Connexion

Syndicate content

L’UE s’attèle à l’obsolescence programmée

mercredi, 5 juillet, 2017 - 06:40

Alors que Greenpeace vient de publier une étude sur les entreprises de la tech qui pratiquent le plus l'obsolescence programmée, le Parlement européen a demandé à la Commission, mardi 4 juillet, de se pencher sur le sujet.

Les députés européens ont-ils sonné la fin de l’obsolescence programmée ? S’il est encore trop tôt pour le dire, le débat est amorcé. Le Parlement européen vient de demander à la Commission qu’elle légifère contre la pratique qui consiste, pour les industriels, à commercialiser en toute connaissance de cause un produit à faible durée de vie et non réparable. Les principaux appareils visés sont évidemment les appareils électroménagers et, surtout, les appareils électroniques – smartphones, tablettes, etc.

Pour l’instant, aucun projet de loi, mais simplement – et c’est déjà bien – un droit d’initiative exercé par le Parlement. Depuis le Traité de Maastricht – la disposition a été reprise dans le Traité de Lisbonne par la suite -, les députés peuvent invoquer ce droit afin de demander à la Commission de soumettre une proposition de loi. Si l’exécutif européen n’est pas forcé d’y donner suite, Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen à la Santé, a en l’espèce affirmé que Bruxelles était déjà « en train de travailler sur certaines des suggestions » des eurodéputés.

50 millions de tonnes de déchets en 2017

« Nous demandons qu’on légifère pour garantir des produits durables, de qualité, réparables et que le consommateur soit mieux informé avec, par exemple, une indication sur la durée de vie estimée de l’appareil » a par exemple annoncé Marc Tarabella, député PS chargé de la protection des consommateurs au Parlement européen. Autre suggestion : « l’adoption de critères de résistance minimum couvrant entre autres la robustesse, la réparabilité et l’évolutivité pour chaque catégorie de produits dès sa conception » peut-on lire dans la résolution des eurodéputés.

« Nous ne pouvons plus ignorer les conséquences environnementales, sociales et économiques de cette société du jetable, qu’il s’agisse de l’épuisement des ressources, des émissions liées au transport, de l’augmentation exponentielle des déchets, de la délocalisation des emplois industriels ou la perte d’emplois locaux dans la réparation ou le service, de l’exploitation sociale des travailleurs du Sud, de l’appauvrissement des ménages qui acquièrent des produits de faible qualité et de la perte de confiance des consommateurs », s’est emporté le rapporteur du texte, l’élu écologiste français Pascal Durand.

En 2017, l’obsolescence programmée devrait en effet produire près de 50 millions de tonnes de déchets électroniques et électriques – un record. Hasard du calendrier, Greenpeace vient pour la première fois de dresser un classement des « meilleurs » élèves en la matière. Car inutile de se voiler la face : réduire la durée de vie d’un appareil et rendre sa réparation extrêmement coûteuse est à l’inverse très rémunérateur pour les « metteurs » sur le marché. Qui sont donc nombreux à avoir adopté la pratique – pour ne pas dire tous.

L’ONG a réalisé des tests sur « une quarantaine de téléphones, tablettes et ordinateurs portables parmi les plus vendus » entre 2015 et 2017. Le podium ? Samsung arrive bon dernier dans la catégorie smartphones – avec, notamment, son Galaxy S7 – mais est suivi de très près par Microsoft dans celle des ordinateurs et tablettes, tandis qu’Apple est pointé du doigt pour certains de ses MacBook et certains de ses iPad, qui sont difficilement réparables. Pas sûr que cela suffise néanmoins à faire baisser les chiffres de ventes.

 


Réactions
Pays