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Angela Merkel : « Nous pouvons réfléchir à un ministre commun des finances »

mercredi, 21 juin, 2017 - 08:39

La chancelière allemande, Angela Merkel, s'est déclarée, mardi 20 juin, favorable au projet de renforcement de la zone euro voulu par Emmanuel Macron. Un groupe de travail franco-allemand doit d'ailleurs rendre prochainement ses conclusions sur une intégration plus poussée de l'Union monétaire.

Emmanuel Macron avait promis qu’il s’attacherait à réformer l’Europe une fois au pouvoir. C’est ce qu’il fait. Et rien ne semble l’en empêcher : ni les résultats des législatives de dimanche dernier – où son parti a raflé une majorité moins forte qu’escomptée -, ni les négociations sur le Brexit – la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) – qui ont démarré lundi dernier à Bruxelles. Le président de la République française a même trouvé une alliée de poids dans son combat pour une Union plus « intégrante » : la chancelière allemande.

Lors de la Journée de l’industrie allemande, mardi 20 juin, Angela Merkel a ainsi déclaré, devant un parterre d’industriels, qu’elle était prête à étudier les propositions d’Emmanuel Macron sur le renforcement de la zone euro. « Nous pouvons très bien réfléchir à un ministre commun des finances […], nous pouvons très bien réfléchir à un budget de la zone euro, s’il est clair qu’il sert à en renforcer la structure générale et à faire des choses qui ont du sens » a-t-elle déclaré devant les chefs d’entreprise réunis à Berlin.

Cette sortie, qui s’apparente davantage à une piste de réflexion qu’à un véritable engagement, est tout de même dans la droite ligne de l’annonce qu’elle avait faite le 15 mai dernier, lors de sa première rencontre avec le président français tout juste élu. Un groupe de travail franco-allemand, chargé de faire des proposition concrètes pour progresser dans l’intégration de la zone euro, était d’ailleurs né une semaine après ; il doit rendre ses conclusions avant le prochain conseil des ministres franco-allemand prévu le 13 juillet à Paris.

Quatre domaines seront normalement abordés : la « convergence fiscale » avec, pour « priorité », la question de l’impôt sur les sociétés ; la « coordination des politiques économiques » ; les « initiatives qui peuvent être prises en matière d’investissements » ; « l’accélération du chantier institutionnel », qui prévoit « un budget de la zone euro voté par un Parlement de la zone euro et exécuté par un ministre de l’économie et des finances de la zone euro ».

Une petite révolution, donc, pour les pays membres de la zone. Mais l’annonce faite par Angela Merkel ne doit pas être perçue comme un blanc-seing au projet de réforme du président français. La chancelière allemande, qui briguera, le 24 septembre prochain, un quatrième mandat à la tête de l’Allemagne, a bien précisé qu’elle était favorable à plus d’intégration, mais « sous conditions ».

D’un côté désireuse de ne pas laisser Emmanuel Macron seul défenseur d’une réforme ambitieuse de l’UE et, de l’autre, ne souhaitant pas brusquer sa base électorale, conservatrice, Madame Merkel ne validera le projet français que si tous les partenaires sont « sérieux, en particulier sur le plan budgétaire », selon un haut fonctionnaire allemand proche du dossier. Plus d’éléments attendus le 14 juillet, au lendemain du conseil des ministres franco-allemand.


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