Connexion

Syndicate content

Pesticides tueurs d’abeilles : que dit Bruxelles ?

lundi, 26 juin, 2017 - 11:55

Alors que le gouvernement français a semblé pendant un temps vouloir revenir sur l'interdiction des pesticides à partir de 2018, retour sur la politique européenne en la matière. Malgré quelques résistances, Bruxelles souhaite élargir le bannissement des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles en Europe.

S’agit-il d’un premier couac au sein d’un gouvernement qui voulait à tout prix les éviter ? Ce matin, les ministres français de l’Agriculture et de la Transition écologique se sont livrés à une petite joute par médias interposés, au sujet des pesticides et de l’épandage aérien, que le gouvernement français, d’après un document de travail que s’est fourni RMC, s’autoriserait à remettre au goût du jour.

Problème : l’Assemblée nationale avait voté l’interdiction, à partir de 2018, des pesticides tueurs d’abeilles – et nocifs pour l’être humain – et le président de la République s’était engagé durant la campagne à ne pas revenir sur celle-ci. Ce que Matignon s’apprêterait à faire, selon la radio française, au motif que l’interdiction des néonicotinoïdes en vigueur l’an prochain irait « plus loin que ce qui est prévu par la réglementation européenne » et que l’exécutif souhaite « abroger toutes ces dispositions nationales qui excèdent les normes européennes. »

Si le cabinet du Premier ministre, Edouard Philippe, a finalement mis un terme à l’esclandre ministériel en annonçant que le gouvernement ne reviendrait pas sur l’interdiction des pesticides, il est intéressant de se pencher sur la politique européenne en la matière.

Verdir la politique agricole de l’UE

Que dit Bruxelles sur les pesticides tueurs d’abeilles ? En 2013, l’Union européenne (UE) a imposé une interdiction temporaire de l’utilisation de trois importantes substances néonicotinoïdes dans certaines cultures – interdiction qui pourrait d’ailleurs bientôt devenir pérenne. Certains pays, comme le Royaume-Uni, s’y étaient opposés, avant d’assouplir leur position.

 

La même année, les surfaces d’intérêt écologique (SIE) ont été introduites dans la Politique agricole commune (PAC) ; les agriculteurs européennes qui possèdent plus de 15 hectares de terres arables doivent ainsi dédier 5 % de leur terrain à des SIE (bandes boisées, haies, etc.). Le but ? Verdir les aides européennes, dont 30 % sont conditionnés par la mise en place de telles zones écologiques.

Alors que la Commission européenne entend simplifier l’octroi de ces aides – et interdire l’utilisation de pesticides dans les SIE -, la commission agricole du Parlement européen a déposé en mai dernier une résolution d’opposition contre cette simplification. Selon les députés, « l’interdiction de la protection phytosanitaire des cultures de légumineuses dans les SIE menace la durabilité de la production nationale de protéines voulue par la stratégie de l’Union en matière de protéines. »

Finalement, 276 députés ont rejeté mi-juin la motion de la commission agricole, qui n’a pas été acceptée faute de majorité suffisante. Loin d’être anecdotique, certains veulent y voir une volonté de verdir la politique agricole de l’UE. Bruxelles propose d’ailleurs aux Etats membres de restreindre l’usage de pesticides tueurs d’abeilles aux seules serres fermées où les cultures restent et ne sont pas replantées à l’extérieur. C’est dans ce cadre qu’avait été adoptée la loi sur la biodiversité en France, interdisant sept familles de néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018. Interdiction toujours d’actualité, donc.

 


Réactions
Pays