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Lutte contre le réchauffement : la France bien classée en Europe

mercredi, 31 mai, 2017 - 14:31

A l’heure où l’Accord de Paris sur le climat est menacé par Donald Trump, Myeurop fait le point sur les engagements climatiques de l’UE. Ils sont dans l’ensemble respectés mais certain pays sont à la traine. La France ne doit pas se relâcher mais ses engagements paraissent solides.

La semaine dernière, lors de la réunion du G7 à Taormina, les quatre pays de l’Union européenne, les représentants de l’Union ainsi que le Canada et le Japon ont fait front commun contre les Etats-Unis sur le climat.

Donald Trump a en effet refusé de prendre position sur le maintien de la participation des Etats-Unis à l’accord de Paris que Washington avait pourtant ratifié en septembre dernier. Cela ne remet pas en cause, bien sûr les engagements de l’Union européenne en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Cette dernière a d’ailleurs renouvelé son objectif de réduire de 40% en 2030 (par rapport à1990) ses émissions de gaz à effet de serre (GES) qui figurait déjà dans le paquet énergie-climat européen adopté en 2014.

L’Europe s’est engagée au delà de l’Accord de Paris

De fait, l’Accord de Paris conclu en décembre 2015 à l’issue de la Cop21, ne représente pas, pour l’Union européenne dans son ensemble, une contrainte supplémentaire par rapport aux objectifs que l’UE s’est fixé en 2014.

C’est même l’inverse puisque la réduction de 40% des émissions de GES à l’horizon 2030 ne constitue pas un engagement formellement contraignant dans le cadre de l’Accord de Paris alors qu’il l’est dans le cadre du paquet énergie-climat de 2014 fixant les engagements de l’Union pour 2030.

Néanmoins, ses nouveaux engagements sont plutôt en retrait par rapport au paquet énergie-climat 2020 adopté en 2008 et à l’occasion duquel avaient été mis en place les objectifs 20/20/20.

C’est à dire 20% d’économies d’énergie par rapport aux projections faites en 2007, une part de 20% de la consommation finale d’énergie pour les énergies renouvelables et une réduction de 20% des émissions de GES par rapport à l’année 1990.

Pour 2030, l’ambition reste forte en ce qui concerne les émissions de GES puisque leur taux de diminution est doublé de 20 à 40%. En revanche, pour les économies d’énergie et la part des renouvelables, le nouveau seuil fixé ne passe que de 20 à 27% et ce deuxième objectif n’est plus contraignant. Cela dit, certains pays de l’Union se montrent plus ambitieux. C’est le cas de l’Allemagne et de la France.

L’UE remplira ses objectifs pour 2020

Les objectifs fixés pour 2020 seront respectés pour l’ensemble de l’Europe. En 2014, avec une baisse de plus de 24% par rapport à 1990, on avait déjà dépassé l’objectif de diminuer de 20% en 2020 les émissions de gaz à effet de serre.

Sur l’efficacité énergétique, la consommation d’énergie primaire (celles qui est disponible dans la nature avant toute transformation) n’était pas loin, en 2015, de l’objectif des – 20% par rapport à la tendance. Quant à la part des renouvelables dans la consommation finale d’énergie, elle était de 16,7% en 2015, ce qui met à portée l’objectif de 20% en 2020.

En revanche, le tableau par pays est beaucoup plus contrasté, notamment en matière de réduction des GES. Il faut dire que l’objectif global pour l’Europe était assorti d’objectifs nationaux très différents pour tenir compte de la situation économique de chacun.

Emissions: France et Espagne en avance, Pays-Bas en retard

Ainsi l’Espagne, en plein rattrapage économique entre 1990 et 2005, s’est vu assigner un objectif de 10% de réduction entre 2005 et 2020. Or, dès 2014, la réduction était déjà deux fois plus importante !

En revanche, un pays auquel on ne s’attend pas a priori n’a pas des résultats flamboyants : ce sont les Pays-Bas qui, en 2014, n’avaient réduit leurs émissions que de 12,6% pour un objectif de 17% en 2020. Mais il y a deux ans, le gouvernement de La Haye a été condamné par un tribunal néerlandais à adopter des mesures plus strictes pour viser une baisse de 25% de ses émissions.

Du fait de la réactivation de certaines de ses centrales à charbon après l’abandon du nucléaire, l’Allemagne est encore assez loin de son ambitieux objectif de 40% de réduction des émissions en 2020 puisqu’elle se situait à 28% de baisse en 2014.

La France qui, grâce à son mix énergétique moins polluant, s’était vu assigner un objectif de baisse des émissions limité à 14% par rapport à 2005, avait déjà atteint, en 2014, une baisse de près de 17%.

Mais, pour ces deux derniers pays, la tâche s’annonce plus ardue pour l’avenir dans la mesure où ils se sont engagés sur des objectifs très ambitieux pour 2030 : par rapport à 1990, 55% de baisse des émissions pour l’Allemagne et 40% pour la France.

Renouvelables : des efforts à poursuivre

Le Royaume-Uni est très loin de son objectif de 15% d’énergie renouvelable en 2020 puisqu’il n’a atteint que 8% en 2015. Même chose pour les Pays-Bas : avec un objectif de 14%, il sont à peine à 6%.

A l’inverse, l’Italie a déjà dépassé son objectif national de 17% de renouvelables et l’Espagne n’en est pas loin. Quant à l’Allemagne, elle ne doit pas relâcher ses efforts : à 14,6% de renouvelables en 2015, elle reste dans les clous de son objectif de 18% en 2020.

En revanche, la France va devoir faire des efforts. Son niveau de 2015 – 15,2% – la place devant l’Allemagne mais elle s’est engagée à atteindre 23% en 2020. Cela dit, la politique mise en place il y a deux ans devrait lui permettre de réussir.

Pour la France, le biais du nucléaire

Pourquoi cet objectif si élevé pour la France ? On sait que l’énergie nucléaire domine dans l’Hexagone. Elle est considérée comme non polluante mais, surtout, son rendement est très élevé.

Ce qui veut dire que la France consomme moins d’énergie primaire que les autres pour produire une même quantité d’électricité. Sur un total qui augmente moins, il lui est donc plus facile d’accroître plus vite la part des énergies renouvelables.

En outre, la production hydraulique de la France est à l’origine de près de 10% de la production d’électricité et de plus de 40% de la consommation de renouvelables. Mais elle diminue et si l’on veut que le pays développe au même rythme que les autres la production d’électricité d’origine éolienne et photovoltaïque, il faut donc lui assigner des objectifs supérieurs.

Economies d’énergies : objectif en vue

Italie, Espagne et Royaume-Uni ont déjà atteint leur objectif de réduire de 20% leur consommation d’énergie primaire par rapport à la tendance établie en 2007 pour 2020. Pour ce qui est de l’Allemagne et de la France, l’objectif n’est pas encore atteint mais devrait l’être dans trois ans.

Pour autant, après sa loi sur la transition énergétique de 2015 qui dessine des perspectives ambitieuses, la France est considérée comme un bon élève de la lutte contre le réchauffement climatique.

Ainsi selon l’ONG allemande German Watch qui évalue pour 2017 l’indice de performance climatique, la France est placée numéro un sur 57 pays du fait de sa politique environnementale audacieuse et de son faible niveau d’émission dû à l’importance du nucléaire. A titre d’exemple, l’Allemagne n’est classée qu’en 26ème position…


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