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Le premier anniversaire de Theresa May à la tête du gouvernement britannique serait-il le dernier ?

mercredi, 12 juillet, 2017 - 07:16

Un an après sa prise de fonctions au Ten Downing Street, c'est peu dire que la situation n'est pas optimale pour la Première ministre. Depuis la claque des législatives anticipées en juin dernier, Theresa May semble même très affaiblie pour négocier avec Bruxelles sur le Brexit, alors que les dissensions de son propre camp sur la question apparaissent très clairement.

Regarder Theresa May souffler sa première bougie à la tête du Royaume-Uni, revient, entre autre, à constater à quel point ses positions sur le Brexit se sont affaissées. Littéralement portée au pouvoir par l’élan qui a suivi le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), le 23 juin 2016, la Première ministre était arrivée, le 13 juillet suivant, bourrée de certitudes au Ten Downing Street. Aujourd’hui, celles-ci ont disparu et, avec elles, la sérénité d’un pays tout entier qui s’apprête à plonger dans l’incertitude.

Pas plus loin qu’en février dernier, pourtant, Theresa May déclarait encore aux ambassadeurs des pays de l’UE que Londres sortirait non seulement du marché unique mais également de l’Union douanière, faisant craindre aux « Vingt-Sept » un « hard Brexit » aux conséquences – économiques surtout – très floues. Egalement appelée « clean Brexit », cette porte de sortie ferait du Royaume-Uni un pays quelconque et ses relations avec Bruxelles répondraient aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Puis vinrent les élections législatives britanniques du 9 juin dernier, précipitées par Mme May deux mois avant afin de lui offrir une majorité suffisante pour aller négocier à Bruxelles. Résultat : les conservateurs ont perdu la majorité absolue à la Chambre des Communes et la Première ministre a été obligée de s’associer avec le DUP, parti unioniste d’Irlande du Nord, pour l’obtenir. Dans son camp, les dissensions entre partisans d’un « soft Brexit » et d’un « clean Brexit » sont petit à petit apparues très clairement.

Une période de transition sera nécessaire

Le ministre des Finances, Philip Hammond, fait partie des premiers. Défenseur des milieux économiques et d’affaires à Londres, qui voient d’un mauvais oeil la sortie de l’UE du Royaume-Uni, cette voix discordante semble prêcher pour le maintien de certains avantages offerts aux Etats membres, comme le libre-échange par exemple. Londres se retrouverait à négocier seule ses contrats avec d’autres puissances étrangères en cas de Brexit ; or des puissances économiques comme le Japon, l’Australie ou les Etats-Unis ont récemment rappelé que les accords de libre-échange avec l’UE prendraient de le dessus sur un accord avec le Royaume-Uni.

De quoi faire réfléchir Theresa May ? A Londres, en tout cas, beaucoup prennent conscience qu’une période de transition sera nécessaire, au cours de laquelle seront conclus un accord de libre-échange et un nouvel accord douanier avec Bruxelles. Autre concession, annoncée lundi dernier par le numéro deux du gouvernement, Damian Green : la compétence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), organe juridictionnel suprême de l’UE, continuera de courir pour « une période limitée », alors qu’elle était censée s’éteindre à la fin des négociations, en mars 2019.

Jour après jour, les lignes rouges de Theresa May sont donc allègrement franchies, si bien que certains Tories pro-« hard Brexit » se demandent très officieusement s’il ne convient pas de « trouver un autre leader ». Il y a mieux pour souffler sa première bougie.


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