deux contrats d’exploitation et de maintenance pour des centrales biomasse situées dans le nord de l’Angleterre (Sheffield et Nottingham).

Les politiques publiques en faveur des énergies renouvelables sont une réussite outre-Manche et l’objectif de multiplier par quatre les installations solaires entre 2014 et 2022 ou celui de réduire d’ici à 2030 ses émissions de 57 % de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990 peuvent être atteints. Une ombre est toutefois apparue depuis le Brexit et le début des négociations en vue de la sortie de l’Union européenne de la Grande-Bretagne. Certains observateurs s’interrogent, en effet, sur la poursuite des efforts du pays une fois hors de l’UE. Affaire à suivre.


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