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Grèce : la crise, bientôt un mauvais souvenir ?

vendredi, 16 juin, 2017 - 16:36

Réunis à Luxembourg jeudi 15 juin, les membres de l'Eurogroupe se sont entendus pour débloquer une aide de 8,5 milliards d'euros en faveur de la Grèce. Si le spectre d'une nouvelle crise s'éloigne, Athènes doit encore gérer sa dette qui culmine à 180 % du PIB.

Si la Grèce n’est pas encore complètement tirée d’affaire, le chemin s’éclaircit un peu. Athènes recevra dans les semaines qui viennent un prêt de 8,5 milliards d’euros, prélevés sur l’enveloppe du troisième plan d’aide adopté en août 2015 – d’un montant total de 86 milliards d’euros -, et pourra, ainsi, commencer à rembourser ses créanciers.

Ces derniers – Fonds monétaire international (FMI), Banque centrale européenne (BCE), Mécanisme européen de stabilité (MES) – ont estimé que le pays du sud de l’Europe, enfoncé dans la crise économique et financière depuis plusieurs années, avait largement honoré ses obligations liées à une réforme structurelle de son économie – marché du travail, retraites.

Allègement de la dette

En plus de pouvoir rembourser, dans un premier temps, la BCE – dont les créances arrivent à échéance début juillet -, la Grèce « a également obtenu des assurances d’allègement de sa dette », selon le journaliste de Franceinfo Pascal Verdeau. « Le FMI, qui hésitait à poursuivre sa participation dans les aides pour la Grèce, a finalement donné son feu vert. » Un changement de position qui pourrait débloquer jusqu’à 2 milliards de dollars dans les prochains mois.

Longtemps hésitante sur sa participation au troisième plan d’aide, l’organisation financière internationale estime à présent que la Grèce est sur la bonne route. « Ce qu’il faut impérativement maintenant, c’est se concentrer sur du positif, de la croissance, des investissements et devenir attractif » a même déclaré Christine Lagarde, la présidente du FMI.

L’ouverture du pays aux capitaux extérieurs a d’ailleurs déjà commencé, même si la route fut longue. Alexis Tsipras, le Premier ministre issu des rangs de Syriza – gauche radicale -, a pendant de longs mois refusé de privatiser certains pans de l’économie hellène, avant d’amorcer un courant un peu plus libéral. En vendant, par exemple, l’un des ports les plus importants du pays, celui du Pirée, au groupe chinois Cosco, en janvier 2016.

Pour les membres de la zone euro, l’apport financier du FMI servira à rassurer les marchés financiers et, ainsi, les investisseurs. Mais pour que la machine vertueuse se mette en place, la dette de la Grèce doit être « soutenable », selon les voeux du Fonds monétaire international, alors qu’elle culmine toujours à quelque 320 milliards d’euros – près de 180 % du PIB. Mais bonne nouvelle : l’Eurogroupe s’est engagé à l’alléger, si nécessaire, à la fin du plan d’aide.


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