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Quel « Brexit » pour le Royaume-Uni ?

jeudi, 15 juin, 2017 - 16:32

A quelques jours de l'ouverture des débats entre la Commission européenne et Londres sur le Brexit, prévue lundi 19 juin prochain, un point sur les enjeux et revendications de chaque camp s'impose.

Dans la période très incertaine qui va bientôt s’ouvrir au Royaume-Uni, une chose est sûre : Theresa May, la Première ministre britannique, arrive affaiblie à la table des négociations avec Bruxelles sur la sortie de son pays de l’Union européenne (UE). Son souhait de négocier « le meilleur accord pour le Royaume-Uni », en obtenant à la fois le rétablissement des frontières – et donc la fin de la libre circulation des Européens sur son sol – et un accès maximum au marché unique de l’UE, est-il mis en danger ?

« Hard Brexit » vs « soft Brexit »

Pour les négociateurs de Bruxelles, la conciliation de ces deux exigences, peu compatible avec la philosophie européenne, est impossible. Se dessine alors un choix à effectuer entre un « hard Brexit », où l’immigration serait contrôlée et les liens économiques avec Bruxelles rompus, et un « soft Brexit », qui prévoit l’accès au marché unique en échange de la libre circulation des personnes.

La première porte de sortie, également appelée « clean Brexit », entrainerait donc la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen. Londres deviendrait, si l’on peut dire, un pays quelconque – hors Etats membres évidemment – et les relations avec Bruxelles répondraient aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Une version encore plus poussée du « hard Brexit » prévoit que le Royaume-Uni sorte non seulement du marché unique mais également de l’Union douanière, ce qui lui permettrait de négocier seul des accords de libre-échange.

Un « clean Brexit » entrainerait également la fin de la libre circulation des Européens entre le Royaume-Uni et l’UE. Ces derniers deviendraient des étrangers quelconques également, et auraient besoin d’un visa et/ou d’un permis de travail pour rentrer sur l’île.

Les partisans d’un « soft Brexit » craignent que la sortie du marché unique ait un impact négatif sur l’économie britannique et souhaite donc que Londres s’y maintienne, au moins pour certains secteurs de l’économie. Le Royaume-Uni continuerait d’assurer la libre-circulation des Européens et contribuerait même au budget de l’UE.

Les conservateurs pro-« hard Brexit » renforcés

Un an après le référendum sur le Brexit et alors que Theresa May a déclenché la procédure de sortie de l’UE en mars dernier – ce qui lui laisse jusqu’en mars 2019 pour négocier avant d’être dans le vide le plus total -, le Royaume-Uni est pour l’instant dans le flou. La « défaite » aux élections législatives anticipées – le parti de Madame May les a certes remportées mais n’a pas obtenu la majorité absolue recherchée – l’empêche d’adopter une position claire.

Sans compter qu’il semble y avoir une tension entre le message populaire, qui n’est pas favorable à une rupture totale avec l’UE, et le résultat des élections, qui a paradoxalement renforcé les membres les plus conservateurs des Tories, partisans d’un « hard Brexit ».

Bruxelles craint de son côté que la Première ministre devienne imprévisible et change d’avis au gré des passions internes à son parti. Il faudra également que Londres transpose en droit interne tout un tas de règlements et lois, comme par exemple la création d’autorités qui n’existent qu’au niveau européen. Tout cela en moins de deux ans, donc.

 


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