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Zapad 2017 : la Russie souhaite-t-elle vraiment simuler un conflit avec l’OTAN ?

jeudi, 31 août, 2017 - 06:24

Mardi dernier, le ministre russe de la Défense a confirmé que se tiendront, du 14 au 20 septembre prochains, des exercices militaires russes et biélorusses à la frontière de l'Union européenne. Une provocation pour les pays baltes et la Pologne, qui estiment que Moscou souhaite simuler un conflit armé avec l'OTAN.

« Zapad 2017 ». Voilà un terme qui fait trembler l’Europe de l’Est et, surtout, l’OTAN. Mardi 29 août, le ministère de la Défense russe a fait une sortie médiatique pour dénoncer les « mythes sur la prétendue menace russe » dont sont très friands, selon Moscou, les médias occidentaux. Il faut dire que les exercices militaires grandeur nature baptisés « Zapad 2017 » (« Ouest »), organisés par la Russie et la Biélorussie du 14 au 20 septembre prochains, à la frontière européenne, ont de quoi inquiéter. Les pays limitrophes, comme les Etats baltes et la Pologne, mais également toute l’organisation atlantiste.

Pour ces derniers, l’entreprise de Moscou et Minsk vise ni plus ni moins à « simuler un conflit armé avec l’OTAN ». Une accusation balayée d’un revers de manche par les Russes. « Certains vont jusqu’à dire que les exercices Zapad 2017 sont faits pour préparer le terrain à une invasion et à l’occupation de la Lituanie, de la Pologne ou de l’Ukraine » a ainsi déclaré, non sans une pointe d’humour, Alexandre Fomine, le ministre russe de la Défense. Qui a précisé, dans le même temps, que 12 700 soldats seront déployés pour les exercices, ainsi que 70 avions et hélicoptères, 680 unités d’équipement militaires, dont 250 tanks et 200 canons.

Entraînements défensifs 

Les chiffres sont loin d’égaler ceux des manoeuvres précédentes : « Vostok 2014 » (« Est ») avait impliqué 150 000 militaires russes tandis que « Centre 2015 » en avait présenté 95 000. Pourtant les Occidentaux n’ont pas pris l’exercice 2017 à la légère ; Washington, notamment, ne s’est pas laissée amadouer par les déclarations du ministre russe de la Défense. Les Etats-Unis ont aussitôt réagi en déployant, de leur côté, sept chasseurs F-15 effectuant des patrouilles dans le ciel balte, comme le rapporte le « Monde ». Selon le ministre lituanien de la Défense, des pilotes de l’OTAN auraient intercepté la semaine dernière des avions russes approchant des côtes baltes – dont un bombardier II-22 et sept avions de chasse.

Le chiffre de 12 700 soldats avancé par les Russes est semble-t-il tout sauf hasardeux. En 2011, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait fixé par convention le nombre de soldats à 13 000 ; au-delà de ce plafond, les Etats sont tenus de convier des observateurs étrangers pour assister aux exercices. Ce qu’ont fait la Biélorussie et la Russie, toutefois, selon M. Fomine.

Le ministre de la Défense russe a également indiqué que les opérations se dérouleront en deux étapes : une première « dans le but d’isoler des régions où agiraient des forces armées illégales » ; une seconde « afin de repousser une agression de la part de groupes extrémistes » qui viseraient à déstabiliser la Russie. Des entraînements « de nature purement défensive » selon Alexandre Fomine.


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