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Turquie : un accord d’armement avec la Russie inquiète l’Occident

lundi, 4 septembre, 2017 - 07:21

Selon des responsables turcs et russes, tout est prêt pour l'achat par la Turquie de systèmes de défense antiaérienne S-400 à la Russie, le plus important deal jamais conclu par Ankara avec un pays extérieur à l'Otan. Si la possibilité d'un accord inquiète les alliés de la Turquie au sein de l'OTAN, celui-ci pourrait cependant ne jamais voir le jour.

Malgré des déclarations confiantes, l’accord n’a toujours pas été officiellement signé. Les observateurs restent sceptiques sur la probabilité que la Turquie reçoive réellement ces armes, certains estimant que le message envoyé à l’Occident par ces négociations compte plus que l’acquisition elle-même.

Le Pentagone a déjà tiré la sonnette d’alarme, affirmant sobrement que « généralement c’est plutôt une bonne idée pour des alliés d’acheter du matériel qui opère ensemble ». Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pointé du doigt son voisin grec, également membre de l’OTAN, qui dispose de S-300 russes, initialement achetés par Chypre à la fin des années 1990 puis transmis à Athènes pour éviter toute escalade de tensions sur l’île divisée.

Dmitry Shugaev, patron du Service fédéral de la coopération militaro-technique russe, a déclaré de son côté au quotidien Kommersant que l’accord était « presque conclu » avec seulement quelques « subtilités » à résoudre. Les Etats-Unis « peuvent s’indigner mais la Turquie est un Etat indépendant et peut décider par elle-même », a-t-il estimé.

Igor Delanoë, directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe, se dit quant à lui « très sceptique » sur l’aboutissement de l’accord. Moscou est mal à l’aise avec le transfert de technologie et de lieux de production demandés par la Turquie, affirme-t-il. La Russie connaît une accumulation de demandes à la fois pour ses propres forces et pour son important client chinois.

« Moscou et Ankara utilisent cette histoire politiquement pour montrer leur mécontentement respectif à l’Occident », explique Delanoë. Les relations de la Russie avec l’OTAN sont en berne depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et le soutien apporté à des séparatistes pro-russes en Ukraine. Et tandis que la Turquie reste un membre-clé de l’organisation atlantiste, ses liens avec les Etats-Unis sont particulièrement tendus : afin de lutter contre l’Etat islamique, Washington soutient des milices kurdes syriennes considérées comme « terroristes » par Ankara.

Dont les relations avec l’Union européenne (UE) ne sont pas plus chaleureuses. Alors que la Turquie est candidate à l’intégration européenne depuis 1987 – officiellement reconnue comme telle par les Etats membres en 1999 -, Bruxelles adresse régulièrement des remontrances à son voisin turc, pour ses violations répétées des droits humains aussi bien que pour les nombreuses atteintes à la liberté de la presse.

Avec AFP.


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