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Le Brexit ressemble de plus en plus à une partie de poker menteur

mercredi, 23 août, 2017 - 09:23

Alors que doit se tenir, la semaine prochaine, une session de discussions autour du Brexit, Bruxelles attend du gouvernement britannique qu'il arrive avec des positions claires concernant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Pour l'instant, Londres reste évasive et les documents fournis traitent davantage de l'après-Brexit.

Le Royaume-Uni doit se présenter, la semaine prochaine, avec une proposition claire pour calculer la facture du Brexit, s’il ne veut pas voir les discussions échouer, ont annoncé trois diplomates proches du dossier, selon « Politico ». Bruxelles attend du ministre britannique chargé du dossier, David Davis, qu’il apporte le détail précis des obligations européennes pour lesquelles Londres est prête à payer.

Bien que celui-ci ait reconnu que la Grande-Bretagne avait de telles obligations financières envers l’Union européenne (UE), qui doivent être acquittées d’ici mars 2019 – date à laquelle le Brexit entrera en vigueur -, M. Davis a toujours refusé de présenter une telle méthodologie de calcul. En d’autres termes : Londres s’est toujours montrée réticente à l’idée de devoir payer une quelconque facture.

Alors que, début août, le « Sunday Telegraph » affirmait tenir du gouvernement britannique que celui-ci tablait sur 40 milliards d’euros, le porte-parole de Theresa May avait démenti l’information, précisant qu’elle ne reconnaissait pas le montant. « La Première ministre a dit clairement dans sa lettre activant l’article 50 [procédure de retrait de l’UE, ndlr] que le Royaume-uni et l’UE devaient discuter d’un règlement équitable à la fois de nos droits et de nos obligations en tant qu’Etat membre de l’UE » avait-il déclaré.

Le montant de la facture est l’une des principales – si ce n’est la principale – pierres d’achoppement entre les deux parties. Tandis que Bruxelles estime, selon des bruits de couloir, que les futurs sortants devront s’acquitter d’une somme allant de 60 à 100 milliards d’euros, le commissaire européen chargé du dossier, le Français Michel Barnier, s’est montré plus réservé. Tout juste se contente-t-il d’affirmer que les discussions devront être bouclées d’ici octobre 2018, pour laisser le temps aux Vingt-Sept de ratifier l’accord.

Les négociateurs européens, en vue de la semaine de discussions qui s’annonce, demanderont, en plus des précisions sur la facture, davantage de détails sur la manière dont le Royaume-Uni entend garantir les droits des citoyens européens vivant sur son territoire – et vice-versa – ainsi que le devenir de la frontière entre les deux Irlande. Pour l’instant, le gouvernement britannique s’est surtout contenté de « bombarder » Bruxelles de documents relatifs aux futures relations des deux camps plutôt qu’à la séparation en elle-même. Qui ressemble de plus en plus à une partie de poker menteur.


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