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Le « souffle fiscal pour l’emploi et la croissance » du Premier ministre français

jeudi, 13 juillet, 2017 - 07:08

Dans un entretien aux "Echos", mardi 11 juillet, le Premier ministre français, Edouard Philippe, a précisé la feuille de route du gouvernement en matière fiscale. Grâce à des baisses d'impôts et une réduction de la dépense publique, l'exécutif souhaite maintenir le déficit public sous la barre des 3 % du PIB, comme l'avait annoncé Emmanuel Macron.

L’opposition s’en est donné à coeur joie. « Le Premier ministre, lors de la déclaration de politique générale, avait dit des choses précises. J’avais cru comprendre que c’était synchronisé avec le président de la République. Visiblement, ce n’était pas le cas » a ironisé le président Les Républicains (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Woerth. Pour le président du groupe Nouvelle Gauche, Olivier Faure, il s’agit ni plus ni moins que d’un « jeu de bonneteau fiscal » et en a profité pour tacler l’absence de clarté sur les intentions du gouvernement.

Lundi 10 juillet, Matignon a indiqué que plusieurs mesures, comme les réformes de la taxe d’habitation et de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), seraient mises en place dès 2018, alors que la semaine précédente, Emmanuel Macron comme Edouard Philippe avaient peiné à établir un calendrier précis pour le déclenchement de ces réformes. Une valse-hésitation sur la fiscalité qui, si elle a entrainé quelques moqueries au Palais Bourbon, n’est pas sans justification pour le gouvernement.

Pour Matignon, « l’objectif du président de la République et du Premier ministre est que les mesures fiscales soient engagées dès la loi de finances 2018 afin d’enclencher un choc d’offre et de confiance ». François Hollande, lorsqu’il est arrivé à l’Elysée en 2012, avait annoncé des mesures fiscales assez éloignées de ses promesses de campagne – mesures qui avaient entrainé le fameux « ras-le-bol fiscal » -, chose que voulait absolument éviter son successeur. C’est la raison pour laquelle il est revenu à ce qu’il avait annoncé lors de sa campagne.

« Mesures fortes de redressement »

Dans un entretien au journal « les Echos », mardi 11 juillet, Edouard Philippe s’est longuement attardé sur la batterie de mesures fiscales que son gouvernement allait donc mettre en place.  Le Premier ministre veut « créer un effet de souffle fiscal pour l’emploi et la croissance », en diminuant notamment les prélèvements obligatoires de 11 milliards d’euros en 2018, « un effort considérable » selon lui. Il a également confirmé qu’une première étape de la réforme de la taxe d’habitation serait mise en oeuvre l’an prochain, pour une première baisse d’impôts évaluée à trois milliards d’euros.

Idem pour la réforme de l’ISF – qui sera remplacé par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) -, « appliquée intégralement en 2018 » selon Edouard Philippe, et dont le coût est chiffré à hauteur de trois milliards d’euros. « Les seuils et les taux ne seront pas modifiés, et l’abattement de 30 % sur la résidence principale sera conservé » a-t-il précisé. Un prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus de l’épargne – la fameuse « flat tax » – devrait également être instauré en 2018, et représentera une baisse d’impôts d’environ 1,5 milliard d’euros.

Si cafouillage il y a eu au départ, la stratégie de l’exécutif semble désormais s’articuler autour d’une diminution de la dépense publique et, à côté, une diminution de la pression fiscale. Ce n’est que comme ça qu’il parviendra à maintenir le déficit public sous la barre des 3 % du PIB, afin de respecter les critères de Maastricht – qui obligent également les Etats de la zone euro à contraindre leur dette publique sous les 60 % du PIB. Il y a quelques jours, la Cour des comptes avait annoncé que, sans « mesures fortes de redressement », le déficit public atteindrait facilement les 3,2 %, soit un dérapage de huit milliards d’euros.

 

 


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