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Piquer dans les caisses de l’Europe, un sport très français

mercredi, 19 juillet, 2017 - 07:31

Après le Front national et le Modem, c'est au tour de Jean-Luc Mélenchon d'être soupçonné d'avoir eu recours à des emplois fictifs au Parlement européen. Le leader de la France insoumise aurait utilisé de l'argent européen pour financer certains de ses assistants parlementaires, alors qu'ils travaillaient pour le compte de son parti politique d'alors.

Les irréprochables tombent comme des mouches. Avec Jean-Luc Mélenchon, qui est dans le viseur du parquet de Paris depuis hier pour soupçon d’emploi fictif d’assistants parlementaires à Strasbourg, c’est un autre politique français, que l’on croyait pourtant « au-dessus de tout soupçon », qui se retrouve dans les filets de la justice.

Abus de confiance

Le leader de la France insoumise (LFI) est inquiété en sa qualité d’ancien député européen du Parti de gauche (2009-2017) pour « abus de confiance » ; il fait partie de la vingtaine d’eurodéputés de tout bord visés par une enquête préliminaire ouverte le 22 mars dernier et, donc, élargie à M. Mélenchon et certains de ses anciens assistants parlementaires.

Le but : vérifier que ce dernier n’a pas détourné des fonds européens, initialement dévolus à l’embauche d’assistants parlementaires, afin de rémunérer des personnes employées au sein de son parti politique d’alors. Comme lui, de nombreux autres responsables politiques de premier rang sont d’ailleurs visés : Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie (Les Républicains), Edouard Martin (Parti socialiste), Yannick Jadot (Europe écologie-les Verts) et Marine Le Pen (Front national), d’ailleurs mise en examen dans cette affaire fin juin.

Celle qui est aujourd’hui députée du Pas-de-Calais est soupçonnée d’abus de confiance en sa qualité de députée européenne ; elle aurait utilisé des fonds du Parlement européen pour rémunérer sa chef de cabinet au FN, Catherine Griset, ainsi que son garde du corps, Thierry Légier, entre 2009 et 2016, rapporte « le Monde ». L’ancienne candidate à la présidentielle française est également mise en examen pour complicité d’abus de confiance pour des faits commis entre 2014 et 2016, lorsqu’elle était présidente du FN.

Ironie de la situation

Autre parti politique français sur le devant de la scène nationale – ou plutôt qui vient d’y faire son retour -, le Modem voit également son image ternie par une affaire en cours. Le parti de François Bayrou est sous le coup d’une enquête préliminaire pour « abus de confiance et recel » depuis le 9 juin dernier ; certains employés du Modem auraient été rattachés de manière frauduleuse à des eurodéputés – des changements d’affection aux faux airs d’emplois fictifs présumés.

A l’époque, le Modem – qui venait de naitre des cendres de l’UDF – va mal, aussi bien financièrement que politiquement – ses échecs électoraux de 2007 et 2012 ne lui assurent pas de fortes dotations. C’est donc à partir de 2009 que les avenants aux contrats d’embauche litigieux de multiplient. Dans le même temps, le parti continue de clamer haut et fort qu’il reste attaché aux valeurs européennes, humanistes et éthiques qui ont toujours dirigé la famille centriste.

Et ce jusqu’en 2017, alors que François Bayrou, fraichement nommé Garde des Sceaux, s’apprêtait à faire passer un projet de loi pour moraliser la vie publique. Sacrée ironie de la situation, qui touche aussi les partis de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen ; les deux leaders ne s’affirmaient-ils pas au-dessus de tout soupçon il y a quelques années ? Si le premier, ainsi que M. Bayrou, jouissent pour l’instant de la présomption d’innocence, Mme Le Pen a dores et déjà été mise en examen. A croire qu’il n’y a pas d’éthique en politique.


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