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Jeux olympiques : Los Angeles 2024, un scénario de moins en moins probable ?

mercredi, 24 mai, 2017 - 17:29

« Ils nous ont apporté de bonnes suggestions, qui ont beaucoup fait progresser notre réflexion » : c’est ainsi que, gêné aux entournures, le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, a salué le passage des membres du Comité international olympique (CIO) dans sa ville, début mai. Une manière de concéder que la capitale californienne, finaliste de la course à l’attribution des Jeux de 2024, peine à concrétiser les espoirs placés en elle.

Dans ce sprint final ne figurent plus, en effet, que Los Angeles et Paris. Le choix de la ville qui aura l’honneur d’accueillir les JO 2024 sera annoncé par le CIO le 13 septembre prochain, à Lima (Pérou). Il reste donc peu de temps à la ville américaine pour faire ses preuves. Sur place pourtant, les travaux patinent.

Los Angeles ne peut se passer de l’argent public

« Evaluer l’état de préparation de Los Angeles pour accueillir les JO de 2024 requiert de l’imagination », s’inquiète la prestigieuse agence américaine Associated Press, dans un article publié le 11 mai. Au lendemain de la visite d’inspection du CIO, la candidature de la métropole californienne s’apparente, en effet, davantage à de la science-fiction qu’à un scénario crédible.

Si les défenseurs du projet américain s’appuient sur force présentations 3D, les infrastructures destinées à accueillir les évènements sportifs sont loin d’être réalisées. Ainsi du stade NFL (National Football League) qui, aux portes de Los Angeles, se résume pour l’heure à un terrain vague dissimulé derrière des clôtures. De l’imagination, il en faut donc une bonne dose pour concevoir que la traditionnelle parade des nations ouvrant les JO se déroulera, en 2024, dans ce qui devrait être le stade le plus cher jamais construit (2,6 milliards de dollars).

S’il est un jour bâti, encore faudra-t-il que les sportifs et visiteurs puissent accéder au stade. Or Los Angeles est connue pour être un enfer en matière de transports et de circulation. Certes, la ville entend y remédier : des milliards de dollars sont, en effet, budgétés afin de construire de nouvelles lignes ferrées. Mais si certains chantiers avancent, aucun d’entre eux ne sera terminé avant la date fatidique. Idem pour l’aéroport, dont les accès sont régulièrement saturés ; des travaux d’amélioration sont bien en cours, mais on ignore quand ils seront délivrés.

Les travaux devant transformer la célèbre Long Beach en véritable plage olympique devraient, quant à eux, faire exploser le budget de la ville : on parle de nouvelles piscines (14 millions de dollars), mais aussi d’une piste cyclable de montagne (13 millions) ou encore, à Santa Monica, d’un stade de volleyball temporaire, évalué à plus de 23 millions de dollars. En d’autres termes, le budget prévisionnel de 5,3 milliards de dollars pourrait exploser en intégrant les dépenses de transports, d’infrastructures et de sécurité.

Manifestement conscient de l’ampleur de la tâche, Eric Garcetti est allé plaider sa cause directement auprès de la ministre des Transports américaine, Elaine Chao. Et de demander la bagatelle d’1,3 milliard de dollars de fonds fédéraux pour accélérer la construction d’une nouvelle ligne de métro. Et ce alors que le comté de Los Angeles a déjà fait voter, en novembre dernier, une taxe sur les transports devant rapporter un milliard de dollars. Projet initialement présenté comme reposant sur des fonds privés, Los Angeles 2024 ne peut désormais plus se passer de l’argent public. Les contribuables américains apprécieront.

Emmanuel Macron entre dans la danse

Que ces derniers se rassurent, cependant : leur argent n’est peut-être pas dilapidé en pure perte. Selon les dernières rumeurs, Los Angeles pourrait être la première bénéficiaire d’une modification de la procédure de sélection des villes hôtesses. Un souhait porté par le propre président du CIO, Thomas Bach, selon qui la procédure actuellement en vigueur « crée trop de perdants ».

Lima, le 13 septembre prochain, pourrait donc être le lieu d’un coup de théâtre : et si le CIO, pour la première fois de l’histoire des Jeux, n’attribuait pas une seule olympiade, mais deux – en l’occurrence, 2024 et 2028 ? C’est le scénario sur lequel Thomas Bach a demandé à ses vice-présidents de plancher.

Un scénario auquel semble également se raccrocher le maire de la ville californienne. « Une victoire olympique est une victoire olympique », a-t-il ainsi déclaré à la presse, au moment même où les inspecteurs du CIO sillonnaient sa ville. Los Angeles 2028 ? L’édile semble préparer la voie à un tel compromis, qui aurait le double avantage d’accorder plus de temps et de sauver l’honneur de Los Angeles.

Du côté de Paris, la sérénité est de rigueur. Sereine, la capitale française peut l’être : 95% des équipements prévus pour les JO 2024 sont déjà opérationnels. Etat d’urgence oblige, le pays propose également des conditions de sécurité optimum durant la compétition. Enfin, les investissements du Grand Paris devraient permettre aux spectateurs, touristes et sportifs de rejoindre facilement les sites de compétition.

Consciente du rôle joué par Tony Blair pour décrocher, en son temps, les JO de Londres 2012, l’équipe parisienne a pris langue avec le nouveau président français. Flanqué de nombreux sportifs et élus, Emmanuel Macron a ainsi reçu à l’Elysée, le 16 mai, les membres de la Commission d’évaluation du CIO. Il a également joint par téléphone Thomas Bach afin de lui rappeler « les liens qui unissent la France et le mouvement olympique ».

« Emmanuel Macron est le leader dont on a besoin pour incarner l’engagement de l’Etat », se félicite Tony Estanguet, le vice-président du comité de candidature. Afin de mettre toutes les chances du côté de Paris, il se murmure même que le chef de l’Etat pourrait accompagner la délégation française devant le CIO à Lausanne, le 11 juillet, et à Lima, le 13 septembre.


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